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 The Shadow Will Protect You, If You Allow Her To Do [Solo - Memories]

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Tobias Cooper


MessageSujet: The Shadow Will Protect You, If You Allow Her To Do [Solo - Memories]   Mer 19 Aoû - 16:56

31 Octobre 1981 – Une petite ville au Japon

Ce jour avait semblé comme tous les autres au jeune garçon aux cheveux de jais qui pour le moment rentrait des cours de l’école en tenant la main de sa mère. Cette dernière et lui rentraient tout en parlant de ce que le garçon avait pu découvrir aujourd’hui à l’école. Le garçon, qui était âgé de sept ans adorait ces fins de journées ensoleillées, même si la température était plutôt basse. En même temps vu que l’hiver commençait à se faire ressentir de plus en plus, cela n’avait rien d’étonnant. La mère semblait souriante, pourtant quelqu’un d’observateur aurait sans doute pu remarquer que quelque chose semblait contrarier cette jeune femme.

Son fils n’en savait rien, mais en tant que dernier jour du mois d’octobre, celui-ci était celui de la paye. Malheureusement on ne parlait pas ici de l’arrivée de l’un des salaires parentaux, mais de la nécessité de subvenir à sa protection, la dernière date à laquelle on pouvait donner ce tribut pour être tranquille, jusqu’au mois suivant. La ville où vivait cette famille était sous ses dehors touristiques, l’une des plus dangereuses du Japon. Chacun des quartiers appartenait à une famille de Yakuzas, et ces familles se livraient des batailles de territoire en permanence. Alors afin de s’assurer de l’équipement, les membres de ces familles taxaient les habitants du quartier en échange de leur « protection ».

Seulement voilà, avec les confrontations de plus en plus fréquentes, le coût de cette protection était monté en flèche ces dernières années. Les deux parents du garçon n’étaient pas très riches et ils craignaient que le coût ne devienne trop élevé un jour. Ils étaient encore loin de penser que ce jour venait d’arriver bien plus tôt qu’ils ne le pensaient. La mère et le fils rentrèrent chez eux, le garçon s’occupant de ses devoirs avant de pouvoir aller devant la télé. La mère aida son fils dans ses apprentissages et s’était lancée dans la cuisine, lorsque le chef de famille passa la porte.

Le fils ne tarda pas à lui souhaiter bon retour en venant lui faire un câlin, lui demandant de raconter sa journée, ce que le père fit en souriant. Malgré leurs conditions de vie, cette famille était heureuse et vu son intelligence, le garçon semblait promis à un bel avenir après de longues études. Seulement le destin en avait décidé autrement.

Le soir venu, alors que l’enfant dormait depuis un peu plus de deux heures, on toqua bruyamment à la porte. L’homme de la maison regarda par le judas et frémit. Cet homme, en tenue traditionnelle japonaise et lunettes de soleil était un yakuza. La raison de sa présence, chacun la connaissait. La porte finie par être ouverte.


- Bonsoir Yakumo-sama.
- Bonsoir.

Le père s’effaça et laissa entrer l’homme, l’invitant à aller s’assoir au salon. Ce dernier semblait cependant ne guère vouloir s’éterniser. Tout dans sa stature indiquait une tension présente et une envie d’être déjà reparti.

- Avez-vous la somme nécessaire ?
- Justement, je souhaitais vous en parler. Ne pourrions-nous pas avoir un délai supplémentaire ?
- Vous connaissez notre politique. Le paiement doit avoir lieu en temps et en heure. Ou bien nos menaces ont elles été insuffisantes ?
- Je sais, mais le coût est de plus en plus élevé. Cela devient compliqué pour nous de suivre. Mais avec un ou deux jours supplémentaires…
- Non.

L’homme se releva et porta sa main à l’intérieur de son kimono, sortant un wakizashi. Le père commença à paniquer et tenta de fuir, s’enfermant dans la chambre parentale. Ce qui était en soit une mauvaise idée puisque cette dernière ne possédait pas de fenêtre. Le chef de famille s’empara d’un pistolet, alors que des coups sourds frappaient contre la porte. Ce bruit réveilla le garçon, qui commença à s’éveiller alors que la porte de la chambre s’ouvrait brusquement.

Le bruit d’un coup de feu partit, suivit d’un râle. La fin du Yakuza ? Malheureusement non. Ce dernier, se doutant du danger avait réussi à faire dévier l’arme avant de transpercer le père de sa lame. La mère se mit à hurler et pleurer en même temps, alors que l’assaillant retira sa lame du corps de son mari. L’homme avança, contournant le lit, se préparant à frapper une seconde fois. Le garçon lui, se rapprocha de la pièce d’où venaient tous les bruits et assista à la mort de sa mère, qui eut la gorge tranchée.

C’était le second prix que l’on payait si l’on ne pouvait pas rémunérer les yakuzas pour leur protection. Celui du sang. L’homme se préparait à repartir, lorsqu’un nouvel hurlement le fit se retourner. Le jeune garçon était sur le pas de la porte, terrifié par la vision d’horreur de ses parents qui venaient d’être tués.

Une troisième victime allait rejoindre les deux autres…

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MessageSujet: Re: The Shadow Will Protect You, If You Allow Her To Do [Solo - Memories]   Mer 2 Sep - 20:32

C’était un cauchemar. Cela ne pouvait être qu’un cauchemar. Le jeune garçon aux cheveux de jais en était persuadé. D’ici quelques secondes, il allait se réveiller en sursaut dans son lit et pourrait aller chercher du réconfort auprès de ses deux parents. L’homme lui regardait à travers ses lunettes de soleil le jeune garçon, se relevant après son second meurtre. Le kimono de l’homme était imbibé de sang. Du sang des deux parents du jeune garçon, qui ne pouvait s’empêcher d’hurler. Ses cris devaient sans doute s’entendre sur des mètres à la ronde, et vu l’épaisseur des murs, sans nul doute que ses voisins l’entendaient. Personne n’interviendrait cependant. Personne n’intervenait jamais dans ces cas-là.

La peur, qui avait dans un premier temps amené le garçon à être figé, commença à provoquer une réaction chez cet enfant. La panique. Cet homme était tellement plus grand et plus fort que lui, il n’avait aucune chance de s’en sortir. Si ce n’était pas un mauvais rêve, cet homme, ce meurtrier allait en finir avec sa vie comme avec celle de ses parents. Alors que sa voix se brisait, le garçon commença à bouger. Du haut de ses petites jambes, il se mit à courir vers l’escalier de secours. Ses parents lui avaient toujours dit que si n’importe quoi arrivait et qu’ils ne pouvaient pas l’aider, lui devait fuir par là sans réfléchir. C’était ce que le garçon allait faire. L’homme, certain de le rattraper, prenait son temps, pour s’assurer que ses victimes précédentes étaient bien mortes. Personne ne devrait réchapper de cela. Il ne fallait laisser aucune trace que la police pourrait utiliser, encore moins un témoin oculaire, peu importe son âge.

Le garçon, passant par la fenêtre du salon se retrouva rapidement sur l’escalier de secours, qui était environ aussi sécurisant que pouvait l’être une structure de fer rouillée et vieillissante accrochée à plusieurs mètres au-dessus du sol. L’enfant aurait bien été vers le bas, mais l’échelle conduisant au sol semblait avoir été retirée, si bien qu’il ne pourrait pas se laisser tomber de trois mètres de haut. Alors il prit la seule direction possible. Celle du toit. La nuit était tombée depuis bien longtemps, et le vent froid présent ne faisait rien pour arranger les choses. Ce mugissement donnait l’impression que des êtres immatériels se moquaient de lui, attendant impatiemment que sa vie s’achève.

Une fois au sommet de son immeuble, le garçon regarda partout autour de lui. Le bruit derrière lui indiquait que l’homme avait dû le suivre et qu’il serait bientôt là. Si cet homme arrivait sur le toit, ce serait la fin. Seulement, rien ne semblait pouvoir l’aider. Quoique cette barre rouillée là-bas… Il n’y avait aucune chance que cela fonctionne, mais c’était nécessaire. Il ne voulait pas mourir ! Pourquoi avait on tué sa famille ? Ses parents et lui n’avaient rien fait de mal ! Vraiment rien ! Les pas de l’homme se rapprochaient. Le garçon prit la barre, et se mit face à la sortie de l’échelle. Dès qu’il aperçut le début du corps de l’homme, le garçon couru avec la barre droit devant lui en hurlant.

Finalement, la chance ne devait pas l’avoir totalement quitté. L’homme se prit la charge de plein fouet, et la surprise lui fit lâcher l’échelle. Le yakuza commença à basculer en arrière, dans un cri qui fut vite interrompu par un premier bruit : le choc d’un corps contre une barre métallique, suivi quelques secondes après d’un autre, plus sourd. Un corps tombant durement et de haut contre le sol. La vision de ce nouveau cadavre fit lâcher sa barre au jeune garçon, qui observa tout cela horrifié.

Que pouvait-il faire maintenant ? Cet homme avait tué ses parents, mais lui avait tué cet homme. Il était devenu un méchant garçon qui allait partir en prison pour avoir tué quelqu’un d’autre. Des pleurs commencèrent à rapidement inonder son visage alors qu’il tombait à genoux au sol, sur le toit. Il ne pouvait rien faire.


- Papa, Maman…


Il voulait l’aide de ses parents. Eux sauraient le protéger et le rassurer. Tout cela allait finir, c’était certain. Ce ne pouvait être qu’un cauchemar. Le garçon allait bientôt se réveiller, et tout reviendrait à la normale. S’il avait su… son cauchemar ne faisait que commencer. Son réveil n’aurait pas lieu, car tout ceci n’était pas un rêve, mais une malheureuse et triste réalité.

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MessageSujet: Re: The Shadow Will Protect You, If You Allow Her To Do [Solo - Memories]   Jeu 14 Jan - 20:24

Le garçon se trouvait là, à genoux sur le toit de l’immeuble qui abritait ce qui il y a quelques heures encore lui pouvait considérer comme sa maison. Le vent extérieur redoublait d’intensité, laissant transi de froid l’enfant de sept ans. Les nuages s’amoncelaient dans le ciel et se réunissaient, devenant de plus en plus gros. Puis après un temps, un bruit sourd éclata, comme une sorte de gros roulement de tambour suivi d’un déchirement. Un flash traversa le ciel avant que la pluie ne se mette à tomber. Les gouttes sur le corps du garçon firent sortir ce dernier de son immobilisme. C’est encore choqué et la tête plein de questions que le jeune nippon s’obligea à se déplacer, à redescendre une partie de l’escalier de secours pour repasser la fenêtre de chez lui.

Alors que ce dernier repassait dans cet endroit familier, tout lui semblait étranger. L’orage au dehors nimbait tout dans une mêlée indistincte d’ombres et de lumière à peine perceptible, faisant de cet endroit rassurant un lieu incertain, où la sécurité n’avait pas droit de cité. L’écolier aurait tout donné pour pouvoir se réveiller soudainement, revoir son lit, sa couette à l’effigie d’un de ses héros favoris et pouvoir courir vers la chambre de ses parents, se réfugier entre eux. Les entendre dire des phrases qui avaient cet aspect rassurant sur le fait que ce n’était qu’un mauvais rêve, qu’eux veillaient sur lui.


- Aïe !

L’espoir est la quintessence de la force et de la faiblesse humaine. Lui avait beau à l’époque ne pas encore connaitre cette expression, il était certain que le jour où elle serait connu, il repenserait à ce moment. La peau de l’enfant était devenue rouge sous ses doigts. Il avait pincé presque de manière à se faire saigner, espérant provoquer un réveil. Seulement rien n’avait changé entre quelques minutes auparavant et maintenant. Les ombres semblaient se faire de plus en plus grandes, de plus en plus sombres. Comme si d’un seul coup, la lumière avait décidé de déserter ce monde.

C’est d’une démarche hésitante, comme s’il était fait de verre et sur le point de se casser que l’enfant marcha jusqu’à ce qui devait être la place de sa chambre. La porte était entrouverte et seul le noir était visible. Jamais une nuit ne lui avait paru plus effrayante. Une fois dans la pièce, il alluma directement la lumière. Aussitôt, la pièce retrouva son apparence classique. La couette était là, à moitié retournée sur le lit du fait qu’il en était sorti. Les posters étaient accrochés au mur, et plusieurs jouets étaient rangés dans des caissons prévus pour cela, sans couvercles. Une armoire était appuyée contre l’un des murs, et contenait tous ses vêtements, ainsi que ses chaussures.

La regarder lui donnait l’impression que cette dernière était là pour lui donner un ordre. Lui intimer la nécessité de partir. Le jeune nippon ne pouvait pas rester là. Il était un mauvais garçon qui avait tué quelqu’un. Une personne ayant enfreint la limite entre le bien et le mal. Son père et sa mère lui disaient toujours que tuer était mal. Mais cet homme avait aussi fait du mal… à… non, mieux valait ne pas y penser. Pour le moment, lui devait fuir. C’est ainsi qu’il remit son uniforme d’écolier, ainsi que ses baskets, avant d’ouvrir le meuble et de mettre une deuxième tenue, ainsi que des sous-vêtements, copiant ce que faisait ses parents lorsqu’ils le faisaient pour lui.

A l’extérieur, le temps semblait toujours en rage, incapable de se calmer, tout comme les pleurs du jeune garçon. Malgré qu’il bougeait, des larmes tombaient continuellement de son visage. Après les quelques vêtements fourrés dans un sac à dos, l’écolier se rendit dans la cuisine. Ainsi, plusieurs paquets de gâteaux et des bouteilles diverses se retrouvèrent également enfermé dans le conteneur en tissu qui rejoignit le dos du garçon. Une fois ainsi chargé, il tenta de se rendre vers la chambre de ses parents, mais ses jambes refusaient de le porter s’il essayait d’aller par-là. La peur de ce qu’il avait aperçu lorsque cet homme était dans la pièce constituait un blocage.

L’enfant ne savait plus trop quoi faire. Sa peur le poussait à vouloir partir, tout en ne comprenant pas pourquoi personne ne l’avait aidé. Pourtant les voisins avaient dû l’entendre. C’était des gens gentils ! Ils venaient même parfois boire un thé avec ses parents. Un jeune couple avec un bébé d’un an. Mais dans cette pénombre sans fin, le garçon était seul. Des coups violents se firent soudainement entendre dans la porte. Cela provoqua un sursaut du nippon qui partit à toutes jambes jusqu’à l’escalier de secours, le descendant cette fois. Une fois en bas, il se laissa suspendre au bord du trou et se lâcha, puisque l’échelle était absente, atterrissant durement sur son dos après que ses pieds aient vibré en touchant le sol, deux mètres plus bas. Terrorisé et déjà trempé, lui se cacha en se recroquevillant dans les ombres.

C’était sans doute des hommes amis avec celui qui était maintenant au sol, à une trentaine de mètres de lui. Ils ne devaient pas le voir. Sinon eux aussi chercheraient à le tuer, c’était sûr. L’enfant n’avait pas pensé un seul instant que ses voisins si gentils avaient prévenu la police lorsqu’ils avaient entendu le coup de feu. Les hommes qui venaient de forcer la porte avec un bélier avaient pour objectif de pouvoir encore sauver quelqu’un, si c’était possible. Seulement, en cette nuit d’une noirceur à nulle autre pareille, un jeune innocent n’avait pas été en mesure de comprendre que ce bruit ne représentait non pas un danger, mais une salvation.

Les yeux d’un enfant n’étaient pas assez habitués pour pouvoir apercevoir la lumière à travers l’obscurité. Lorsque l’on a sept ans et que l’on se retrouve dans cette situation, la seule chose possible à faire est de courir. Comme lorsqu’un grand de l’école essaye de nous embêter et que l’on se rapproche des adultes pour être tranquille. C’était la même chose ici, sauf que seules les ténèbres semblaient l’attendre… C’est ainsi qu’un garçon ordinaire pouvait commencer à perdre son innocence… avant de devoir se retrouver à être forcé d’apprendre les dures lois de la rue, qui ne s’encombrent pas des notions de bien ou de mal, où juste compte la survie.

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MessageSujet: Re: The Shadow Will Protect You, If You Allow Her To Do [Solo - Memories]   Mar 9 Fév - 17:14

Deux hommes entrèrent donc dans un appartement qui était déserté et plongé dans l’obscurité. Ces derniers commencèrent à avancer dans le couloir, et une lumière capta leur attention. Celle au dehors de l’orage en train de se dérouler. Tout en faisant attention à porter des gants, les agents des forces de l’ordre allumèrent les différentes lumières de l’endroit. Le premier des deux hommes, qui venait d’entrer dans la chambre parentale, se figea de stupeur. Se retrouver face à deux cadavres, l’un manifestement tué à l’arme blanche, et l’autre complètement égorgé avait de quoi faire s’ébranler la personne la plus habituée. Les traces de sang, ainsi que l’impact d’une balle, marquèrent à quel point tout ce qui avait dû se passer devait être aussi brutal que court. Il s’approcha cependant de l’homme et analysa la blessure…

- Ce type de marque, directe et pourtant en partie courbée… Cela me rappelle les Yakuzas. Surtout ce soir.
- Une victime du fait d’un non-paiement. C’est ce à quoi tu penses ?
- Difficile de ne pas faire le lien, vu la date.
- En effet.

Les policiers continuèrent à faire le tour, et remarquèrent que dans la chambre de ce qui devait être un jeune garçon, le lit était défait. Ils n’ouvrirent pas les meubles et ne remarquèrent donc pas le manque de certains vêtements. Cela les amena cependant à s’interroger, tout comme l’impression de froid dans cet appartement. Le plus âgé des deux remarqua une fenêtre ouverte, ce qui l’intrigua. Il passa donc sur l’escalier de secours et regarda vers le haut puis le bas, apercevant la silhouette.

Ce membre des forces de police locales appela donc son collègue, et après avoir fait leurs premières constatations descendirent donc dans la ruelle. C’est ainsi qu’ils trouvèrent le corps du yakuza. Un criminel notoire, dont l’appartenance à la mafia environnante était soupçonnée, sans qu’il ne puisse y avoir de preuves. Ce dernier était mort, manifestement d’une chute.

L’enquête détermina que le katana retrouvé à son côté était bien celle qui avait servi au crime des deux époux Chiba. Au vu du registre de l’état civil, ces derniers avaient un enfant, le jeune Takeshi. Seulement, il fut impossible de trouver ce dernier. Il avait aussi bien pu fuir, qu’être kidnappé. Après tout, rien ne déterminait comment le yakuza était mort, ni même s’il était seul. Après plusieurs semaines de recherches sans résultats, cette affaire fut classée sans suite…

*
**

01 Novembre 1981

Isolé dans les ténèbres… Ce n’était qu’après une fuite qui avait duré jusqu’à l’épuisement que le jeune écolier s’était trouvé un endroit pour dormir, dans un bâtiment désaffecté. Le lendemain, son réveil avait été difficile… Premièrement, il avait fallu un peu de temps pour que ce dernier comprenne ce qui lui était arrivé, et pourquoi il se retrouvait dans cette rue, et non pas chez lui. Puis les souvenirs étaient revenus, et la tristesse ainsi que la peur l’avaient une nouvelle fois emporté pendant un long moment. Le garçon avait mangé beaucoup de biscuits et but de l’eau pour ne pas avoir faim. Seulement voilà, n’étant pas habitué à devoir survivre, ce dernier ignorait qu’il aurait dû économiser le peu de nourriture décente qu’il avait pu emporter avec lui. Ce premier jour fut rude, entre le froid, et l’impression d’avoir nulle part où aller. La rue était un univers bien plus cruel que ce que le bambin pouvait imaginer. Cette dernière allait le métamorphoser, avec le temps…

08 Novembre 1981

Cela faisait maintenant une semaine que le jeune garçon qu’il était avait quitté ce qui jusque maintenant était une maison sécurisante. Une semaine qu’il évitait le contact avec qui que ce soit, ne sachant pas en qui il pouvait avoir confiance. Après tout, c’était un adulte quelqu’un qui est censé aider les enfants, qui avait voulu le tuer. Les adultes savaient vite lorsque quelque chose arrivait. Bientôt, tous les adultes sauraient qu’il avait tué quelqu’un. Tous lui voudraient alors du mal, comme ces adultes que l’on mettait dans cet endroit avec des barrières pour les empêcher de sortir. Il était un méchant garçon.

Seulement, le fait de ne pouvoir compter sur personne amenait un autre problème. Cela faisait maintenant trois jours qu’il n’avait rien mangé, et son ventre criait famine. Si cela continuait ainsi, lui ne pourrait pas vivre très longtemps. Après tout son père et sa mère lui avaient bien dit que manger tous ses repas était nécessaire au fait de vivre correctement. Son état finit par l’amener à approcher de certains commerces qui vendaient de la nourriture. Il lui fallait de quoi manger. Pour vivre. Mais il savait aussi que pour prendre de la nourriture, il fallait avoir de l’argent. Lui n’avait aucun des billets ou pièces que ses parents utilisaient pour cela. Que faire ? Il devait manger, mais n’avait rien.

C’est alors qu’un souvenir lui revint en tête. Une fois, il avait vu un garçon entrer dans un magasin, prendre des fruits, et tenter de fuir ensuite. Il s’était fait attraper et le marchand l’avait obligé à tout rendre, avant de le laisser partir. Sa mère avait appelé cela du vol, et dit que c’était mal. Le garçon ne souhaitait pas faire cela, mais n’avait pas vraiment le choix. Profitant de sa petite taille, il s’approcha l’air de rien d’un étal de litchi, et lorsque le marchand ne le regarda pas, en pris trois avant de filer rapidement dans une ruelle.

C’était une mauvaise chose de voler, mais il voulait vivre. De toute manière, cet homme l’avait obligé à devenir mauvais, en le tuant, alors un peu plus ou moins… le tout jeune nippon n’était plus à cela prêt. C’est ainsi que ce dernier appris indirectement la première règle de la rue : tout est bon pour survivre. Dans la rue, le Bien et le Mal perdent leurs valeurs, tout comme la Dignité.

Mars 1982

Plusieurs mois étaient passés depuis que le jeune homme vivait dans la rue. Son quotidien s’était en partie organisé. Le matin, il passait dans les rues de magasins vendant de l’électronique pour entendre les nouvelles du monde sur les écrans qui diffusaient les informations. C’était pour lui une manière de comprendre, de garder une notion du temps, et aussi de s’entrainer à lire. Il le faisait toujours de manière discrète, afin que personne ne prenne peur en le voyant. Après tout, ses habits étaient dans un drôle d’état. Puis la journée passait à fouiller les poubelles de différents lieux de restauration. Ces derniers jetaient tellement de nourriture par jour, que trouver de quoi manger un peu, ne demandait que de persister dans les recherches. Puis une fois sa part du jour trouvée, le garçon s’entraînait à courir dans les rues, ou à passer d’un endroit à un autre rapidement. Il avait compris que si quelqu’un le voyait en train de voler, il risquait fort de se faire attraper et envoyé à la police. Alors il profitait de sa petite taille pour se faufiler dans des endroits inaccessibles aux adultes, et voulait aussi devenir plus rapide. Avec le temps, ce dernier devint ce que les gens avaient l’habitude d’appeler Nezumi : un rat. Après tout, il était vrai que son comportement ressemblait en partie à celui de cet animal. Mais les gens ne pouvaient pas, ou sans doute ne voulaient pas comprendre que lui ne faisait cela, que parce qu’il n’avait pas le choix.

C’est ainsi que le temps passant… l’identité de Takeshi Chiba disparut…. C’était un enfant qui avait, pour les registres officiels, été emmené par les yakuzas et était sans doute mort, raison pour laquelle personne ne retrouva jamais sa trace. D’une certaine manière, ce n’était pas complètement faux. Cet enfant ne reviendrait jamais, et n’aurait pas d’avenir. Il était bien mort, en ce 31 Octobre de l’année 1981, en même temps que ses parents. Seulement, cette mort était plus métaphysique que complètement réelle. Celui qui avait un jour porté ce nom, avait continué de vivre, devenant un anonyme… ce ne serait que bien plus tard que ce dernier recommencerait à avoir une identité… Une identité qui continuerait à arpenter les chemins ténébreux, afin de faire payer aux responsables de certaines exactions le même prix que celui qui l’avait conduit à n’être plus personne : celui du sang.

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MessageSujet: Re: The Shadow Will Protect You, If You Allow Her To Do [Solo - Memories]   Ven 29 Avr - 10:16

15 Septembre 1982

Le jeune garçon avait été surpris en lisant la date dans un journal qu’il venait de prendre, ce jour-là. Cette date était particulière. Aujourd’hui, il avait 8 ans. Il commençait à peine à se faire à cette idée que l’on appelait une fête d’anniversaire. Logiquement, aujourd’hui lui aurait dû inviter ses amis et fêter avec eux le fait de prendre une année de plus. Il y aura eu des sodas, des bonbons, du gâteau et des cadeaux. Cela aurait été une belle journée amusante. Seulement voilà, cela n’aurait pu avoir lieu que si ses parents n’avaient pas été tués, presque un an auparavant. A la place, il devait se contenter de survivre, un jour de plus. Comme d’habitude, il passa près des magasins de restauration et en fouillant dans les poubelles, trouva de quoi se restaurer. La chance se présenta d’ailleurs sous la forme de pâtisseries. Le reste de sa journée passa à courir un peu partout, et à continuer de s’entrainer à courir, à passer dans des passages étroits, ou encore à sauter de toit en toit. Ce n’était pas toujours facile et le nippon s’était blessé plus d’une fois, mais il devenait de plus en plus fort à ça. D’ailleurs, les marchands n’arrivaient déjà plus à le suivre. Mais ils n’étaient pas le principal danger.

Non, le plus risqué restait lorsque d’autres nezumis, comme lui, cherchaient également à avoir leur part. Après tout, chacun agissait de manière à survivre, et ce que l’on prenait pour soi était forcément quelque chose de moins pour un autre. Alors quand plusieurs personnes se retrouvaient au même endroit, cela finissait souvent en bataille. Il n’avait pas la force nécessaire pour combattre physiquement, mais savait plutôt se débrouiller pour éviter les coups. Il ferait ce qu’il fallait pour rester en vie. La vie n’était pas plaisante…

Les journaux l’indiquaient chaque jour. Au-delà des annonces publicitaires, les nouvelles parlaient souvent de choses négatives. De meurtres, d’accidents, de catastrophes, et bien plus rarement de choses positives. C’est en lisant que Takashi avait appris le nom que l’on donnait aux hommes similaires à celui qui s’en était pris à sa famille : les yakuzas. Ces hommes étaient mauvais. Des bandits forçant les autres par des brutalités à faire leur financer travail ou leur équipement. Tout ça apparemment pour des guerres de territoire. Cette idée était horrible. Un jour, quelqu’un devrait faire payer à des hommes comme eux leurs actions, mais même la police semblait ne rien pouvoir faire…

Juillet 1984

Le jeune garçon ne savait plus depuis combien de temps il vivait passé dans la rue. Son corps grandissait, mais il restait maigre. Après tout, il ne mangeait pas à sa faim tous les jours. Il savait juste en quel mois et quelle année il était. Ainsi que sa vie ne semblait pas changer. Il n’avait croisé la route de personne d’amical depuis des mois déjà, et avait même fini par oublier son prénom. Après tout, tout le monde l’appelait Nezumi. Peut-être s’était-il toujours appelé comme ça. Alors qu’il mangeait son repas, profitant du soleil présent pour se réchauffer, une ombre passa à proximité et se posa. Un oiseau, entièrement noir au plumage, et à l’œil vif. Un Corbeau. Ce dernier approcha doucement des miettes au sol, laissées par le maigre repas du garçon. Ce dernier se déplaça, pour s’éloigner un peu et l’oiseau, effrayé, recula, avant de revenir vers son potentiel repas. Lorsqu’il vit que l’humain ne bougeait plus, il picora rapidement quelques miettes qui étaient présentes, plus celles lancées par le garçon, avant de repartir comme il était venu.

Une créature capable de s’envoler. D’aller où elle le souhaite pour découvrir le monde. Lui aussi aurait voulu cela. Pouvoir aller dans le ciel et visiter beaucoup d’endroits encore inconnus. Mais il n’était pas encore assez fort pour ça. Au moins, cette ville, il la connaissait bien maintenant. Surtout ce quartier où il vivait, si l’on pouvait dire cela ainsi. Alors l’envol serait pour plus tard.

Jour après jour, le jeune garçon eu la surprise de voir revenir ce même corbeau, en train de chercher des miettes. Encore et encore, comme s’il savait que cet humain ne lui ferait rien et l’aiderait. C’est ainsi que le nippon s’y attacha, et finit même par réussir à l’apprivoiser. Le Corbeau acceptait de rester avec lui, sur son épaule par exemple, ou encore de ramener des petits objets. C’était étrange, mais cela lui permit de se simplifier la vie. Quand les choses à voler étaient petites et à l’extérieur, un passage de la part du corbeau lui faisait prendre moins de risques. Les marchands finirent cependant par remarquer qu’un garçon n’était jamais très loin, et c’est ainsi qu’il hérita d’un nouveau nom, qui allait le suivre, jusqu’aux jours actuels… Karasu, Corbeau, dans la langue nippone.

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MessageSujet: Re: The Shadow Will Protect You, If You Allow Her To Do [Solo - Memories]   Ven 19 Aoû - 17:52

Septembre 1986

Les rues de cet endroit n’avaient plus aucun secret pour le jeune homme, qui en connaissait tous les passages. Si ce dernier adorait avant tout passer par les toits, pour avoir l’impression de voler à chaque saut et garder un œil sur son ami volant, cela ne le dérangeait pas de passer par les rues. De toute manière, personne ne savait le suivre… Du moins sur des moments assez longs. Certains nezumis étaient assez doués également dans l’escalade des immeubles, et dans la course, mais la plupart n’osaient pas effectuer des sauts trop longs au-dessus du vide, de peur de mourir. Cette peur ne prenait plus le jeune nippon depuis longtemps. Peu importe quand la mort viendrait, lui l’accepterait. Les saisons se suivaient, et l’enfant était devenu un adolescent agile, toujours curieux.

Il comprenait beaucoup de choses, mais ne parlaient plus. Là où certaines personnes des rues s’étaient regroupées, lui continuait tout seul. Après tout, il était bien plus discret comme ça, et cela lui évitait de devoir partager ses prises. Le Corbeau qui l’accompagnait et l’aidait ne mangeait pas grand-chose, et ne le trahirait pas, quoi qu’il arrive. Il lui signalait même parfois des choses qui arrivaient, en croassant. Comme ce qu’il venait de faire à l’instant. L’insistance de l’animal le poussa à aller voir. Que pouvait-il bien se passer ? Ne voyant rien sur le toit où il se trouvait, l’adolescent regarda en bas, dans la rue. C’était un homme en train de courir. Quelque chose n’était pas normal cependant dans sa manière de faire. Ce n’était pas une personne pressée qui prenait un raccourci.

Non, cette personne était effrayée, et regardait souvent derrière elle. Cet individu était en train de fuir quelque chose, et cette chose provoquait un sentiment puissant de crainte. Pourtant… Sa carrure devait lui permettre de faire face à des dangers physiques, et il tenait un pistolet dans la main… Cette apparence, une tenue traditionnelle, des lunettes de soleil… Cela le replongea quelques instants dans son passé. Un Yakuza. Qu’est-ce qui pouvait faire peur à des hommes de ce type ? Le Corbeau devait savoir. C’est ainsi qu’il se mit à suivre l’homme en question, depuis les hauteurs, puis depuis les rues lorsque l’obscurité des ruelles l’empêcha de bien voir d’en haut. Son compagnon continuait de voler en faisant du bruit au-dessus du fuyard, comme s’il s’attendait à le voir mourir. Si ce yakuza continuait dans cette direction, il allait tomber dans une impasse. Un bruit derrière lui l’alerta, et il tira à plusieurs reprises dans la direction, sans vraiment viser.

Karasu cherchait, mais ne voyait personne qui suivait celui qui fut forcé de se stopper bientôt. Le garçon ne vit rien, jusqu’à ce qu’une ombre décide de prendre forme. Alors que le mafieux allait repartir, une silhouette se matérialisa derrière lui, et d’un éclat argenté, mit fin à sa vie. Le garçon s’était caché dans un coin de rue, complètement abasourdi. Un homme pouvait-il vraiment faire ça ? Celui qui venait de tuer le yakuza portait une tenue complètement noire, et un katana semblant très tranchant barrait son dos. La mort du yakuza faisait sourire celui qui vivait dans les rues. Après tout, ces hommes ne méritaient pas mieux. Il allait partir, mais celui dont la tenue faisait penser aux ninjas dû sentir sa présence.

- Que fais-tu là, mon garçon ?

Karasu le regarda, sans pouvoir répondre, souriant uniquement. Intrigué aussi, parce que c’était la première fois qu’il voyait un ninja, en dehors des films. Ces derniers n’étaient plus sensés exister depuis des années. Il ne pouvait plus répondre cependant. Cela faisait si longtemps qu’il n’avait pas parlé, que sa gorge ne voulait plus le laisser sortir un son. L’homme observa sa tenue, trop petite et très abimée, qui couvrait à peine son corps.

- Tu vis dans les rues ? C’est pour ça que tu es là… Mais qu’est ce qui te fait sourire alors ?


Le nippon eut un léger signe positif de la tête, et pointa le cadavre encore chaud. Comme des réponses aux deux questions de son interlocuteur. Ainsi apercevoir cela ne lui faisait pas peur. Un petit bien étrange, et marginal apparemment. Qu’est ce qui poussa Honda à prononcer sa prochaine phrase, il ne le sut pas, mais c’était venu tout seul :

- Veux-tu venir avec moi ? Tu pourras vivre bien mieux… Et apprendre à te battre contre des hommes comme lui.

Suivre un inconnu, mais qu’allait-il faire de lui ? Était-ce un piège ? Mais ce shinobi avait tué le yakuza sans mal… Ce ne serait peut-être pas une mauvaise chose. Le garçon hocha la tête, et le ninja remonta rapidement jusqu’au toit, préparant ensuite une corde pour le nouveau venu. Seulement le garçon le surprit en étant déjà au quart du bâtiment, montant apparemment sans trop de mal. Lorsqu’il fut en haut, le corbeau qui s’était approché du cadavre s’envola et commença à suivre cet adolescent qui souffrait de malnutrition. Honda venait de trouver une nouvelle personne à intégrer dans la Ligue… L’instinct lui disait que ce garçon ferait parler de lui. Du moins si la tête du démon ne le condamnait pas après l’échec pour entrer parmi eux.
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MessageSujet: Re: The Shadow Will Protect You, If You Allow Her To Do [Solo - Memories]   Mer 4 Jan - 15:18

Octobre 1986

Prendre un nouvel élève dans la Ligue des Ombres… A passé 45 ans, Honda était déjà considéré comme l’un des vétérans de leur organisation. A plusieurs reprises, ce dernier avait démontré des capacités, et une expertise bien supérieure à celle de bien des jeunes en place. Sa condition physique était exceptionnelle pour son âge, et ses connaissances très nombreuses. Plusieurs fois, on lui avait proposé de gravir des échelons, de diriger des groupes de plus en plus grand. Il avait décidé d’en choisir quelques-uns, de les former et de laisser ces recrues-là gravir les échelons, tout en gardant sa place individuelle lui permettant d’agir avec plus de liberté. Cela faisait bien des années qu’il n’avait pris personne sous son aile, et ce petit en train de le suivre serait sans doute bien le dernier s’il était accepté.

Ra’s Al Ghul était un homme dur dans ses choix, mais ces derniers se montraient bien souvent bénéfiques au groupe. Même si l’assassin était loin de partager l’ensemble du point de vue de leur leader, et essayait, à sa façon, d’impulser un changement dans leur groupe, avec le temps. Seulement, lutter contre un homme charismatique, et semblant bien immortel de surcroît était une chose complexe. Le shinobi observa l’enfant qui le suivait. Depuis ce mois où ils avaient commencé ce qui allait être pour lui un voyage initiatique, le garçon semblait bien s’être un peu remplumé, bien que toujours en sous-nutrition. Ce dernier ne parlait pas, malgré ses différentes tentatives.

Ce n’était pas un problème physique, de ce qu’il avait constaté, et cet adolescent comprenait le japonais, puisqu’il pouvait, à sa façon, répondre à ses demandes. Ses réflexes n’étaient pas mauvais, et il acceptait la situation comme elle se présentait. Le voyage en bateau fut le plus dur, puisque le mal de mer empêcha ce dernier de profiter du transport de l’ensemble d’île du Japon jusqu’au Continent où se trouvait le QG ancestral de la Ligue des Ombres. Il restait maintenant à voir si ce dernier résisterait à l’épreuve avant la rencontre avec Ra’s Al Ghul… La traversée d’une chaîne de montagnes…

L’adolescent qui autrefois s’était appelé Takeshi était passé de surprises en surprises depuis que ce dernier avait fait le choix de suivre cet homme capable de se fondre dans l’ombre. Ce dernier n’était pas seulement un excellent combattant, mais un sage versé dans bien des domaines, sur la vie clandestine. Cet homme qui avait fini par se présenter sous le nom de Honda l’avait aidé à manger bien mieux, et découvrir bien des choses en dehors de sa ville natale, et même du Japon. Il n’aurait pas su dire où il se trouvait actuellement, mais l’homme en devenir se sentait plus fort que jamais, et résolu à réussir pour atteindre ce lieu dont l’homme lui avait parlé une fois. Cet endroit hors du commun où il avait été lui-même formé.

Le froid se faisait de plus en plus mordant, sur le chemin menant à Eth Alth'Eban, même si Takeshi ignorait sa destination finale. Malgré les vêtements achetés par Honda, et son aide sur certains passages difficiles, cela se révéla pour le moins plus qu’ardu et l’adolescent finit épuisé devant l’entrée de ce qui était ni plus ni moins qu’une ville secrète cachée aux yeux du monde. Un lieu mythique à nul autre pareil. Des gardes apparurent de nulle part et identifièrent Honda, lui montrant de nombreuses marques de respect, où ce qui y ressemblait, dans plusieurs langues différentes. L’adolescent l’ignorait, mais être arrivé sous la houlette de cet agent d’élite lui offrait à la fois une protection, mais aussi un intérêt pour le moins déjà bien présent.


- Suis-moi, mon garçon. Ce soir, tu te reposeras. Il faudra que tu sois en forme, demain, car tu joueras ta destinée en fonction de ce qui se passera.

L’enfant déglutit un instant puis franchit finalement les portes, observant ce lieu ressemblant à une ville orientale où se trouvait pourtant déjà bien des choses étranges, à commencer par ce qui ressemblait à s’y méprendre à des chauves-souris géantes et armées.


- Fais preuve d’ouverture d’esprit, et tu accèderas à des savoirs inconnus à bien des hommes. Seulement, avant cela, assure-toi de survivre à demain.

L’assassin et l’adolescent franchirent finalement le seuil d’une demeure, et le jeune homme en devenir put se restaurer, se réchauffer, et se reposer. Le lendemain serait un autre jour.

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MessageSujet: Re: The Shadow Will Protect You, If You Allow Her To Do [Solo - Memories]   Ven 31 Mar - 17:45

Le jeune garçon avait atteint le point d’arrivée de leur voyage apparemment. Honda lui ordonna de se reposer, et l’adolescent tenta bien de le faire, mais son cerveau avait du mal en cette nuit à le laisser prendre du repos. Il avait déjà vu tant de choses au cours de ce mois-là, et plus encore dans les rues de cette ville en quelques heures, que la face du monde avait changé pour lui. Faire preuve d’ouverture d’esprit, il en était capable. Surtout si cela lui permettait de lutter contre des yakuzas de façon aussi simple et implacable que ce que Honda avait fait lors de leur rencontre.

Ces hommes qui obéissaient aux mafias étaient l’un des cauchemars du jeune garçon. Malgré les années passées depuis la mort de ses parents, ses cauchemars, quand il en avait, reprenaient souvent l’apparence de l’homme qui avait tué son père et sa mère. Cet homme que lui-même avait vaincu avec de la chance, en cette terrible nuit. Ici, il pourrait peut-être vaincre ses démons. Le sommeil finit par l’emporter, sans qu’il ne s’en rende compte.

Le lendemain, ce fut Honda qui le réveilla, et lui permit de prendre un petit déjeuner, avant de le ramener à sa chambre. Entre temps, dans cette cellule qui avait représenté ce qui se rapprochait le plus d’un lit depuis plusieurs jours, un habit noir avait été déposé. Ce dernier était un dogi, simple et noir, qui tenait en place grâce à une ceinture assez large au niveau du bassin. L’adolescent l’enfila, puis suivi son bienfaiteur. Honda le conduisit jusqu’à une salle ressemblant à un dojo ancien, entièrement en bois. Le sol était complètement recouvert de tatamis, et beaucoup d’enfants ou d’adolescents se trouvaient présents, accompagnés d’autres adultes portant des tenues plus ou moins proches de celle d’Honda. Dans le fond de la pièce, quelqu’un semblait observer tout cela tout en étant dissimulé dans l’ombre. Un individu dans une tenue faisant très largement penser aux ninjas s’avança.

- Faites avancer les aspirants pour le début des tests.

Le jeune homme regarda vers Honda qui lui fit signe d’y aller, et l’adolescent s’avança alors, tout comme les autres, avec une certaine appréhension, mais sans peur. L’homme les observa sous toutes les coutures, puis appela cinq à six jeunes gens. Ces derniers semblaient avoir à peu près l’âge des nouveaux venus, et différents exercices se mirent en place. Le jeune nippon dû d’abord, à la demande esquiver des assauts, puis en donner. Cela ne se passa pas très bien à ses yeux. L’instructeur lui observait tout cela d’un œil expert sans rien dire. Puis on leur demanda de traverser rapidement un parcours, et le garçon s’en sortit beaucoup plus aisément. Après tous ces tests physiques, on les emmena dans une autre salle, et différents tests écrits sur des connaissances générales furent posées. Lui ne réussit pas à répondre à l’exception des bases. Les conséquences de tant d’années passées dans les rues.

Après plusieurs heures, un certain nombre d’enfants et d’adolescents, mais inférieur au nombre d’entre eux au départ est rassemblé dans une des pièces de cet endroit. C’est à ce moment-là qu’apparaît un homme. Ce dernier, semblant entre deux âges, paraît avoir une force incommensurable et laisse une impression de puissances à tous ceux qui l’observent. D’ailleurs les adultes présents font preuve de déférence envers lui. Il appelle chacun des adultes, et fait ensuite avancer l’enfant, donne quelques commentaires puis les deux repartent. Honda finit par avancer et lui faire signe. Les deux hommes parlent un peu dans une langue inconnue de nippon, puis cet homme lui demande son nom en japonais.


- Cet adolescent n’a jamais parlé depuis que je l’ai recueilli. Je sais qu’il comprend le japonais, il l’écrit d’ailleurs un peu aussi. Il n’est pas dans l’incapacité de parler, mais un choc quelconque semble pour le moment l’avoir rendu muet. Vu que je l’ai trouvé avec un corbeau, j’ai décidé que son nom serait Karasu, s’il est accepté.

Il y eut un signe de tête positif de la part de cet homme charismatique, et Honda lui fit signe de le suivre, vers une nouvelle cellule. Au vu de la facilité avec laquelle l’assassin put y placer ses affaires, sans doute était-ce la sienne. L’homme lui sourit doucement.

- Bravo, tu as réussi. J’espère que le nom de Karasu ne te dérange pas.

Le garçon fit non de la tête et sourit.

- A partir d’aujourd’hui, tu appartiens à une grande famille. La famille de la Ligue des Ombres. Tu apprendras avec moi pendant un temps, puis avec d’autres instructeurs, quand tu seras prêt à rejoindre les rangs des personnes actives pour la justice.

Une nouvelle vie allait démarrer pour l’adolescent. Après le temps de l’enfance et de la pureté, puis le flou de la rue, le jeune nippon avait de nouveau un objectif de vie. Se renforcer pour devenir le sabre d’une justice intransigeante mais nécessaire.
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MessageSujet: Re: The Shadow Will Protect You, If You Allow Her To Do [Solo - Memories]   Sam 22 Avr - 9:24

Novembre 1986

Devenir une lame aiguisée et intransigeante envers les criminels. Le chemin pour parvenir à ce résultat serait sans aucun doute très long. Après tout, il n’était qu’un enfant des rues, qui n’y connaissait rien en combat, si ce n’était à savoir souvent anticiper les attaques ennemies. Depuis qu’Honda-san lui avait confié qu’il était accepté, des choses avaient changées. Tout d’abord, ses vêtements. Les habits difformes qu’il avait réussi à voler plus jeune avaient été changés contre une tenue légère, mais ajustée. Chaque jour, cette tenue noire avec une ceinture qui l’était tout autant, accompagnée de bracelets de force aux poignets et de chaussures adaptées à un mouvement rapide étaient son uniforme. Honda avait expliqué que cela représentait pour eux une tenue d’entrainement, et qu’il en porterait des similaires jusqu’à ce que les tests fasse de lui l’un des agents actifs de la Ligue. Une personne qui serait au-bas de l’échelle de leur armée, un simple soldat, mais déjà un individu mortellement efficace contre le crime.

Son entraînement avait commencé dès le lendemain. Le garçon s’attendait à ce que l’on renforce bien sûr ses aptitudes physiques, mais ce n’était pas tout. La Ligue lui apportait également tout un ensemble de savoirs théoriques sur des domaines variés, connaissance du monde actuel, dans son histoire et sa géographie, apports de divers langues étrangères, même si le retour ne pouvait se voir qu’à l’écrit pour le moment. Le japonais également lui était réapprit. Car bien que sa langue maternelle, ce dernier n’avait jamais pu en compléter son apprentissage. On lui apprit que plus tard, d’autres domaines viendrait encore s’ajouter : sciences, politique, finance, bonne conduite dans les différentes sociétés… Un homme appartenant à la Ligue devait être capable de se fondre dans n’importe quel milieu. Certes, savoir agir selon la voie du shinobi était un élément vital, mais parfois, la dissimulation sous l’apparence de quelqu’un de lamda était bien plus efficace.

La plupart des jeunes étaient formés selon des cours collectifs que tout le monde suivait, s’entrainant en grandes unités de plusieurs dizaines de personnes. Pourtant lui restait uniquement avec Honda. L’assassin lui avait expliqué que pour le moment, tant qu’il ne serait pas capable de pouvoir interagir avec les autres grâce à la langue de la ville, ainsi que le japonais, il devrait apprendre avec celui qui serait dans tous les cas son mentor.

Karasu se rendait compte chaque jour de son avancée. Déjà, le fait de ne plus avoir à se battre pour sa nourriture et le fait de pouvoir manger à sa faim avait rapidement renforcé son corps, donnant un peu plus d’ampleur à ses muscles, arrêtant de le laisser avec un physique qui démontrait une sous-nutrition. Cela lui permettait de mieux supporter les séances d’entrainement quotidiennes. Ses connaissances basiques également avançaient à pas de géant. Le jeune adolescent se découvrait une soif de savoir qui semblait intarissable. Lui qui avait passé tant de temps sans réellement comprendre ce qui pouvait se passer autour de lui, y compris sur des échanges simples, adorait le fait de voir ses connaissances augmenter. Honda semblait d’ailleurs surpris de sa capacité de mémorisation des choses, et de sa vitesse de travail.


19 Mars 1987

Tant de mois étaient passés depuis son entrée à la Ligue. Lorsque le jeune corbeau s’observait dans le miroir, il voyait à quel point son corps évoluait. Certes, sa musculature n’était pas aussi impressionnante que celle des hommes adultes, mais tout de même visible. Honda lui avait conseillé de ne pas trop forcer non plus, pour pouvoir laisser à son corps le temps de se développer complètement. Au fur et à mesure du temps, il pourrait augmenter la durée de ses séances de renforcement. Ses connaissances en japonais, dans la langue locale, et dans quelques autres étaient excellentes, et il pourrait sans doute les utiliser, pourtant, un obstacle était encore là, contre lequel le futur shinobi s’entrainait chaque jour : son mutisme.

Il avait entendu des centaines de voix différentes, mais essayait surtout de se rappeler de la sienne. Avant l’évènement qui l’avait précipité dans la rue, le jeune garçon qu’il était savait parler. Aucune raison ne pouvait justifier que cela ne soit plus le cas. Tout cela ne dépendait que de lui, en réalité. Alors chaque nuit, avant de s’endormir, il essayait de faire sortir un son, une phrase, ou ne serait-ce que son nom.

Ce jour-là était consacré au combat avec des armes de corps-à-corps, et notamment le katana. Même si l’entrainement se faisait avec des bokken, c’était une arme que l’apprenti savait apprécier, et qui composerait sans doute plus tard la base de son style pour avoir une arme à courte distance mais avec un peu d’allonge. Une fois encore, malgré ses nombreux essais, et la vigueur de sa jeunesse, Honda démontrait que rien ne valait l’expérience. L’assassin aida son élève à se relever après un contre qui avait dû être particulièrement brutal, afin de lui faire comprendre qu’il ne fallait pas sacrifier le contrôle de la situation à un soi-disant avantage décisif.

- Tu fais cependant des progrès, Karasu, je suis fier de toi. Tu ne reproduis pas souvent les mêmes erreurs.
- Arigato…. Sensei.

Les deux mots avaient réussi à franchir ses lèvres alors que ce dernier s’inclinait devant son professeur, et ce dernier le regarda, surpris. La voix qu’il avait entendu ne pouvait venir que de là, et le garçon toussa d’ailleurs. Honda lui apporta un peu d’eau pour l’aider, et l’observa, avant de lui reparler en japonais.

- Eh bien, ta voix semble de retour.
- Un peu… C’est encore… étrange.

Cela faisait tellement de temps qu’un son n’était pas sorti de sa gorge. Comme si elle aussi avait appartenu au passé, et ne semblait pas vouloir surgir sans s’être transformée. D’ailleurs, elle était plus grave que celle du garçon qui avait quitté le lieu du meurtre de ses parents, des années auparavant.

- Je suis ravi de t’entendre. Mais prends ton temps, pour parler comme pour le reste.

- Bien sûr, Sensei.

C’est sur cette bonne nouvelle que cette journée s’acheva. Même si le retour de sa voix allait sans doute, dans les temps à venir, l’amener à de nouveaux examens, et aussi possiblement à des interactions avec d’autres jeunes en entraînement.
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