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 C'était une histoire d'affaire [PV Becky]

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Jonathan Crane


MessageSujet: C'était une histoire d'affaire [PV Becky]   Mar 30 Aoû - 23:54

C'était une histoire d'affaires
Les choses allaient dans un sens qui plaisait au sinistre professeur qui, maintenant qui avait retrouvé tous les droits d'exercer, son post, son asile et en plus en cadeau de bienvenue la joie de gérer la maison des fous la plus connue des Etats-Unis d'Amérique pour son taux élevé de suicides et d'évasion, admirait avec un certain enthousiasme ce qui se déroulait dans les recoins sombres des couloirs. Si autrefois on prônait un intérêt débile pour les médecines douces quand on se trouvait face à un tueur en série qui avait perdu son vélo à l'âge de cinq ans et dût faire face à ce lourd traumatisme, Jonathan Crane lui, prônait plutôt les méthodes violentes et peu ragoûtantes qui vous passait l'envie d'être traumatisé par des choses aussi futiles. Lui, donnait à ses patients une vraie raison d'en vouloir à quelque chose, une vraie raison de devenir fou, une vraie raison de vraiment péter un câble et finir en position fœtale en suçant son pouce pour le restant de sa vie. Au moins, on remarquait que les patients avaient tendance à ne plus chuter, ils stagnaient, ce qui rassurait les familles de ceux qui en avait, fort heureusement pour eux, ils ne connaissaient pas les soins prodigués pour un tel résultat et à vrai dire, ils s'en fichaient. Les seuls personnes que le professeur craignait plus que la peste, c'était les médias.

Il fallait dire qu'ils avaient éprouvés un certain intérêt pour lui, surtout lors de son procès et Jonathan était sûr qu'il l'attendait au tournant, si tout pouvait se renverser, ce serait le titre idéal pour le Gotham Globe qui peinait à avoir des nouveautés depuis qu'Arkham City existait. Ils n'avaient aucune info de la ville prison, on affichait juste que tout s'y passait à merveilles et que les repas étaient vraiment dégueulasses, tout ce que les prisonniers de tout Gotham méritait. Du coup, pendant ce temps là, les journalistes se penchaient vers l'asile, chose qu'ils ne faisaient plus quand l'ancien directeur était encore en état de diriger. Cependant, le nouveau directeur qu'était le Docteur Crane souhaitait autant de silence du côté de son établissement. Pour cela, il savait vers qui se tourner, surtout si quelqu'un découvrait ce qui se trame ici et voulait en parler, il avait besoin d'une rencontre des mois derniers qui lui devait sûrement une fière chandelle. Rebecca. Biensûr qu'il avait pensé à elle, cette douce petite sauvage qui lui en avait fait voir de toutes les couleurs lors de leur rencontre. C'était sûrement par amusement de la faire rugir qu'il continuait à s'intéresser à elle, mais aussi parce qu'elle était intelligente sous ses airs de petite gamine perdue et, les gens intelligents devenaient rares, beaucoup trop rares. Puis, il avait encore la sensation de ses lèvres sur sa joue, chose qu'il avait encore du mal à digéré tant il était quelqu'un qu'on ne touchait en aucun prétexte.

Il se faisait tard, le professeur regarde sa montre. Minuit vingt. Il est temps de remballer et de vaquer à des occupations moins légale, la nuit était un royaume parfait pour tout ce qui se murmure. Une fois la porte de son bureau fermée à double tour, le psychiatre déambula dans les couloirs jusqu'à la sortie, il vérifia par deux fois que toutes les cellules étaient fermées et surtout qu'il ne restait plus personne dans l'établissement sauf les gardiens qui faisaient des rondes minutieuses. Une fois sortie, il se dirigea vers l'extérieur et tira une cigarette dès qu'il fût posé dans sa voiture. Il sortit un petit papier où était griffonné une adresse, il le posa sur le tableau de bord avant de démarrer et de quitter l'endroit.

L'adresse renvoyait à un quartier miteux de Gotham dans lequel le professeur n'avait pas mis les pieds depuis bien longtemps, il retrouvait avec admiration les façades noires, les quelques clochards rescapés d'Arkham City dans les coins et quelques dealeurs peu recommandables qui traînaient encore dans les parages. Un quartier de rêve dise ceux qui n'y vivent pas, ceux qui y vivent eux, ne disent rien. Quand Jonathan trouva l'adresse exacte qu'il recherchait, il s'arrêta puis descendit de son véhicule. Vêtu d'un long manteau noir qui couvrait sa tenue des plus banales qu'il soit, les cheveux en bataille et sa cigarette au bout des lèvres, le brillant psychiatre s'engouffra dans le bâtiment, il tira de nouveau le papier où était inscrit l'adresse qu'il traquait, il monta les escaliers sans se presser, il savait très bien que ce qu'il cherchait était là, ses sources étaient fiables. Une fois devant la porte, il lança un rapide coup d’œil au nom qui figurait sur la sonnette ce qui confirma qu'il était au bon endroit.

Jonathan Crane n'était pas le genre de personne à aimer faire les choses normalement, il était tard, environ une heure du matin et la personne qu'il voulait trouver était sûrement en plein repos. Or, il lui fallait avoir cette conversation au plus vite, c'était le seul moment où il était disponible et, il était d'humeur joviale. Sans attendre plus longtemps, le docteur dégaina un fil de fer et le bidouilla dans la serrure afin de l'ouvrir, à pas de loup pour n'éveiller personne, il s'avança dans l'appartement quelque peu miteux dans lequel il venait d'entrer. Il entendit un léger grognement dans une pièce plus loin, ce qui ne l'effraya pas, il fit un rapide tour du propriétaire avant de s'installer dans ce qui ressemblait le plus à un salon.

Quelques minutes plus tard, alors qu'il était parfaitement installé dans un fauteuil, il entendit des pas hésitant venir dans sa direction, fort amusé et les jambes allongés sur la table qui lui faisait face, il s'exclama : « Bonsoir Miss Albright, cela fait terriblement longtemps que nous nous sommes pas vus, vous et moi. » Il redressa ses lunettes sur son nez avant de reprendre sur son ton joueur. « Je passais dans le coin et je me suis dit qu'il serait bon de rendre visite à une connaissance forte plaisante voyez-vous. » Il avait même ramené une bouteille de vin blanc pour l'occasion, comme un grand gentleman qu'il était. Il fallait dire qu'il était beaucoup plus présentable qu'à leurs précédentes rencontres. « J'aurais éventuellement besoin de vos talents pour quelques petites affaires à l'asile, oh, rien de bien grave mais je me suis dit que vous étiez la meilleure dans votre domaine pour ce genre de chose. Mais avant tout, comment allez-vous depuis la dernière fois ?»


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laquelle a pour type cette dualité qui ressort de la matière et de la lumière,
manifestée par l’ombre et la solidité. Il y a un silence à double face, — mer et rivage, — corps et âme.
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MessageSujet: Re: C'était une histoire d'affaire [PV Becky]   Sam 3 Sep - 21:47

Rebecca Albright

L'Epouvantail

Une Histoire d'Affaires


Quand on vivait dans un des pires quartiers de Gotham il fallait s’habituer à plusieurs choses. Déjà, l’odeur. L’air des ruelles était chargé de reflu d’égouts, de fumée de cannabis, de déjections humaines et animales, ce qui ne s’arrangeait pas quand on vivait au dernier étage comme Rebecca parce que les odeurs finissaient toujours par remonter.  Après le manque, voir l’absence totale de cachet, il fallait aussi prendre en considération la population en elle même. Par exemple les voisins de gauche, droite et du dessous de Becky étaient respectivement une couple qui se criait dessus à longueur de journée quand il n’étaient pas en train de copuler à grands renforts de hurlements, un vieux fou et sa douzaine de chats qui l’invectivait tout les matins en parlant du Vietnam et ce que la jeune avocate soupçonnait fortement être un laboratoire de méthamphétamines.

Enfin, il y avait les cambriolages.

Ce qu’elle trouvait bizarre parce que tout le monde savait qu’il n’y avait rien à voler dans ce genre d’immeuble. Rebecca n’avait ni télévision, ni bijoux de valeur ni ordinateur ni économies cachées sous son sommier ni quoi que ce soit de réellement onéreux. Quand à son compte bancaire, elle avait prit l’habitude d’afficher ses relevés les plus récents sur son frigo pour faire comprendre aux voleurs que le service de recouvrement de prêts étudiants était déjà passé par là. Il y a deux ans on lui avait laissé un sandwich. On avait du avoir pitié.

Mais il restait que se faire réveiller au beau milieu de la nuit en entendant quelqu’un farfouiller dans vos affaires était franchement ennuyeux. Alors quand La rousse se réveilla en entendant sa porte se fermer, elle commença par lever les yeux au ciel et enfoncer sa tête sous son oreiller, espérant qu’il partirait vite. Mais au bout de cinq minutes il fallu se rendre à l’évidence : celui là ne perdait pas espoir. Et d’ailleurs, remarqua-t-elle en fronçant les sourcils, il ne fouillait pas non plus. Discrètement elle attrapa une pilule de caféine sur sa table de chevet et l’avala. La voilà bien, elle avait un taré dans son salon. La dernière fois elle s’était retrouvée à devoir attendre  qu’Arkham veuille bien venir récupérer Killer Moth parce qu’il tournait autour de sa lampe murale et refusait de partir. Au départ ils lui avaient dit qu’il suffirait d’éteindre la lumière sur le disjoncteur mais après il fallait se coltiner les cliquètement incessants de l’interrupteur. Deuxième appel, explications, supplications et une heure plus tard ils étaient enfin arrivés avec les fusils tranquillisants.
S’armant de courage, Rebecca sortit son épée plus effilée qu’une lame de rasoir de sa canne et commença à marcher vers la pièce principale. Le vendeur lui avait montré avec un porc entier qu’elle pouvait trancher aisément les muscles et les os comme dans du beurre mou. Un coup vif et on obtenait une décapitation facile.  Juste avant de pousser la porte elle hésita un instant, prit une profonde inspiration et-

"Bonsoir Miss Albright cela fait terriblement longtemps que nous nous somme pas vus, vous et moi."

Oh non

Pas Lui !

"Je passais dans le coin et …"

Rebecca ouvrit la porte en grand, épée pointée devant elle. Il continua de parler sans s’en inquiéter.

"… Je me suis dit qu’il serait bon de rendre visite à une connaissance fort plaisante voyez vous."


Et si. Lui.

Au fur et à mesure qu’il parlait elle laissant tomber son bras sur le côté et sentit sa paupière tressauter. Le stress sûrement. Ou alors était-ce le sentiment d’hystérie qui s’emparait d’elle ? Moui peut être. Ca devait probablement être lié avec le fait qu’il l’avait légèrement traumatisée la dernière fois qu’ils s’étaient vus, au point qu’elle avait commencé à prendre des calmants pour ne plus avoir à passer de longues nuit à regarder les lumière de sa fenêtre projeter des ombres sur le plafond de sa chambre, revoyant les événements, essayant de trouver une autre issue, d’autre choses à dire, sacrifiant son sommeil et sa santé mentale à l’esprit d’escalier. Il avait du bien s’amuser en voyant ses médicaments. Pilules pour dormir, pilules pour rester éveillée. D’une oreille elle entendit qu’il lui demandait comment elle allait avec autant de sincérité que l’aurait fait Feu Maître Crowe.

"Comment est-ce que je vais ? Comment est-ce que je vais." Elle laissa échapper un petit rire assez malade. "Comment est-ce que je pourrais aller en voyant qu’un homme d’une réputation certaine s’est invité chez moi au beau milieu de la nuit..." Son air passa de pratiquement hystérique à agacé et elle haussa les épaules." Relativement bien je dirais, je commence à m’y faire. "

Ceci dit elle commençait très sérieusement à se dire qu’elle devrait afficher ses horaires de bureau sur sa porte d’entrée. Pas que ça changerait quoi que ce soit mais ça laisserait un subtil message pour les intrus, signifiant quelque chose comme ‘vous me faites tous chier’.

Sauf que contrairement aux autres, à qui elle pouvait faire le grand numéro de l’avocate blasée bien habituée à tout ce tintouin, tout en bluffant qu’elle avait des connections qui la vengerait, Crane ne se laisserait pas prendre. Il connaissait un peu la jeune femme dévorée par les insécurités et autres petites psychoses derrière le visage calme et savait exactement où et comment la ramener à la surface, insupportable medium psychopathe qu’il était. Sa seule présence lui mettait les nerfs en pelote. Elle avait bien envie de le jeter dehors -ce qui devait l’amuser éperdument- mais avait bien plus envie de ne pas finir ses jours droguée jusqu’à la folie dans un caniveau alors elle se retint de lui crier dessus.

Baissant la tête pour se frotter le visage elle se rendit compte d’un petit détail qui ne lui était pas venu à l’esprit plus tôt. Le vieux-shirt des Knights qui lui servait de chemise de nuit était vieux.

Très vieux.

Très très vieux et très très transparent.

Avec un glapissement d’oie elle referma ses bras sur sa poitrine pratiquement nue, renversant un pot de fleur avec son épée tant qu’elle y était. Pendant une poignée de secondes elle fit très attention aux tâches du plafond, essayant tant bien que mal d’ignorer le fait qu’elle venait de se donner en spectacle en face de ce qui devait être son ennemi juré, venu au monde dans le seul but de la rendre chèvre. Puis elle prit une profonde inspiration et parla avant qu’il ne lui vienne à l’esprit de commenter sur le peu qu’il y avait à cacher.

"Je vois que vous avez apporté vos propres rafraîchissements, les verres sont dans la cuisine, deuxième placard à gauche du frigo. Faites comme chez vous, moi je vais m’habiller."

Et elle tourna les talons aussi vite qu’elle le pu.

Le visage brûlant elle retourna dans sa chambre à grands pas, claqua la porte derrière elle pour se défouler, ignora machinalement les coups de feu au loin et ouvrit sa penderie en grand. Elle jeta à sa garde robe un coup d’œil critique. C’était peut être idiot de s’habiller en fonction de ce que les gens peuvent penser de vous, mais quand la personne en  question était le Docteur Jonathan Crane et que vous étiez sa victime de la soirée ça pouvait valoir le coup. Elle n’allait pas prendre le temps de s’habiller comme pour le travail, il se moquerait d’elle pour être aussi guindée. Son unique robe noire pour toutes occasions était hors de question parce qu’il la traiterait de nymphomane. Encore. Elle haussa donc les épaules et prit une tenue qui aurait le mérite de le faire réfléchir à deux fois avant de se jeter sur elle.

Elle reparu donc avec ses mules en formes de vaches, un vieux peignoir miteux avec des canards, sa cane blanche dans une main et son chien sous l’autre bras, tel un mannequin de la marque Mémère à Chien collection automne 2001.

Si avec ça il arrivait toujours à la traiter de perverse elle le condamnerait comme cause perdue.

Se laissant tomber dans son fauteuil elle laissa Trevor somnoler sur ses genoux et croisa les bras, le laissant expliquer sa venue.
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Jonathan Crane


MessageSujet: Re: C'était une histoire d'affaire [PV Becky]   Ven 9 Sep - 23:52

C'était une histoire d'affaires
Il cesse de parler, attendant avec un grand calme la réponse de son hôte, il n'a pas vraiment envie de l'enquiquiner et de la pousser à bout comme la dernière fois, c'est bon il l'a testée, il sait qu'il peut à peu près lui faire confiance, mais par contre faut qu'elle fasse un effort… elle est à moitié nue. Bon en même temps quand on déboule chez une femme à l'improviste, on ne s'attend pas à être accueilli en tenue de soirée avec un verre de champagne à la main et encore moins avec un sourire. Jonathan affiche une mine amusée, pas si mal qu'il le pensait la petite avocate, elle cachait des choses sympathiques néanmoins, le psychiatre jugea bon de ne pas jouer les enjôleurs, elle ne semblait pas réceptive, surtout avec lui. Alors il se contenta de lever les yeux au ciel et d'attendre qu'elle cache un peu tout ça, lui en face paraissait bien trop habillé dans sa chemise légèrement déboutonnée blanche, son costume gris et ses petits mocassins parfaitement cirés.

C'est ainsi que visiblement gênée mais dôtée d'une voix, Rebecca partie se vêtir, le psychopathe travesti en psychiatre n'attendit pas une seconde après l'invitation de la jeune femme à faire comme chez lui, bon, il manquait un milliard de livres tous aussi bizarres les uns que les autres, les clopes entassées depuis quatre ans dans le même cendrier en verre, les papiers par millier et l'odeur de thé mais cela ne dérangea pas le jeune homme pour oser s'aventurer dans l'antre du dragon rouquin. Il réussit à trouver les saints sacro verres, les relava au cas où, juste par habitude et se dirigea de nouveau vers le salon, il examina un instant la décoration inexistante et la tapisserie vintage, années soixante dix, et encore il était sympa. N'était-elle pas avocate ou un truc du genre ? Même pour l'empereur des enfoirés cela semblait limite qu'une femme de son importance vive dans un taudis pareil. C'est ainsi qu'alors qu'il posait les verres tout en soupirant apparu Cendrillon dans sa plus belle robe pour aller danser, soit la pire tenue de nuit que le sinistre psychiatre ai pu voir durant toute sa vie. Il cligna d'abord des yeux avec insistance avec de penser que de toute façon, tout était raté avec elle, ils n'étaient définitivement pas compatible et de toute façon, pourquoi irait-il s'ennuyer avec une femme dans les pattes ? Il avait essayé pourtant, il avait laisser un peu d'espoir à une infirmière dépressive de l'asile qui était folle de lui pour une raison qu'il ignore encore, hélas la pauvre ne trouva pas le réconfort escompté dans les bras du professeur et se suicida après seulement deux mois de relation officielle.

Comme c'était étonnant. Depuis ce jour là, Jonathan avait décider de ne plus s'ennuyer avec ces sottises d'une bassesse sans fin et de seulement s'intéresser à ce qui l'intéressait. Point barre. Rebecca actuellement dans sa tenue de vieille aigrie d'une vingtaine d'années brisait le cœur du jeune homme qui espérait au moins un soupçon d'effort, mais non, la journée allait être ridicule jusqu'au bout. Il tendit un verre à la jeune femme, lui collant même dans les mains afin qu'elle n'est même pas l'idée de se lever ou de bouger de son fauteuil, le tableau était tellement magnifique que Courbet l'aurait faite muse du siècle. Peut-être était-ce pour arrêter de se focaliser sur la tenue affreuse de Rebecca que le psychiatre en vadrouille s'enfila un verre presque cul-sec sans rechigner, peut-être était-ce pour tenir à la fatigue qui pointait le bout de son nez ? C'était sûrement la première.

« Allons je ne viens pas vous importuner avec des choses trop compliquées ou ennuyeuses, vous êtes talentueuse et ce serait une insulte de venir juste pour des broutilles. » Verre déjà re rempli qu'il tient du bout de ses grands doigts, il plonge son regard bleu ciel dans celui de la jeune femme et esquisse un petit sourire en coin. « Ainsi je me suis dit que pour une affaire pareille, il fallait que je fasse appelle à ma meilleure connaissance dans le domaine, c'est pour cela que j'ai pensé à vous, Becky. » Ton mielleux à souhait, sûrement pour mieux faire passer la pilule, il savait pertinemment qu'il demandait une chose compliquée et totalement illégale, mais on était à Gotham, pas à Dallas, sinon il aurait fait dentiste pour blondes peroxydées. Il prend deux gorgées de plus et reprend parole tout en prenant un peu plus ses aises dans le canapé.

« Pour faire une version simple de la situation, j'ai mis hors d'état de nuire une personne très importante à l'asile d'Arkham afin de prendre sa place, j'aurais donc besoin d'une protection juridique pour qu'aucun fouille-merde de journaliste aille mettre son nez là dedans et… et également de tout ce qui se passe là-bas. » Lui dire qu'il avait rendu complètement fou le directeur ? Qu'il l'avait enfermé dans la cellule la plus paumée de tout l'asile ? Qu'elle le devine toute seule, l'alcool l'aidera. Mais devait-elle vraiment savoir qu'il avait repris sans pitié ses petites activités illégales d'expérimentations sur des humains 'pour la science' et qu'en plus il s'était posément installé dans l'univers du trafic de drogues ? Non vraiment, pour sa pureté et ses beaux yeux, il n'allait pas le lui dire. « Enfin bref, j'aimerai juste ces petites choses là et après je vous laisse tranquille, biensûr j'ai de quoi vous payer aisément. » Il arqua un sourcil en remarquant l'état inquiétant des murs. « Et de quoi vous faire déménager, je serai fort attristé de vous savoir morte sous les gravas de votre trou à rat avec votre chien. Ou même … » Non, on ne parle ni d'assassinat barbare, ni de viol, ni de quoi que ce soit, il fallait rester gentil et courtois, après tout il était là pour lui demander quelque chose, le minimum était donc de se montrer aussi poli que possible, surtout quand on déboule en pleine nuit en forçant la porte. « Oh, par ailleurs excusez-moi d'être entré ainsi chez vous, j'aurais pu toquer à la porte mais… » Il chercha un instant une excuse. « Je n'ai pas l'habitude. » Il allait la perdre, il esquiva comme il pouvait puis se contenta de remplir de nouveau le verre de Rebecca puis le sien. « Biensûr si vous ne voulez pas vous mouiller dans des affaires de ce genre… je veux dire… enfin vous voyez. Dites le moi et j'irai trouver quelqu'un d'autre, je ne vous en voudrait pas voyons. » Le psychiatre cacha une grimace de préparation à la déception, biensûr que si il allait lui en vouloir, biensûr que si il allait la traquer jusqu'à ce qu'elle accepte même s'il devait brûler son immeuble.

 
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MessageSujet: Re: C'était une histoire d'affaire [PV Becky]   Sam 10 Sep - 12:07

Rebecca Albright

L'Epouvantail

Une Histoire d'Affaires


A partir du moment où Trevor avait sauté sur le sol pour aller chercher un endroit plus calme loin des humains fous qui ne comprenaient pas que la nuit c’était fait pour dormir, Becky avait posé ses coudes sur ses genoux et observé Crane d’un œil critique.

Maintenant que ses pilules de caféine l’avaient enfin réveillé la jeune avocat pouvait remarquer avec sarcasme que les rôle étaient inversés cette fois ci. Lors de leur dernière rencontre c’était elle qui était venue propre et en bonne santé dans la maison délabrée dans laquelle il vivait à Arkham, tandis que lui avait visiblement laissé tomber l'hygiene. Cette nuit c’était lui qui venait avec son costume bien taillé de psychiatre qui gagnait bien sa vie, le teint frais et reposé, alors qu’elle sortait juste du lit. Légèrement embarrassée elle vérifia que ses mèches n’étaient pas fièrement dressées sur sa tête comme des majeurs de punks. Non, parfait. Il restait tout de même qu’elle savait qu’elle avait perdu du poids à cause des médicaments et devait avoir une tête de revenant. Elle restait moins pire que lui en prison.

La différence c’était que Rebecca avait eut la politesse de passer outre. Lui il s’était permis un commentaire sur son appartement et jetait des regards noirs à son peignoir depuis tout à l’heure.

Ce qui ne changeait pas en revanche, c’était qu’il continuait de la prendre pour une buse. Juste parce que ça faisait quelques mois qu’il ne l’avait par martyrisée ne voulait pas dire qu’elle était redevenue une oie blanche entre temps. Sa maîtrise de la psychologie humaine n’était pas très fiable mais elle savait au moins qu’un traumatisme ça ne marche pas comme ça. Et de toute façon ce n’était pas comme si ça avait marché la dernière fois. Au contraire ça la rendait juste plus suspicieuse d’ordinaire. Elle poussa un soupir et regarda le verre d’alcool qu’il lui avait mit entre les mains. Auparavant elle n’y aurait touché pour rien au monde, se méfiant d’un éventuel poison. Mais ça c’était avant. Rebecca enleva ses mules et lui tapota le genou pour qu’il relève la tête.

"Crane, ça ne sert à rien de faire cette tête." Elle lui fit un sourire fatigué, mi figue mi raisin." Nous savons très bien tous les deux que je suis enfoncée tellement profondément dans votre poche que je pourrais presque être un mouchoir de la veille. "

Ca résumait assez bien la situation.

Pour se donner du courage elle descendit sa boisson en un coup, gardant un index levé pour lui signifier qu’elle n’avait pas fini.

"Récapitulons" dit-elle en reposant son verre. "Vous avez évincé le directeur de l’asile pour avoir son poste et continuer vos expériences en paix sans que personne ne puisse vous barrer la route. "

Tout en parlant elle empoigna la bouteille et se resservit un verre. Une fois cela fait elle passa ses jambes par dessus le bras de son fauteuil sans se préoccuper du fait qu’elles soient découvertes et s’allongea, le regard vers le plafond.

"Et maintenant vous voudriez empêcher qui que ce soit de regarder de trop près l’éthique de votre travail ou le financement de celui ci parce que vous détournez des fonds ou que vous vendez des médicaments addictifs à je ne sais qui."

Lui aussi prenait ses aises elle ne voyait pas pourquoi elle ne ferait pas de même. S’il la gazait parce que ça ne lui plaisait pas, et bien tant pis elle s’en fichait éperdument. Au moins elle n’aurait plus à affronter l’abominable agent de recouvrement de dettes étudiantes et sa voix nasillarde. Il vous reste 7 865 Dollars et 33 Cents à payer et gna gna gna. La rappeler tous les jours n’allait rien changer bande de rapaces, ça prenait juste de la place sur son répondeur.

"Je vous demanderais bien pourquoi vous essayez de me passer la pommade mais je doute que vous me répondriez." Finalement elle rouvrit les yeux et tourna sa tête vers le Bon Docteur Crane " Donc ma question est : Qu’est-ce que vous faites vraiment ici ?"

En parlant d’appel, au lieu de venir il aurait pu en passer un qui se voulait menaçant d’une cabine téléphonique, d’un téléphone jetable dont il aurait pu se débarrasser juste après, glisser un message avec le numéro d’un casier à la gare routière où il y aurait les éléments de dossier à traiter ou même simplement la faire convoquer par un de ses babouins, parce qu’il avait forcément des minions. Dans l’esprit malade et nourri par les vieux films de Becky un type comme crane devait forcément agir comme un vilain de James Bond au travail, invectivant ses acolytes sous payés pour qu’il fasse tout le sale boulot alors qu’il préparait son monologue pour le moment fatal où le héros -Batman sans doute- allait lui rabattre le caquet à grand coups de bottes dans la bouche. Dans le genre de Goldfinger. Ou peut être Raoul Silva ? Ah, la comparaison était tentante vu le nombre de fois où il s’était jeté sur elle. Quoi que ça restait à voir, il s’était calmé.

Mais digression à part il restait qu’il n’avait pas du tout besoin de venir dans les Narrows à une heure du matin pour lui compter fleurette. Enfin, ça pourrait être pire comme visite. Killer Moth aurait pu revenir.

"Non pas que je sois particulièrement horrifiée par votre présence dans mon appartement" elle haussa les épaules " Mieux vaut vous qu’un autre."

En plus lui il lui ramenait de l’alcool. D’un côté c’était une bonne chose parce qu’elle avait tout le temps envie d’une cuite en ce moment, de l’autre ça ne l’était pas parce que cette pulsion ne pouvait pas être très saine. Bah, de toute façon elle n’avait pas les moyens d’être alcoolique.

"Mais je dois aller au travail à huit heure et je ne peux pas tuer tous mes patrons alors je vous serais très reconnaissante si on en venait au but."

Bien évidemment ce n’était que des paroles en l’air. Elle commençait à le connaître. Si son instinct se révélait être correct il allait encore tourner autour du pot pendant trois heures et s’énerver quand la pauvre assistante ne comprendrait pas alors qu’il n’expliquait rien du tout.

Elle prit une gorgée de vin.

La nuit allait être longue.

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MessageSujet: Re: C'était une histoire d'affaire [PV Becky]   Mar 20 Sep - 12:33

C'était une histoire d'affaires
Non, il n’était pas d’humeur à s’énerver pour rien aujourd’hui, sa journée avait été plutôt concluante, il avait réussit à martyriser une pelletée de patients et avait même eu le temps de s’essayer aux électrochocs sans anesthésie avant de fermer boutique. Il fallait dire que depuis son ascension en tant que Directeur temporaire de l’asile d’Arkham, les techniques douteuses du psychiatre avaient fait monter en flèche le taux de guérison qui frôlait le zéro auparavant. Alors certes, ce n’était ni très éthique ni très humain, mais ça marchait, c’était donc une raison parfaite aux yeux de l’humble psychiatre de garder ces méthodes, il fallait juste que jamais, ô grand jamais on vienne fouiller dans ses petites affaires, ce serait le scandale total et il serait dès aussitôt renvoyé en prison ou pire, à l’asile en isolement à tout jamais. Ce n’était pas vraiment dans ses projets et, ce serait une insulte qu’il ne tolérerait pas.

C’était donc pour cela qu’il avait pensé que sa chère amie Rebecca pouvait lui venir en aide, après tout elle lui devait bien ça et surtout, il était d’humeur généreuse. Il esquissa un sourire amusé quand elle posa sa main sur son genou tandis qu’il releva un sourcil, questionnant la jeune femme de ce soudain rapprochement. Était-elle déjà sous l’emprise de l’alcool ? Il était vrai qu’elle avait maigri depuis votre dernière rencontre, elle était donc sûrement affaiblie, il lui aurait bien prescrit quelques remontants mais elle le prendrait mal. Puis surtout, depuis quand est-ce qu’il prenait soin des autres ? Non vraiment, c’était une mauvaise idée de témoigner d’un minime acte de sympathie, ce serait briser sa réputation de sinistre gars qui vous fusille du regard pour un simple bonjour. Ainsi, Rebecca lui fit entendre ce qui lui ferait plaisir, elle était tout à lui.
Ô voilà de douces révélations qui cependant, ne brisera pas l’éternelle méfiance que Jonathan avait pour tout autre être vivant : si elle le dupait, elle finirait dans un sous-sol sans lumière, attachée à une chaise dans un état végétatif avec un filet de bave sur le menton. Il ne lui fit pas part de ses menaces, se contentant de l’observer d’un air interrogateur.

Il semblait qu’elle soit détective, elle ne manqua pas de comprendre ce qu’il en était du directeur et des intentions du professeur, visiblement un peu gêné, Jonathan passa sa main dans ses cheveux tout en essayant de prendre ses aises, croisant l’une de ses jambes sur l’autre, calant sa cheville sur son genou. Une fois qu’elle eu fini son discours, sous entendant que le brave Docteur avait une autre idée derrière la tête, le jeune homme esquissa un sourire charmeur et étendit son bras derrière les épaules de Rebecca, essayant tant bien que mal de ne pas perdre un doigt dans sa crinière.

« Oh voyons, j’avais simplement très envie de vous revoir depuis tout ce temps. » Menti t-il avec beaucoup de volonté. « Mais je saurais que la prochaine fois, il vaut mieux vous envoyer une lettre, je suis peiné de vous embêter si tard. » Quel beau parleur, biensûr qu’il n’en avait rien à foutre de l’ennuyer en pleine nuit, c’était le seul créneau qu’il avait de libre pour se déplacer ou même la convoquer, il préférait négocier de vive-voix simplement parce qu’il était plus apte à faire pression ainsi, voilà les raisons de sa venue, les vraies. « Mais puisque vous voulez vraiment savoir les raisons de ma venue alors que je pense avoir été plus que transparent… » Il attrapa son verre entre ses doigts et pris une gorgée. « J’ai effectivement fait enfermer le directeur de l’asile en l’aidant à sombrer dans une folie furieuse, les terreurs nocturnes et la paranoïa, c’est vraiment moche. » Il avait un ton ironique, il reposa son verre pour caler une cigarette entre ses lèvres et sorti son briquet de sa poche avant de remettre son bras derrière Rebecca.

« Je lui ai fait écrire une lettre comme quoi il me léguait le poste le temps de ses soins, ce serait vous prendre pour une abrutie de vous noter que je suis son psychiatre attitré. Ensuite, j’ai effectivement repris mes soi disant activités malsaines et tout ce passe très bien, néanmoins certains patients sont… moins solides que je ne le pensais malheureusement… » Oh, c’était juste une histoire d’un ou deux par semaine, rien de grave. « Et j’ai fait revenir quelques méthodes antiques de soins qui hélas sont aujourd’hui interdites, mais les résultats sont bluffants. » Sa voix était posée, comme s’il racontait une histoire, cependant il arrivait enfin à sa liste de demandes. « Et donc, comme je vous l’ai dit juste avant, j’ai besoin que tout ce qui se passe dans l’asile reste secret, si un ahuri ose ouvrir un dossier, porter plainte ou je ne sais quoi, il me faut la certitude que mes collègues et moi-même n’avions même pas à répondre au téléphone à ce sujet, nous sommes blancs comme neige, voyez-vous. » Ses doigts se replièrent sur l’épaule de la jeune femme tandis qu’il la regardait par dessus ses lunettes rondes. « Par ailleurs, j’ai un élément perturbateur dans mon établissement et, j’ai pensé qu’une fois la bête mise hors d’état de nuire, son post vous intéresserait peut-être, ce n’est pas tous les jours de la semaine mais, peut-être que cela coïnciderait avec vos heures. »

Il repend sa cigarette, presque en même temps que sa phrase. « Nous avons hélas un avocat qui traîne à l’asile au cas où les proches des patients souhaitent porter plainte pour je ne sais quelles sottises, pour l’instant il n’a encore rien fait mais vous voyez, je lui fais encore moins confiance qu’à vous. » Il se releva, reprenant son verre pour aller se poster à la fenêtre qu’il venait d’ouvrir et se posa sur le rebord. « N’essayez pas de m’agacer en me faisant croire que vous ne comprenez pas ce que je vous demande, vous n’y arriverez pas. Je suis de bonne humeur. » Il fit mine de trinquer de loin et ajouta d’un ton ironique : « Je vous offre le resto ou je ne sais quoi de ce que vous voulez si vous acceptez, à moins que… » Non. Elle n’était pas encore assez saoul pour saisir vos sous-entendus du type proposition de cours particulier d’anatomie, c’était un peu votre signature durant les soirées estudiantines.


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MessageSujet: Re: C'était une histoire d'affaire [PV Becky]   Mar 20 Sep - 23:38

Rebecca Albright

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Une Histoire d'Affaires


Le meilleur mensonge, c’était celui qui était le plus emprunt de vérité.

Ça semblait être une leçon que Crane avait retenu, parce que maintenant qu’il ne s’amusait plus à la mettre sur les nerfs elle pouvait se permettre d’analyser sa technique. Comme elle s’en était douté il avait pondu un mensonge tellement gros qu’il était impossible à avaler, puis il était rapidement passé à autre chose, donnant moult détails désagréables sur toutes ses petites histoires sordides, comme s’il espérait qu’elle soit trop choquée pour faire attention à ce qui n’allait pas. Bien mal lui en prit, elle se targua seulement d’un sardonique "Mettez leurs organes en bocal, la décoration sera dans le ton". C’était agaçant la façon dont il la prenait constamment pour une truffe mais dans un sens, se dit-elle, cela montrait la force des premières impressions. Lors de leur rencontre elle avait été très naïve et beaucoup trop réactive, alors c’était ça qu’il n’oublierait pas. L’image de l’assistante bégayante était imprimée dans sa mémoire comme sur du papier glacé.

Une autre leçon sur l’art et la manière du mensonge qu’il maîtrisait avec brio c’était l’exagération, ou dans un langage moins châtier ‘Plus c’est gros mieux ça passe’.

Mais au fil de l’expérience accumulée Rebecca s’était rendue compte que ce n’était pas vrai. Le meilleur mensonge c’était celui qu’on ne disait pas. On gardait un air neutre et on exposait le moins de faits possible, restant proche de la vérité et revêtant une réputation étudiée de personne peu loquace. Plus besoin d’inventer des sornettes qui ne tenaient pas, vos interlocuteurs s’en chargeraient pour vous. Et s’il s’avérait qu’ils avaient eu tord, c’était entièrement de leur faute pour s’être imaginé des châteaux en Espagne d’un peu de poudre de Perlimpinpin.

Sauf que tout ce beau raisonnement bien logique s’écroula sous le poids du bras de Crane, posé de façon faussement naturelle dans l’espace vitale de Becky, qui fit de son mieux pour ne pas se recroqueviller sur elle même, yeux vissés sur les tâches de rousseurs de ses genoux. Néanmoins elle ne pu retenir ni le sang qui explosa sur ses joues, ni la tension inratable de ses muscles.

Non, elle n’était toujours pas très douée en relations humaines.

Comment l’aurait-elle pu ? Ce n’était pas comme si elle s’était débauchée dans tous les bouis-bouis de la capitale entre temps. Elle commençait tout juste à aborder les petits contacts du quotidien grâce à la très tactile secrétaire du cabinet. Poser une main sur quelqu’un pour les calmer, exprimer son empathie, tapoter quelqu’un pour obtenir son attention, ce genre de choses. Le flirt, la séduction et toutes ces émotions que faisaient bouillonner les hormones frustrées de Rebbeca... Et bien disons que pour le moment ça n’avait pas été au programme.La jeune avocate fit très attention à son verre de vin, prenant de petites gorgées à chaque fois qu’elle sentait une pause venir pour ne pas avoir à prendre la parole. Il trouverait ça bien trop drôle de la voir réduite à l’état d’une collégienne bafouillant devant son professeur favori. Surtout qu’il était loin d’être sa personne favorite. Celle avec qui elle parlait le plus, peut être. Mais sa préférée certainement pas. La seule avec qui elle pouvait être à peu près honnête aussi.

Mon dieu, elle avait besoin d’une vie sociale.

Heureusement pour la pauvre rousse il fini enfin par s’éloigner, lui laissant pousser un léger soupir de soulagement, conscient que le répit ne serait que de courte durée. Crane savait que c’était son point faible, il ne passerait pas sur un moyen aussi simple de faire pression sur Becky. Mais à peine eut-elle le temps de souffler qu’il était reparti à l’attaque, laissant la fin de sa phrase ambiguë et légèrement menaçante. Entre l’alcool et la soudaine proximité de son vis à vis son cerveau était mit à rude épreuve mais elle tînt bon. Masque en place Rebecca lui répondit avec désinvolture, son lapsus et son ton pervers lui étant passé des kilomètres au dessus de la tête :

"Oh vous faîtes comme vous voulez"
puis elle ajouta avec une note de sarcasme "au moins j’aurais gagné un bureau. "

Maintenant il fallait trouver à toute vitesse un moyen de s’en sortir ‘blanc comme neige’ ou au moins un début de plan, parce que sinon il la transformerait en descente de lit. Elle commença lentement, laborieusement, articulant chaque mot pour se donner le temps de trouver une idée qui tienne la route.

"Ce qui pourrait être bien, et vous éviter pas mal d’ennuis, ça serait de changer la charte d’Arkham et tous les contrats de travail."
Elle fit un signe de main pour l’arrêter "Je sais, ça fait beaucoup de travail mais laissez moi finir. Vous faîtes des expériences que vous tenez à garder secrètes, soit.  Ces expériences sont très certainement illégales, soit. "

Ayant trouvé son filon, elle arrêta de broder et accéléra la cadence.

"Mais si vous inscrivez dans la charte d’Arkham que les patients subiront des traitements expérimentaux et que dans le but de ne pas avoir de problèmes d’espionnage de la part d’autres chercheurs ou compagnies privées, ceux ci ne peuvent être divulgués, et que vous le faîtes signer à tous les gardiens de vos patients et au juge qui s’occupe des patients d’Arkham vous serez tranquille. C’est plutôt commun dans les hôpitaux universitaires et au vu de vos résultats récents c’est tout à fait réalisable. "

Parce que oui, chevalier Becky avait fait ses devoirs et suivi l’actualité de l’asile puisqu’il lui avait fait entendre qu’il y retournerait. C’était comme ça qu’elle avait su qu’il avait rendu l’ancien directeur malade. Le reste n’était que pure spéculation à partir de ce qu’elle savait déjà de lui. C’était drôle dans un sens, qu’elle en sache plus sur le grand psychiatre qu’il n’en savait sur elle. Cela dit il ne semblait pas trop se fouler non plus. Ça aidait.

"Pensez juste à présenter un produit idiot comme, oh je ne sais pas moi, un antidépresseur à la fraise, puis vous faîtes comme les compagnie pharmaceutiques, vous changez très légèrement la formule tous les deux trois ans, ça montrera que vous faîtes des progrès et on ne vous enlèvera pas la licence de confidentialité. "

"Pour ce qui est de le mettre en œuvre ça sera fastidieux mais très facile, surtout en considérant que vous êtes le directeur d’Arkham. Vous le faîtes juste passer comme ça, comme un changement de clause de contrat pour vos employés. Ils seront alors obligés de signer ou vous pourrez les licencier pour faute. Le reste ça sera plus compliqué, mais faisable. Elle réfléchit un instant. Je pense que si vous écrivez" Et par vous, Becky entendait elle-même, parce qu’écrire des document légaux aussi délicats c’était un peu son travail "que s’ils ne signent pas vous ne serez pas en mesure de les traiter efficacement, et donc refusez de les prendre en charge par pur soucis de conscience professionnelle" Haha la bonne blague "ils signeront plutôt que d’avoir à se demander comment ils feront pour s’occuper des malades autrement. "

Elle fit une pause, essayant de voir s’il y avait des failles dans ce plan mijoté au vin. Mais elle n’en voyait pas pour le moment.

"Oui, ça devrait marcher. Je ne vous garanti pas que vous  n’allez pas perdre un ou deux patients et membres du personnel... Mais ce faisant, on ne pourra jamais, je dis bien jamais, utiliser ce qu’il se passe à l’asile contre vous, parce que non seulement toute preuve obtenue l’aura forcément été illégalement, ce qui comme vous le savez la rendra inutilisable, mais en plus vous aurez tous les papiers nécessaires pour prouver que vous aviez l’accord de la justice et des gardiens de vos patients. Vos expériences deviendront légales. Secrètes, mais légales. "

Ah si, ça y était, elle en voyait une. Ses trafics. Quoi que non, il ne lui avait pas dit qu’il trafiquait quoi que ce soit, il aurait tout aussi bien pu détourner des fonds  à l’asile et ça c’était prit en charge. S’il trafiquait effectivement des choses – ou qu’il forçait des patients à se prostituer, les Ophélias c’était toujours populaire- ça sortirait de l’asile et ça elle ne pouvait pas le cacher. Mais fort heureusement elle ne savait pas, il ne lui avait rien dit, alors s’il se faisait avoir ça serait de sa faute de ne lui avoir rien dit. Et de la faire travailler avec de l’alcool dans le sang. C’était Becky Albright son avocate, pas Hemmingway.

"Après on pourra toujours vous attraper pour ce que vous faîtes en dehors" l’avertit elle "mais à Arkham vous serez virtuellement intouchable."


Elle haussa les épaules et se tourna vers lui

"Ça fera déjà ça de moins. "


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MessageSujet: Re: C'était une histoire d'affaire [PV Becky]   Lun 26 Sep - 0:11

C'était une histoire d'affaires
Les organes dans un bocal ? Sur-fait. Jonathan préférait les livres, c’est plus mystérieux. Il se garda de lui répondre car il savait pertinemment que sa réponse n’allait pas être d’une utilité grandiose, puis, si elle acceptait de travailler pour lui elle verrait à quel point son bureau est d’une simplicité déconcertante. Des livres, des dossiers et c’est tout, pas de bébés découpés dans des bocaux, pas de taxidermie, rien, enfin rien de bien effrayant en soi qui laisse supposer que votre psychiatre est un terrible psychopathe qui ne souhaite que vous utiliser pour ses sombres recherches.

Posé ainsi sur le rebord de la fenêtre avec sa cigarette presque consumée entre ses doigts fins, Jonathan Crane n’avait pas vraiment l’apparence et l’allure d’un type qui pourrait atteindre à la vie de quelqu’un, il restait effrayant de par son physique de rat de bibliothèque, sa minceur et son regard presque toujours caché par les reflets dans ses lunettes rondes. Il avait surtout l’apparence de quelqu’un de mystérieux, qu’on ne sait pas où caser entre type peu sympa et type qui pourrait te flinguer si tu ne lui files pas du feu. Néanmoins il faisait des efforts pour Becky, déjà il lui avait dit bonjour en arrivant, il ne l’avait pas encore insultée et il se montrait même presque sympa au final et pour tout dire, Jonathan était à la limite lui-même choqué de son propre comportement, bien qu’il savait pertinemment que c’était pour avoir ce qu’il désirait, les efforts étaient là. Merci le saint sacro vin. Il alluma une seconde cigarette et rempli de nouveau son verre ainsi que celui de sa jeune amie avant de retourner se poster près de la fenêtre afin d’éviter d’étouffer son hôte afin de l’écouter. Elle était brillante, il se garda de l’interrompre pour le lui dire et continua de l’écouter. Visiblement elle s’y connaissait en magouilles, cela plu au professeur qui esquissait un sourire sinistre tout en jouant du bout des doigts avec sa cigarette qui semblait plus se consumer d’elle même que par lui, il était tellement intéressé par ce que lui disait Becky qu’il avait oublié ses besoins en nicotine. Et c’était un fait rare, en général il fait parti de ce genre de personne impossible à intéresser, il s’ennuie en deux secondes d’une conversation et à vrai dire, les rares discussions qui le passionnait vraiment ces derniers temps, c’était ses consultations.

Quand enfin la jeune avocate eu fini de parler, le psychiatre ne perdit pas une seconde et retourna se poser près d’elle, reposant son bras autour de ses épaules, premièrement parce que à ce moment même il lui aurait bien jeté des fleurs mais aussi parce qu’il avait tout particulièrement remarqué ses joues devenir aussi rouges qu’un feu de signalisation et son allure de lycéenne en plein émoi. Mais surtout parce qu’elle avait eu l’air de la personne la plus gênée du monde et que, faire tout ce que les gens n’aiment pas, le professeur a-do-rait le leur faire subir. Question de principe quand on est un pseudo-sociopathe qui se respecte.

Tout en prenant son air de dandy extrêmement intéressé et fasciné par les paroles de la rouquine, Jonathan plongea son regard dans celui de Rebecca, la fixant avec son regard aussi doux que mauvais. « C’est fou comme vous me fascinez. » Fini t-il par dire avec la voix la plus posée qu’il soit « Je finirai presque par dire que je vous aime bien et dire sincèrement que je suis désolé de vous ennuyer en pleine nuit. » Presque. Il fallait beaucoup d’efforts pour être dignement respecté par le Docteur Crane et, Rebecca gagnait un considération, elle pouvait au moins s’en réjouir. Un peu. Car ça tenait du miracle à la Vierge en pleurs et multiples guérisons des lépreux par le Pape.

Sans attendre, le psychiatre rempli les verres de sa main libre et tape doucement son verre contre celui de la jeune avocate « Vous êtes embauchée et, j’espère que grâce à votre paie sûrement plus intéressante que l’autre vous investirez dans un plus joli peignoir. » Toujours avec le sourire, ça passe nettement mieux. « J’avoue être peu qualifié pour tous les papiers dont vous avez parlé, j’avoue que si vous m’aidiez à m’en occuper, vous me verrez fort heureux. » Et il fallait dire que l’alcool le rendait nettement plus agréable et sociable, il espérait juste que Becky le suive car devenir jovial tout seul, c’était un coup à le retrouver ivre à faire un cours de psychologie aux prostituées du coin ou encore à s’attaquer à des enfants juste par pure méchanceté. Il valait donc mieux pour le reste de l’humanité que sa jeune amie se détende, avant qu’il s’ennuie et qu’il reparte bouteille en main.

Visiblement légèrement allumé, le modeste psychiatre prend ses aises et, son bras toujours dans le dos de la jeune lady, s’étale un peu plus. « Vraiment, ça m’ennuie de vous voir dans un endroit pareil alors que vous êtes si brillante et, sachez-le, ce n’est ni l’alcool ni l’intérêt qui parle pour une fois. » Le regard fixe sur la tapisserie dégueulasse des années soixante dix, les mèches tombantes sur le nez, Jonathan prend un air las, à la fin de cette soirée il allait certainement retourner plancher sur ses recherches à l’asile jusqu’au petit matin, quand la fatigue le frappera et que l’appel du café se fera ressentir, ainsi il se jugera d’avoir été en pleine nuit boire en douce compagnie et finira par conclure que tout cela était finalement de la faute de Miss Albright.

« Dites-moi Rebecca, je me trouve fort dépourvu de vous avoir ennuyé et d’avoir été légèrement peu aimable lors de notre dernière rencontre, mais vous l’avez cherché en me cachant que vous étiez quelqu’un d’intéressant. » Non, Jonathan Crane ne devient pas doux comme un agneau vers une heure du mat’ et six heures, il faisait des efforts dont il ne se rendait certainement pas compte même s’il le pensait vraiment, mais jamais ô grand jamais il irait jeter des fleurs à quelqu’un et s’excuser de son mauvais comportement, il ne le ferait même pas en phase terminale. Il finit enfin par recroiser le regard de la rouquine et esquisse un sourire en coin, sur un ton amusé il lui dit « Allez Becky, laissez-moi donc vous emmener célébrer votre nouvel emploi, les bars sont encore ouverts et je n’ai vraiment pas envie de vous lâcher si tôt. » Son sourire mesquin ne décollait pas de son visage, au-delà de la pure sympathie se cachait une envie profonde de l’ennuyer, mais également de toujours la tester. Elle semblait en bien piteux état, un état parfait pour voir ses limites.

 
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MessageSujet: Re: C'était une histoire d'affaire [PV Becky]   Sam 1 Oct - 0:44

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Il y a des moments dans la vie où vient le temps de prendre des décisions importantes. De faire des choix déterminants pour l’avenir d’un individu, qui se répercuteront sur chaque facette de sa vie, en bien ou en mal. Ce soir, Rebecca se voyait proposer un travail en temps que conseillère judiciaire pour un criminel influent qui avait déjà réussi à échapper à la prison et comptait bien continuer sur cette voie là. Si elle disait oui, elle gagnerait en influence et serait grassement rétribuée pour ses efforts, certes, mais elle serait fichée par la police et la mafia pour le restant de ses jours. Si elle disait non après être allée aussi loin pour lui venir en aide, le Docteur ne lui laisserait aucun répit jusqu’à ce qu’elle accepte, ce qui la forcerait à en venir à des mesures extrêmes.

Sauf que Becky ne s’en rendit pas compte parce qu’elle était juste trop bourrée pour réfléchir.

C’était logique, elle n’avait après tout jamais été une grosse fêtarde. En faculté alors que tous ses pairs pouvaient se permettre de faire la fête puisque leurs parents payaient tous leurs frais, la pauvre Becky -dans tous les sens du termes- avait du enchaîner les petits boulots désagréables et s’astreindre à garder ses notes assez hautes pour ne pas perdre le peu de bourses qu’elle avait. Ca n’avait pas été une mince affaire que de jongler avec le paradoxe qu’était la vie étudiante : Rebecca avait besoin d’un travail pour payer pour son éducation mais n’avait pas assez de temps pour son éducation à cause de son travail. C’était un vrai casse-tête, de quoi en devenir chèvre. Au final elle avait réussi à obtenir son master, mais pour cela elle avait du sacrifier sa santé mentale et physique, son sommeil ainsi que sa vie sociale. Non pas qu’elle en avait eu une au départ mais bon.

Pour en revenir à l’état de la jeune avocate, celle ci avait été très atteinte par le vin blanc de son pseudo invité. Le vin n’était pas fort, bien au contraire, mais Becky ne tenait pas très bien l’alcool, les derniers événements l’avaient laissée amoindrie et il n’était jamais une bonne idée de mélanger des médicaments avec des boissons alcoolisées. Le fait que Crane ne cesse de la resservir quand elle ne le faisait pas d’elle même n’arrangeait en rien la situation. Avec la plus mauvaise foi du monde, Rebecca conclurait donc plus tard que tout ce qui s’était passé pendant la nuit était entièrement de sa faute à lui, ignorant royalement ses souvenirs, qui eux disaient clairement que dès lors que le Docteur avait repassé son bras autour de ses épaules elle avait vidé son verre d’une traite. La descente s’était accompagnée d’une pensée défaitiste, quelque chose comme ‘les jeux sont faits, rien ne va plus’. A ce moment précis, elle se rendit compte qu’elle était trop ivre pour gérer une situation aussi critique et jeta l’éponge, s’abandonnant à son verre que Crane avait gracieusement rempli en disant qu’elle était fascinante.

Son cerveau était un peu assoupi, mais pas assez pour que la vielle fille aigrie et cynique que Rebecca était devenue au fil des années ne se rende pas compte qu’il la manipulait de façon grossière. Il ne la touchait que parce que ça l’embarrassait, ce sale rat, et ne la complimentait que pour qu’elle fasse tout le sale boulot pour lui, il le lui dit  sans la moindre subtilité deux phrases plus tard. Sauf que c’était ennuyeux d’être une éclopée réaliste, maigrelette avec des cheveux affreux et des compétences sociales qui font fuir les gens. C’était même triste comme train de vie. Alors si pour une fois elle se laissait aller contre le bras de Crane en prenant les compliments sans rien dire et bien tant pis. Becky avait vingt cinq ans, pas cinquante. Pour une fois dans sa vie elle était tombée sur un type assez dingue, désespéré ou roublard pour la courtiser. L’occasion n’avait aucune chance de se représenter alors elle continuerait de rougir en hochant la tête à tout ce qu’il pouvait bien déblatérer parce que... Parce que merde.

Oui elle était désespérée à ce point. C’en était enfin arrivé là.

Cette réalisation lui fit reprendre une gorgée de vin.

Voilà.

Merde.

Le visage constellé de tâches de rousseurs de Becky se releva vers celui de Crane quand il lui proposa de célébrer son emploi. Après une bonne seconde le reste de la phrase remonta jusqu’au cerveau et elle respira. Non, il ne voulait pas célébrer son nouvel emploi par une activité non spécifiée au préalable et probablement criminelle, il voulait juste la traîner dans un bar pour boire encore plus. Ses sourcils se froncèrent légèrement. Voulait-elle vraiment que son état empire ? Pour le moment, remarqua-t-elle, Rebecca était encore capable de se rendre compte quand quelque chose de problématique ou de potentiellement dangereux était sur le point de se produire.  Perdre cette faculté en présence de Crane ne lui semblait pas un très bon choix pour ce qui était de sa survie à long terme. D’un autre côté il le prenait toujours très mal quand elle l’envoyait sur les roses et cela faisait une éternité qu’elle n’avait pas passé une soirée dans un bar. Non en fait elle ne l’avait jamais fait. Son expérience des nuits Gothamites se résumait à la destruction de cadavres et à une fois en fac où elle avait sortit sa colocataire ivre morte d’un boui-boui infâme.

Et puis encore une fois, merde. Si elle n’en profitait pas maintenant ça n’arriverait jamais et elle finirait étouffé sous ses trente cinq chats. Ou chiens. Plutôt des chiens en fait. Enfin elle finirait comme ça quand même, mais elle pourrait dire fièrement qu’on l’avait draguée une fois. Et oui ça comptait même s’il était aussi sincère qu’une convention d’arracheurs de dents. Tout à fait messieurs dames.

"Vous savez quoi ? "
Dit elle résolument "Normalement je vous aurai envoyé paître, mais bougez pas je vais me changer."

Sur ces bonnes paroles chevalier Becky, pucelle des Narrows, maître de la sacro-sainte canne, se dressa sur ses jambes maigres de serin pour aller chercher sa robe noire dans sa chambre et son unique tube de rouge à lèvres coincé quelque part sous des piles de dossiers à classer. Ses cheveux étant une cause perdue pour les âges, Rebecca se contenta de les mouiller pour leur faire perdre du volume et de les asperger de parfum. A cause de sa jambe elle n’avait pas le droit aux talons alors elle se contenta de ses ballerines de travail. Apercevant son reflet dans le miroir, Rebecca hésita. La petite robe noire c’était un classique, censée être adaptée à toutes les situations, mettant tout le monde en valeur. Sauf que sur elle c’était à la fois trop large, parce qu’elle n’avait rien d’autre que des os à montrer, et trop court, laissant voir ses baguettes et ses genoux pleins de tâches. Admirez le sex appeal.

Ne perdant pas de temps elle reparu moins de cinq minutes plus tard, se sentant absolument ridicule dans cette tenue, mais ne se départit pas de son aplomb. Elle haussa les épaules d’un air défaitiste mais déterminé.

"J’espère que ça ira parce que je n’ai rien de mieux."


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MessageSujet: Re: C'était une histoire d'affaire [PV Becky]   Dim 9 Oct - 0:29

C'était une histoire d'affaires
Poser des questions à une seule condition : qu’on dise ce qu’il vous plaît. Au final, le terrible psychiatre savait déjà qu’elle allait dire oui, mais certainement pas à ce que soit si rapide. Il pensait qu’elle l’aurait insulté de tous les noms d’oiseaux qui lui serait passé par la tête puis, après quelques verres de plus, elle aurait bégayé un oui incompréhensible et dès aussitôt, le professeur l’aurait traînée là où bon lui semblait. C’était presque des questions de rhétorique, il pouvait faire questions et réponses mais, cette fois Rebecca l’étonnait. Oh mais il ne s’affolait pas, il n’attendait rien de cette soirée, il voulait juste comme on dit dans le jargon : la bouffer. Puis, ils allaient travailler ensembles, il valait mieux qu’ils se supportent un minimum et, il y avait ce petit côté tordu que Jonathan voulait découvrir en Becky. Après tout, comment une jeune étudiante en droit pouvait avoir si peu de scrupules pour négocier avec un criminel comme lui ? Il ne se considérait pas comme tel, certes, mais il savait que tout ce qu’il faisait avec elle n’était jamais légal.

Cendrillon fila dans son peignoir affreux, Jonathan soupira. Il le lui empruntera durant ses expériences, il en était sûr : ce truc devait être encore plus pratique que le masque. D’ailleurs, il s’étonna de ne pas être terré dans les sous-sols ou dans un grenier en train de torturer quelqu’un, enfin, excusez le terme qui s’avère inapproprié, en train de faire des expériences. Il faisait presque quelque chose de normal -si on retire le côté manipulation et tests- disons que ce sera son petit lobby du mois, il avait le droit à quelques écarts, un peu comme quand était gentil avec ses patients. C’était un écart. Alors que le psychiatre s’étirait tout en laissant la cendre de sa cigarette tomber sur le sol, la jeune Becky apparue dans un apparat nettement plus intéressant que le pilou, le docteur plissa les yeux pour mieux la voir sans même bouger, pas mal. Même si Jonathan n’était pas vraiment un obsédé des femmes et qu’il ne les traquaient pas chaque soir pour avoir sa dose de compagnie féminine, il appréciait les voir bien apprêtées. Puis bon, Becky avait le mérite d’être rousse, un talent inné, une classe à l’état pure, ne savait-elle donc pas qu’elle était une élue ? Jeunesse infâme qui n’est pas consciente de ce qu’elle possède. Le docteur laissa passer cette erreur et se leva, se postant à côté de Rebecca. « Allons ma chère, tu seras toujours plus ravissante à l’instant que quand je devrais te tenir les cheveux quand tu iras vomir. » Clin d’œil discret. Une vieille habitude qui datait des cours de faculté. Le psychiatre laissa sortir Becky la première, il la suivait puis réussit à l’avoir juste à côté de lui, il releva la tête ainsi que ses lunettes de son index avant d’affronter le froid de la nuit à Gotham.

A cette heure-ci et dans ce quartier, les personnes qui déambulaient dans les rues n’avaient rien de banales, c’était soit des criminels dissimulés sous un masque grotesque de personne normale, soit des mafieux qui faisaient les rondes, épiant les moindres événements dans leurs quartiers, soit des petits dealeurs planqués dans les recoins sombres des ruelles puantes. Jonathan Crane, lui, était un mélange de tout cela, un sombre criminel sans éthique, un grand maquereau qui surveille sa petite victime favorite et enfin, un dealeur qui essayait à tout prie de vendre à cette pauvre Rebecca qu’il ne voulait que son bien. Pâles mensonges qui faisaient rire intérieur le psychiatre caché dans son grand manteau et ses cheveux tombants, le regard vicelard planqué derrière ses lunettes rondes. Son désir était de ne faire qu’une bouchée de cette petite gamine, qu’elle croit au minimum qu’il lui voulait que des bonnes choses afin qu’il puisse lui faire faire ce qu’il voulait.

Ses raisonnements se faisaient de plus en plus macabres, quand il n’était pas question de mort, c’était une histoire de manipulation. Le soucis ? Rebecca était intelligente. Très intelligente. Elle ne se laissait pas avoir facilement et bizarrement, ce côté plaisait terriblement au grand docteur qui ouvrait enfin la porte d’un bar, laissant sa jeune compagne entrer en première. Sa faiblesse était là et Jonathan lui mettait le nez dedans. Rebecca était blasée de tout. Aucun espoir en rien, que de désillusion. Ca allait être long, mais Jonathan savait qu’il pourrait en faire son joujou favori, mais l’heure n’était pas à ça, il glissa quelques pièces au barman fatigué, il était l’heure de faire les amis compréhensifs, de faire le confident… mais ce n’était pas qu’un rôle, il voulait réellement savoir pourquoi la rouquine était dans un été aussi piteux.

« Prenez ce que vous voulez, c’est offert par la maison. » Commence le psychiatre en esquissant un sourire «  Vous semblez en avoir besoin, ce serai hypocrite de vous dire que vous avez un teint de princesse Becky, au contraire, vous semblez désespérément fatiguée ou… vidée. » Non non, il ne jouait pas le psy’, ce genre de questions il ne les posaient qu’à la première consultation et ensuite, fini les gentillesses. Le barman planta les verres en face de deux clients.

« Est-ce votre métier qui vous tue ainsi à la tâche ou.. vous êtes une adepte des soirées folles ? » Sûrement dût à l’alcool, Jonathan imaginait déjà Becky beugler des ‘apéros’ nue sur un comptoir devant une foule d’étudiants en délire qui jubilait devant un spectacle aussi fascinant. Allons, il avait été professeur dans une université durant… combien ? Trois, quatre ans ? Il connaissait ces petites choses et, Becky était jeune, sûrement encore de les folies estudiantines.  Cependant, il espérait que ce ne soit pas juste ça, il voulait en savoir plus sur cette personnalité qu’il ne connaissait pas, afin de mieux la briser.

 
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laquelle a pour type cette dualité qui ressort de la matière et de la lumière,
manifestée par l’ombre et la solidité. Il y a un silence à double face, — mer et rivage, — corps et âme.
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MessageSujet: Re: C'était une histoire d'affaire [PV Becky]   Jeu 13 Oct - 19:15

Rebecca Albright

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Une Histoire d'Affaires


Installée au fin fond d’un tripot mal famé d’un quartier D’Otisburg, commandant avec l’assurance de l’ivrogne une paire de vodkas, chevalier Becky la Brillante (à cause de son nom de famille m’voyez?) était à des lieux de son royaume. Enfin si on pouvait le qualifier de royaume, il n’y avait qu’un seul sujet et c’était son chien Trevor, Peut être devrait elle adopter d’autres petits chiens ? Ca serait marrant de se faire une armée de bâtards et de les lancer contre l’armée de matous de sa vieille voisine en une bataille pour la domination de l’étage. Pas très fin, mais ça pourrait l’occuper les jours de pluie. Après il faudrait bien les dresser, parce que déjà que Trevor était un roquet dissident, qu’est-ce que ce serait s’il y en avait plus. Ils entreraient en rébellion en moins de deux, dévoreraient toutes les croquettes et quand il n’en resteraient plus ils se tourneraient vers leur maîtresse, yeux luisants de malice, avant de se jeter sur elle toute gueule ouverte,  mettant ainsi fin au règne de Rebecca Première, reine d’un deux pièces miteux, d’une canne et d’une montagne de papiers.

En fait un seul chien c’était très bien.

C’est sur ces considération hautement philosophiques que Becky Bourrée prit le verre de vodka que lui tendit un barman fort sympathique -parce qu’après quelques verres quand quelqu’un vous donne à boire  cette personne devient très sympathique- et le descendit en un coup comme elle avait vu des méchants russes le faire dans les films de la Guerre Froide avec lesquels elle avait grandi. Elle ne pu réprimer le grand frisson qui la parcouru de part en part, se pliant en deux jusqu’à ce que son front touche la surface du bar. Ceci dit elle ne toussa pas et ne s’étouffa pas non plus. Honnêtement ce n’était pas terrible, on aurait dit du désinfectant. D’après ce qu’en disaient ses anciens camarades de faculté la jeune avocate s’était attendu à quelque chose de bien plus savoureux. Un peu comme le vin blanc en fait, pourquoi est-ce qu’ils l’avaient laissé chez elle au fait ? … Elle ne savait plus. Ça ne devait pas être très important, se dit-elle en se rabattant sur le deuxième verre de vodka, qu’elle avait à l’origine commandé pour son compagnon de beuverie, mais l’avait ensuite oublié.

En parlant de Crane, il semblerait que seul un taux exceptionnel (pour Becky) d’alcool dans le sang pouvait le rendre aimable. Dans le sang de Becky, pas le sang de Crane, il faut suivre enfin voyons. Sa remarque dégradante de tout à l’heure sur son apparence avait fait mouche, la jeune femme refusa de le regarder pendant la moitié du trajet en se demandant si ça avait été une bonne idée d’accepter son invitation (absolument pas). Mais une fois que son métabolisme eut fini d’assimiler l’alcool qu’elle avait consommé ces inquiétudes partirent par la fenêtre, remplacées par une humeur guillerette fonctionnant à l’ethyl. Aussi peu dans son élément qu’un poisson qu’on sortirait de l’eau, elle se sentait pourtant parfaitement à l’aise au milieu des piliers de bars, sous l’œil vigilant d’un homme qui cherchait à la percer à jour.

En parlant de Crane justement il allait vite découvrir que s’il voulait découvrir tous ses secrets, lui donner du vin n’était pas la meilleure des méthodes. Car voyez vous, sur l’éventail des réactions causées par l’alcool, de la tristesse à la témérité en passant par delirium tremens, Becky se situait plutôt du côté des joyeux ivrognes inoffensifs qui hurlaient en fin de soirée le genre de chanson insupportable dont le refrain vous restera dans la tête jusqu’à la fin des temps. Spécimen très commun, il se trouve partout, tout le temps, et est toujours aussi irresponsable. Consommant généralement des quantités d’alcool dangereuses pour la santé afin d’oublier son quotidien misérable, contrairement à l’ivrogne du désespoir qui vous abrutira avec ses jérémiades, l’ivrognus joyous ignorera vos questions sur les problèmes qu’il rencontre dans sa vie, changera de sujet, ou vous répondra en minimisant tout ce qui se passe. Une dépression nerveuse deviendra alors ‘un p’tit coup d’mou’ ou un divorce ‘ j’en trouv’rais une auuuuuuutre !’.

C’est donc dans la veine de cette grande part de la culture de l’ancien monde qu’est l’alcool que Rebecca ne lui répondit pas lorsqu’il sembla s’inquiéter pour sa santé mentale, sirotant plutôt son verre, mais explosa en un rire quasi hystérique quand il suggéra qu’elle était une habituée des soirée étudiantes. Mais si lui la voyait danser nue sur un bar, elle même se voyait plutôt avec son peignoir en pilou et ses mules en forme de vaches, dansant la tektonik avec sa canne au milieu d’une boite branchée. L’image la faisait tellement rire qu’elle se plia en deux jusqu’à poser sa tête sur le comptoir. Elle finit par se redresser, à bout de souffle, se tournant vers Crane avec des larmes coulant le long de ses joues.

"Crane"
commença-t-elle en les essuyant "Mettons les choses au clair, parce que ça devient ridicule : Je ne fantasmais pas sur mon patron. Je ne fantasme pas sur le viol. Je ne fantasme sur rien du tout." Elle fit une pause, le regardant droit dans les yeux "Je suis juste vierge."

Et, trouvant visiblement cette phrase extrêmement drôle, elle partit à nouveau dans un fou rire.

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MessageSujet: Re: C'était une histoire d'affaire [PV Becky]   Ven 14 Oct - 23:50

C'était une histoire d'affaires
Le psychiatre admirait avec un certain dégoût la descente des plus étonnantes de la jeune rouquine qui était à ses côtés, il ne savait pas vraiment s’il devait la félicité -c’était ce que pensait son côté légèrement échauffé par l’alcool qui le rendait des plus jovial et amical- ou au contraire continuer à la regarder un sourcil relevé entre étonnement et effroi. Il n’eut même pas le temps de prendre le verre qui lui était destiné que Rebecca le lui avait volé, c’est ainsi qu’en une micro seconde l’envie d’être sympathique avec elle se coupa, puis il se rappela ses véritables volontés et se contenta de soupirer et de commander un nouveau verre qu’il attrapa entre ses doigts fins.

Alors qu’il portait le verre à ses lèvres toujours avec une élégance déconcertante à l’anglaise, le pauvre psychiatre ne pu que s’étouffer dans son whisky quand soudain, la jeune souillon qui lui tenait compagnie se mis à rire comme une ahurie. Il éclaboussa ses lunettes et pris son petit chiffon placé dans la poche de sa chemise pour les essuyer tout en jurant et écoutant d’une oreille Rebecca rire et finalement prendre parole. A peine eut-il le temps de repositionner ses lunettes sur son nez et son verre entre ses lèvres que les paroles de la jeune femme lui firent de nouveau cracher son verre, éclaboussant encore ses lunettes, manquant de le tuer d’avoir pris la tasse au whisky. Il retint sa respiration et cligna nerveusement des yeux, pensant qu’il n’avait pas bien compris, il croisa le regard dépourvu d'intelligence de Becky et la dernière phrase de la pseudo-avocate sonna comme le summum de l’incompréhension dans la tête du professeur. Tandis qu’elle sombra dans un fou-rire digne d’une gamine de six ans, Jonathan lui capta cette révélation d’une autre manière. Il était légèrement éméché, en compagnie d’une fille que sans ses lunettes il ne distinguait pas tellement -qui était donc potentiellement attirante- et en plus qui hurlait qu’elle était vierge.

Rien que d’y penser, il conclu que ces conneries ne sont définitivement plus de son âge.

Puis il lance un regard intéressé à Rebecca. Il était d’humeur tout particulièrement joueuse ce soir là, déjà il s’était pointé chez elle au plein milieu de la nuit alors qu’il aurait très bien pu envoyer quelques brutes lui tirer les cheveux, mais il aimait négocier et mettre la pression en face à face. Seulement il ne pensait pas que la soirée partirait dans ce sens. Il soupira. Puis, comme rapidement happé par son naturel mauvais et malsain, le professeur posa son regard sur Rebecca non sans arrière-pensées. Un nouveau moyen de pression qui se présentait ? Une nouvelle information peu ragoutante à garder en tête au cas où elle joue au plus malin dans le futur ? Une invitation à jouer un peu ? Le psychiatre resta silencieux, terminant enfin son verre commandé depuis bien trop longtemps pour finalement le laisser à l’abandon. Puis, sûrement dans la volonté de calmer les ardeurs de l'adolescente pré-pubère, il posa sa main sur la cuisse de la jeune femme, soupire et glisse de nouveau son bras derrière ses épaules. « Je comprends donc mieux pourquoi vous passer au rouge tomate dès que je m’approche de vous, il fallait me prévenir que ça réveillait vos hormones de petite fille. » Finit-il par conclure, un rictus des plus narquois sur les lèvres. Aux yeux du professeur, Rebecca était une gamine, elle avait combien… dix ans de moins que lui ? Et encore, elle semblait avoir seize ans. Même si les idées du psychiatre étaient bien sombres quant à ses projets pour s’attaquer à la jeune femme, c’était une chose qui le rebutait. Mais n’était-elle pas majeur ? Ce fût aussi facilement que le professeur balaya son semblant d’éthique et de sympathie, l’alcool le rendait plus sournoi et beaucoup moins délicat qu’à la normale, il était d’un naturel bien élevé et plein de bonnes manières, mais avec quelques verres, il était vaincu, les gants en dentelle et le petit doigt relevé pour tenir la tasse de thé, on oublie tout de suite.

A peine fit-il sa remarque que le barman lui fit les gros yeux, son regard se planta sur Becky qui braillait comme une vache à l’agonie, visiblement ce dernier semblait légèrement dérangé par une jeune femme frêle qui hurle qu’elle est vierge dans un bar rempli de mec tous aussi baraqués les uns que les autres. Il marquait un point, Jonathan lui-même n’avait pas envie de défendre la petite avocate au cas où l’un s’entiche d’elle. Il paya les boissons ainsi qu’une autre bouteille qu’il colla entre les mains de la rouquine et la tira par la bretelle de robe vers l’extérieur. « Le barman ne fantasme pas sur le viol dans son bar lui non plus. » Le psychiatre se pose finalement contre le mur de la ruelle d’à côté, suivant du regard Becky afin de surveiller qu’elle n’aille pas se casser la gueule ou encore dormir dans une poubelle. Là non plus il n’irait pas la sauver.

Tout en allumant son énième cigarette de la soirée, le professeur attrapa Rebecca par le bras pour la caser le plus près de lui, n’hésitant pas à lui souffler la fumée dans les naseaux. « Restez donc là, je n’ai pas envie de vous courir après dans tout Gotham surtout avec votre état. Ca m’ennuierait que votre première fois soit faite avec des dealeurs derrière deux poubelles, j’arriverai même pas à me moquer de vous. » Siffla t-il tout en esquissant un sourire mesquin. Puis, alors qu’il défiait Becky de lui répondre de la façon aussi désabusée qu’elle l’avait fait plus tôt dans la soirée, Jonathan ne pu s’empêcher de se poster face à elle, la forçant à rester dos au mur face à lui, elle ne pouvait pas fuir, mais de toute façon vu son état, si elle courait elle finissait la tête fusionnée dans le bitume.

Enclin à lui parler, le terrible psychiatre colla sa cigarette à peine entamée entre les dents de Becky et s’approcha légèrement, glissant son souffle dans son cou pour murmurer : « Je crains qu’il ne va falloir que je vous raccompagne chez vous, vous voilà en bien piteux état, moi qui vous pensait Sainte nitouche, je m’avoue battu. » Ses doigts glissaient accidentellement le long de ses hanches inexistantes pour finalement les caser dans la poche de son manteau. « A moins que vous ayez envie de marcher à la solitaire sous le Lune en réinventant le monde ? Ça m’ennuierait de savoir qu’un taxi vous a percuté et que vous avez finie bouffée par les chats errants du coin. » Il s’approcha encore un peu plus, le sourire mauvais qu’on détecte à des kilomètres plaqué sur le visage. « Puis, je suis peiné que vous n’ayez pas répondu à mes questions, Becky. Je m’inquiète pour vous, vous savez.» Broderies de mensonges, il y avait le droit, elle était complètement saoul et surtout elle allait perdre le fil de la conversation tellement il parlait, c’était le but, l’embrouiller. Ce soir Rebecca était sa proie et, il ne comptait pas la lâcher si facilement.


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MessageSujet: Re: C'était une histoire d'affaire [PV Becky]   Sam 15 Oct - 18:51

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De toute sa vie, Rebecca s’était rarement sentie aussi bien. En fait, elle était presque sure qu’entre l’enfance désagréable, les années d’université épuisantes et son entrée dans le monde du travail traumatisante, elle ne s’était jamais sentie aussi bien tout court. Après tout il y avait de quoi. Déjà elle venait de se trouver un travail qui, espérons le, paierait assez pour qu’elle puisse quitter les Narrows. Ensuite, sa patte folle se rétablissait à un rythme lui permettant de ne plus utiliser sa canne que sporadiquement, ou pour se protéger. Peut être même qu’elle pourrait recommencer à faire du jogging d’ici quelques mois. Enfin, pour la toute première fois elle faisait quelque chose de ridiculement commun. Au lieu de plancher sur ses cours ou sur un cas ennuyeux elle prenait un verre avec une connaissance. En ce moment elle se pensait encore jeune, relativement intelligente, un peu ivre et tellement, merveilleusement normale. Quand Crane posa la main sur sa cuisse, elle fut assez confiante et désinhibée pour croiser immédiatement les jambes, délogeant l’appendice sans se préoccuper des conséquences. Le bras dans son dos elle pouvait supporter, le reste non et de toute façon elle n’avait pas à le faire.

Soudainement Crane la tira hors de son tabouret de bar, lui faisant lâcher son deuxième verre de vodka encore à moitié remplit. Elle éclata de rire en entendant sa pique, qu’elle pensait être une blague. Pourquoi est-ce que ça aurait été autre chose ? Ils passaient un moment agréable selon Becky, alors il n’y avait pas de raison que cela change. Néanmoins elle tapota maladroitement son poignet alors qu’il prenait la bretelle de sa robe pour la guider à l’extérieur, comme une laisse. Parce que mince, les laisses c’était pour Trevor et le reste de l’armée qui ne verrait pas le jour. On n’utilise pas une laisse sur une jeune fille à moins qu’on ne soit un type très bizarre ou une gouvernante au XVIIème.

La plaisante sensation de chaleur qu’elle ressentait grâce à l’alcool la quitta dès lors qu’ils eurent mit les pieds en dehors du bar. Elle riait encore, même si elle avait froid et qu’elle se faisait traîner comme une poupée désarticulée dans une ruelle sombre. Mais son gloussement guilleret de fillette se fana en un rire nerveux lorsqu’elle entendit son autre pique. C’était beaucoup plus dur de confondre une référence à un viol pour une petite boutade entre amis. Pressée de force contre le Bon Docteur elle commençait à ne pas se sentir très bien et ça n’avait rien à voir avec le vin ou la vodka. Son malaise s’intensifia quand il lui souffla du tabac à la figure, un geste définitivement agressif et volontairement désagréable. La jeune avocate balbutia quelque chose en toussant mais même elle n’aurait pas été capable de savoir ce qu’elle avait marmonné.

Faisant un pas en arrière elle parvint à s’éloigner un peu de Crane, ce qu’elle souhaitait ardemment faire à l’instant pour une raison qu’elle n’arrivait pas tout à fait à articuler. Il faisait froid. Rebecca était glacée et sa robe glissait mais elle continuait d’échapper de petits rires gênés de temps en temps, presque contre son gré. Peut être était-ce inconsciemment pour détendre l’atmosphère et faire marche arrière, retourner au moment où tout allait bien. Quoi qu’il en soit, ça ne marchait pas du tout. Désorientée, elle finit beaucoup trop près du docteur sans vraiment comprendre comment elle avait pu arriver là, avec une cigarette entre les lèvres qui la fit tousser de plus belle. Le docteur ne sembla pas se formaliser qu’elle ait craché son ‘cadeau’ sur le sol. Il continuait à lui barrer la route en murmurant des choses à la fois menaçantes et dégradantes dans son oreille. Si son but avait été de faire que Becky arrête de rire, c’était réussi, elle était bien trop mal à l’aise pour ça désormais. En fait, elle avait assez peur. La bouteille qu’il lui avait fourrée entre les mains roula sur le sol quand elle la lâcha pour poser ses mains à plat contre Crane, tentant vainement de le faire reculer, mais réussi seulement à ce que son dos heurte le mur. Elle ne comprenait pas comment ils en étaient arrivés là mais la situation ne lui plaisait plus du tout.

Heureusement pour elle le froid et la peur lui apportèrent le peu de clarté dont elle avait tant besoin. Le mur derrière elle était vieux et endommagé, comme tous ceux du quartier. Becky pu agripper la manche de Crane et se presser contre le crépis friable, glissant hors de son influence directe, laissant le béton à nu derrière elle. Aussitôt fait elle lâcha sa manche comme si elle s’était brûlée et recula de quelques pas maladroits, loin de lui et du bar. Le clignotement des néons lui donnait un halo rouge, presque diabolique et enfin son cerveau, poussé par son instinct de survie, décida qu’il serait peut être temps de se remettre au boulot. L’homme qu’elle avait devant elle n’était pas le Docteur un peu véreux qui était venu chez elle pour avoir des conseils légaux en la traitant avec un minimum de politesse. C’était au contraire le meurtrier incapable de remords qui l’avait attachée à une table d’opération et menacée de mort au moindre signe de rébellion. Et summum de l’intelligence elle s’était laissée droguée et embarquée dans une ruelle sombre d’un des pires quartier de Gotham. Avec de l’alcool. Le résultat était le même, il y avait un assassin en face d’elle, un cadavre derrière la porte et il dansait la salsa du démon, jambes d’un côté torse de l’autre.

Rebecca secoua la tête et se passa les mains sur le visage, se promettant mentalement de ne plus jamais mélanger alcool et médicaments. Ça se finissait avec des liaisons dangereuses comme ça, où elle était clairement en position de faiblesse et même pas assez éveillée pour faire un plaidoyer à peu près correct. En plus, sa frayeur devait être visible comme le nez au milieu de la figure, ce qui n’était jamais une bonne chose avec Crane. Elle remonta sa bretelle et serra les bras sur ses côtes en regardant ailleurs. Ce n’était pas exactement une bonne stratégie de survie que de perdre de vue son plus gros prédateur potentiel mais le regarder ne lui donnait pas exactement confiance en elle. Mais elle comprit finalement que c’était une mauvaise idée et releva les yeux vers lui, prête à bondir.

"Je suis désolée pour... Ca. Je veux dire, je nous ai fait sortir du bar non ? "

Ça n’avait aucune importance, elle serait mortifiée plus tard. Pour le moment il fallait qu’elle se sorte de ce pétrin.

"Je vous assure je voulais pas vous... Vous faire honte ou flirter ou quoi que ce soit c’est juste que ça semblait drôle à ce moment là."

Elle se coupa avant de continuer sur cette lancée, tentant de centrer son discours sur ce qui était plus important tout en reculant discrètement, ou du moins le plus discrètement possible vu son état.

"Je dois aller travailler. Non, je veux dire- Enfin si, je travaille à huit heure je dois rentrer pour dormir avant, c’est ce que je veux dire. Désolée."

Effectivement, elle regrettait amèrement la décision débile qu’elle avait prit tantôt quand elle s’était dit que c’était une bonne idée de suivre un type aussi dangereux au milieu de la nuit sur un coup de tête. A chaque fois qu’ils se rencontraient la rousse finissait dans un était pire que la dernière fois. On pourrait penser qu’elle apprendrait à la longue mais NOOOON. Il fallait qu’elle réessaye pour voir.

"Je suis désolée pour ça, oui je l’ai déjà dit mais, vraiment, je suis désolée."

Pourtant Rebecca savait qu’elle ferait mieux de garder ses distances le plus possible. Pourquoi ? Oh peut être parce que c’était un connard meurtrier qui ne verrait aucun problème à se débarrasser d’elle en un battement de cils quand il ne prenait pas plaisir à se moquer d’elle. Ce n’était pas comme si elle n’était pas au courant, elle était carrément complice ! Et curieusement elle ne pensait pas que ça ralentirait Crane ou qu’elle y gagnait de la valeur à ses yeux. Tout ce que ça faisait, c’était que si elle devenait trop ennuyeuse elle serait un témoin potentiel et donc une cible à abattre le plus vite possible.

"Donc... Je crois que je vais y aller donc, euhm. Bonsoir ?"

Et puis mince. C’était un client, pas une copine de faculté. On ne boit jamais avec un client et on ne va surtout pas prendre un verre avec en tête à tête. Un minimum de professionnalisme enfin.


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MessageSujet: Re: C'était une histoire d'affaire [PV Becky]   Sam 15 Oct - 21:52

C'était une histoire d'affaires
Dès aussitôt, le psychiatre détecta le malaise de Rebecca et bizarrement ça l’avait tout de suite calmé. Il se laissa faire quand elle le vira ne prenant même pas la peine de soupirer. Il avait merdé, s’était légèrement mal comporté avec elle alors qu’elle l’avait plutôt bien aidé, mais bon. Il lui avait quand même payé des verres. Même si le terrible professeur était un psychopathe né, il restait un fond de sympathie du gars timide et bienveillant de ses débuts. Car oui, avant le Docteur Crane, bourreau des plus faibles, homme violent et tyrannique qui ne ressentait rien face à une mort sauvage, se délectant de la torture et de la souffrance il y avait un jeune homme dynamique et dévoué à son métier qui espérait bien devenir un grand psychiatre de renom. Ça avait duré un an. Cette même année il était devenu professeur à l’université de Gotham, plein de bonnes volontés. Mais rapidement il avait été ré-attaqué par son passé, il avait perdu foi en l’humanité entière, perdu toute volonté de faire bien. C’est ainsi que ses expériences tournèrent vers l’illégal, que toutes ses consultations n’étaient que jeu de torture psychologique et joute verbale d’insultes finement glissées dont le seul but était de détruire l’interlocuteur. Et oui, personne ne le savait, personne ne s’en souvenait, mais Jonathan Crane n’a pas toujours été un odieux grand con.

Mais ça, lui même n’en parlera jamais, avoir l’air faible ? Jamais. Autant mourir. Cependant il ne pouvait pas trahir sa vraie nature et, même s’il avait vraiment envie d’envoyer Becky sur les roses alors qu’elle fuyait comme une gamine effrayée et la laisser rentrer seule dans l’un des quartiers les plus mal fréquentés de la ville, le psychiatre se retint de partir le sourire mauvais aux lèvres en lui souhaitant le pire. C’était peut-être parce qu’il avait fait l’effort avec sa patiente Amerlyllian d’être gentil et que cela s’était soldé par un lien fort qu’il fit marche arrière alors qu’il commençait déjà à changer de direction.

Il se posta à ses côtés alors qu’elle reprenait la route, il senti le regard de la rouquine et elle commença à parler. Le psychiatre fit pour une fois l’effort de l’écouter, il s’arrêta en même temps qu’elle et suivait ses moindres faits et gestes. La soirée avait plutôt bien commencé pensa t-il, mais c’était sa faute à elle, il n’allait tout de même pas la laisser hurler dans un bar qu’elle est pure comme une nonne dans un quartier aussi mal fréquenté… et final qu’est-ce qu’il y gagnait ? Des désolés et des adieux piteux. Il ne fallait pas s’énerver. Surtout pas. Mais c’était dur, le professeur passa sa main dans ses cheveux en bataille, profita que l’avocate continuait de parler pour enfin nettoyer ses lunettes qui ne lui permettait plus de voir les choses claires. Quand enfin la jeune femme eu finit, il l’attrapa en douceur par le poignet avant qu’elle ne parte puis la relâcha dès aussitôt, qu’elle n’aille pas ENCORE l’accuser d’être un violent goujat qui lui veut tout le mal du monde, non cette fois-ci, il joua la carte de la sincérité, lâchant un instant son masque de grand méchant loup.

« Attendez.» Reprit-il en paraissant légèrement gêné. « Arrêtez juste une seconde de vous excuser, vous me donnez mal au crane. » Première tentative de sympathie ? Râtée. Il soupira et reprit sur un ton plus neutre qu’habituellement. « Je n’aurais pas dût vous inviter ici, je savais très bien que c’était un endroit mal fréquenté et, j’aurais dût voir que vous étiez sous traitement. Enfin, j’aurais dût faire attention quoi. » On ne pouvait pas faire plus gêné que Jonathan à ce moment là, il n’arrivait même pas à la regarder droit dans les yeux, il divaguait. « Écoutez, Rebecca je.. » il marqua un temps de pose, cherchant ses mots, il pu enfin croiser le regard de la jeune femme « Je suis désolé, voilà. Je suis un odieux enfoiré avec vous depuis qu’on se connaît, je sais que j’ai jouer la carte de la pression sur vous, que c’est sûrement pour ça que vous m’avez sorti de prison et non pas parce que vous croyez en moi ou encore parce que vous me trouvez sympa. » C’est vrai qu’on sortirait plus le Joker que lui de prison, lui au moins il faisait des blagues drôles. « Je vous dois au moins un minimum de respect pour ça, puis pour ce que vous m’avez conseillé ce soir, je vous dois beaucoup finalement et pour l’instant je vous ai juste offert de nombreuses frayeurs et certes… un meilleur salaire. » Il n’en pouvait plus, c’était tellement peu naturel pour lui d’être ainsi sincère face à quelqu’un qu’il connaissait peu.

« Écoutez, laissez-moi juste vous raccompagner, non pas pour vous ennuyez comme à mon habitude mais juste parce que ça m’ennuierait vraiment qu’on vous… »
Retrouve découpée en treize morceaux. Ce fût difficile mais le psychiatre réussi à ce que ces mots ne passent pas la barrière de ses lèvres. « Enfin qu’il vous arrive quelque chose quoi. Je sais que je suis la personne qui vous rassure le moins mais malheureusement je suis le seul présent. » Ça ne se voyait pas, mais c’était une bataille terrible pour le docteur d’être ainsi amical, surtout avec elle avec qui il s’était montré toujours plus mauvais.

« Oh et par pitié. » Reprend t-il d’un air désabusé. « Prenez mon manteau, vous me donnez plus froid que la nuit elle-même. »

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MessageSujet: Re: C'était une histoire d'affaire [PV Becky]   Dim 16 Oct - 21:02

Rebecca Albright

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L’espace d’un instant Rebecca Albright regarda Crane bouche bée, complètement abasourdie par ce qu’il était en train de lui dire. La jeune avocate parvint à garder un minimum de décorum et quand il se retourna vers elle, sa bouche se ferma si vite qu’elle entendit ses dents claquer. A ce niveau là, c’était soit delirium tremens, soit la quatrième dimension. Il ne manquait plus que le vieux générique au synthé et la voix grave du commentateur.

A sa décharge, en un an de... Réunions impromptues, sporadiques et désagréables, il ne l’avait pas habituée à ce genre de discours. Non, Crane c’était le type qui ne pouvait pas passer vingt minutes montre en main sans lui envoyer une vacherie à la figure, lui répétait qu’elle était pitoyable, une insupportable miss Je-Sais-Tout, Sainte Nitouche, pauvre petite chose, menteuse, gamine coincée, empotée, fillette, petite fille et n’oublions pas l’hypocrite : criminelle sans cœur. Quand aux menaces, il y en avait eu tellement qu’elle pourrait presque en faire un livre : Les Milles et Unes Morts de Rebecca Albright par le Docteur Jonathan Crane ( PH.D). Ça se vendrait très bien chez les amateurs de gore. Mais heureusement sa mémoire (et l’alcool) lui faisait grâce de la liste complète pour le moment. Par contre elle se souvenait toujours clairement de toutes les fois où il avait eu l’air d’être sur le point de la tuer.

Dans ces conditions il était compréhensible que cela lui semble si étrange qu’il l’arrête délicatement, ce qui n’avait pas empêché la rousse de sursauter en pensant que son heure était venue, et se mette à -oserait elle utiliser ce mot ?- S’excuser .

C’était si peu naturel qu’elle en aurait presque eu des frissons. Limite elle avait envie de prendre ses jambes à son cou, mais hélas ses muscles étaient trop atrophiés pour mener cette entreprise à bien et de toute façon celles de Crane étaient bien trop longues pour qu’elle puisse espérer le distancer. Elle resta donc plantée comme un piquet, se demandant ce qu’il préparait ou si quelque chose allait lui exploser à la figure tandis qu’il présentait ses excuses pour son comportement exécrable. Sérieusement, oui. Elle avait du mal à y croire mais après tout ce qu’il lui avait fait, moins de deux minutes après l’avoir encore insultée et lui avoir soufflé sa cigarette dans le nez, Crane s’excusait. Pire, il la remerciait ! Ah non, non non, il ne remerciait pas, il reconnaissait juste qu’il lui en devait une. C’était … sympathique... mais le connaissant il n’allait pas régler ses dettes alors elle pu retenir les spasmes. Il reconnaissait aussi qu’il lui devait un tant soit peu de respect vu tout ce qu’elle avait fait pour sauver sa peau en risquant la sienne, mais comme Becky était toujours désespérément à la recherche du respect de la part de tout le monde, elle ne releva pas non plus. Trop irréaliste, même pour une hallucination. Mais... Mais peut être que ce n’était pas une hallucination ? Que Crane était vraiment en train de lui dire ça ? Peut être...

Qu’il était bourré comme un gros sac ?

Ca expliquerait. Ou pas, la perte des inhibitions transformait plutôt les gens en chacals. La pauvre Rebecca, ivre qu’elle était, n’arrivait pas du tout à comprendre pourquoi il se mettait à lui dire des choses pareilles. Elle aurait presque préféré qu’il continue de lui dire des horreurs, au moins ça c’était pas dépaysant.

"Crane..."

Ne sachant que lui répondre elle gesticula maladroitement ses bras, comme si elle voulait à la fois hausser les épaules et prendre le ciel/lui/la rue à témoin. Puis elle soupira et les laissa tomber sur ses côtés.

"Comme vous voulez ? "

Elle accepta avec une touche de méfiance le manteau qui lui avait été proposé parce qu’on ne contrarie pas un psychopathe, mais évita de croiser son regard une fois l’avoir mit.Les manches étaient beaucoup trop grandes pour Rebecca et avaient dévoré ses mains, qu’elle serrait entre elles à travers le tissus. De façon générale, Becky respirait la confiance en soi, la tête baissée, marchant à côté du Docteur en tentant d’ignorer le silence pesant qui s’était formé après ses paroles. C’était profondément embarrassant.

Est-ce que c’était une invitation à parler ou est-ce qu’il valait mieux ne rien dire et que ce souvenir disparaisse dans les limbes de leur mémoire ? Peut être, mais ce silence devenait vraiment étouffant. S’il elle parlait allait-il la couper avec un regard noir ? Au pire elle n’aurait qu’à pas le regarder. Mais s’il tentait de l’étrangler et qu’elle ne le voyait pas ? Et bien, s’il tentait de l’étrangler ce n’était pas avec ses membres de poulet rachitique qu’elle pourrait y faire quoi que ce soit. Elle prit une profonde inspiration et commença laborieusement, chaque mot sortant difficilement de sa bouche.

"Très honnêtement Crane... Je vous ai pas fait sortir parce que vous faisiez pression sur moi, je vous ai fait sortir parce que votre votre enfermement c’était contre le... " Il y avait un terme pour ça elle en était sûre, mais pour le moment elle était incapable de se le rappeler" Enfin c’était pas légal. "

Que d’éloquence. Elle ne voyait pas son visage mais il devait être profondément impressionné.

"Et je croyais en vous." Notez l’usage du passé." M’enfin ça, ça n’a pas pas grand chose à voir, se dépêcha-t-elle d’ajouter à mi voix."

Par contre non, Rebecca était loin, mais alors très loin de trouver Crane sympa. Les tactiques d’intimidation à répétition ça avait cet effet là sur les gens. Mais elle resterait loin de ce sujet là. S’il pouvait faire un effort et rester poli, elle ferait de même. Comme elle était encore en vie, la jeune femme jeta un petit coup d’œil vers ses mains pour vérifier qu’elles ne se dirigeaient pas vers son cou avant de continuer avec quelque chose de bien plus houleux qu’elle n’aurait jamais abordé si elle avait été sobre.

"Juste comme ça... Comment vous avez su pour mon traitement?"

Ayant dit cela elle se frappa tout de suite le front avec la paume de sa main pour avoir posé une question aussi stupide. Ses médicaments traînaient à côté du micro onde. Ils n’étaient même pas cachés, il avait du les voir en passant. Ou peut être pas ? Il n’avait pas fait de remarque jusque là -et son discours indiquait qu’il n’avait pas su avant mais ça elle ne s’en était pas rendue compte- et c’aurait été son genre de prendre la première occasion possible pour lui rappeler qu’il avait dit dès leur première rencontre qu’elle finirait morte dans sa salle de bain en avalant ses pilules. Frottant son visage, elle vit l’intérieur de sa manche et comprit aussitôt.

"Ah ça ! "S’exclama-t-elle en pointant la cicatrice blanche qui courait le long de son avant bras." Ah non ! Non non non non non ! C’est pas ça ! C’est pas un suicide- Enfin tentative- Enfin j’ai rien fait ! Enfin si mais c’était pas profond ! C’était juste pour-"

Cacher un symbole cabalistique tracé par un zombie la marquant comme damnée.
Rebecca marqua une pause.

Peut être qu’elle allait se taire. Peut être. Éventuellement. Avant qu’il ne la pense bonne à enfermer.

"C’est compliqué. J’ai des clients spéciaux. C’est pas important."

Tournant la tête vers l’angle de la rue, elle chercha un autre sujet de conversation mais son cerveau alcoolisé ne semblait pas vouloir fournir.

"Sinon..."

Non, rien. Becky ne finit donc pas sa phrase puisqu’elle n’avait rien à mettre derrière.

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MessageSujet: Re: C'était une histoire d'affaire [PV Becky]   Lun 17 Oct - 11:56

C'était une histoire d'affaires
Pour tout dire, Jonathan regrettait déjà d’avoir laisser parler son ténébreux et bien enfoui côté humain qu’il s’efforçait tous les jours à enterrer un peu plus. Une sage décision avait-il pensé ce jour où il passa les portes de l’asile après une nuit de recherches frénétiques et de gribouillages incompréhensibles résultat d’une écriture de médecin et de gaucher contrarié. Ce jour là, Jonathan Crane avait décidé de porter le masque de la terreur, une envie mortifère de n’être qu’un chercheur. Point à la ligne. Oublier tout sentiment, oublier tout regret, tout ce qui pourrait le freiner, c’est ainsi que le docteur appliqua à la lettre ce que son défunt père lui avait enseigné. On aurait pu dire que c’était son passé qui l’avait rendu aussi aigri, peu amical, d’un naturel introverti et peu social, un tant soit peu psychopathe et toujours à la recherche d’écraser son prochain, mais non. Aux yeux du professeur le passé était le passé et, même s’il appliquait lui-même la théorie comme quoi on devient se qu’on est suite à des événements de notre enfance, il ne souhaitait pas relier ce qu’il était avec ce qui s’était passé. D’ailleurs, il n’avait jamais parlé de son passé à personne, c’était un néant pour tout ceux qui le connaissait de près ou de loin. Jonathan Crane était un homme mystérieux dont on ne sait rien, il maîtrise tout ce qui se dit de lui et choisi ce qu’il laisse passer. Non, s’il était aussi odieux c’était seulement par choix et naturellement, il n’aimait pas les autres simplement parce qu’ils étaient cons, qu’il ne pouvait pas leur faire confiance et sentait un puissant besoin de les anéantir parce qu’ils étaient faibles et surtout, qu’à ses yeux ils ne valaient rien. Ils n’étaient rien d’autre que de potentiel cobayes. Il n’aimait pas tisser des liens, Amerlyllian fût un cas à part simplement parce que elle-même était un cas spécial, cependant il ne pensait pas avoir l’envie de faire de même avec Rebecca, et elle non plus. Mais peut-être que ? Ils étaient tous les deux aussi cynique l’un que l’autre et bizarrement, Jonathan sentait qu’ils pourraient s’entendre.

Mais, il n’irait pas aussi loin avec elle qu’avec sa jeune amie vampire, il n’irait certainement pas se confier à elle, partager des secrets et encore moins… oh non. Il avait l’image en tête, il ferma les yeux et soupira un coup. C’était trop pour un seul homme, en pleine nuit, un peu éméché. Il ne s’était déjà pas remis d’avoir embrassé sa patiente alors avec l’avocate… nerveusement il recommença à nettoyer ses lunettes avec son carreau de soie et retrouva son faciès habituel, légèrement perdu dans ses mèches de cheveux sauvages.
Voyant que la rouquine semblait un peu en panique, le psychiatre arqua un sourcil, comme il voulait ? Ne lui en voulait-elle pas parce qu’il lui imposait des choses ? Elle était vraiment bizarre, mais il se tût. S’en suit un silence lourd et agaçant, le professeur ne cherche même pas à croiser le regard de la jeune femme, il ne savait pas trop quoi faire, jusqu’à ce qu’elle reprenne parole. Des paroles qui ne laissèrent pas le docteur indifférent, il resta muet, jusqu’à ce qu’elle évoque son traitement.

« Je suis méd… » Voulut-il dire d’un ton sarcastique, mais il n’eut pas le temps de finir sa phrase que Rebecca affichait une violente entaille au poignet. Oh non. Une suicidaire. Il en voyait défiler tous les jours à l’asile et n’en pouvait vraiment plus, une vraie overdose. Des clients spéciaux ? Depuis quand les avocats faisaient dans le sado-masochisme ? Le professeur ravala sa salive et se trouva légèrement ébeté.

« Attendez. » Reprit-il en stoppant la marche de Rebecca en posant sa main sur son épaule. « Il faut vraiment que vous trouviez un juste milieu, soit vous ne parlez pas assez soit vous parler trop. » Puis il se rappela qu’il voulait se montrer courtois avec elle, alors il tenta de se rattraper. « Enfin, je veux dire que j’ai un peu du mal à vous suivre. » Il leva son index, reprenant ses mimiques de professeur d’université du siècle dernier en posant les thèses, antithèses et tout le tralala sans intérêt. « Pourquoi m’avoir fait sortir de prison, enfin, je veux dire, en quoi croiyez-vous en moi ? » C’était vraiment le style de choses qu’on ne disait jamais en parlant du docteur Crane, alors oui, il était un peu intrigué. « Enfin, je veux dire à part durant des conférences ou encore des cours ou… par bouche à oreilles, je ne vois pas où et quand on a pu vous parler de ma façon de travailler. » Il leva son majeur, pour énumérer le deuxième point, changeant de conversation au même rythme que Rebecca. « Je suis médecin je vous rappelle, même psychiatre et même un grand connaisseur en chimie et tout ce qui se fait dans le domaine, donc oui, je détecte rapidement quelqu’un qui prend soigneusement ses petits cachets pour mieux dormir le soir. » S’il y avait au moins une chose sur laquelle il était strict, c’était la prise de traitement de ses patients et en terme de médicaments il y connaissait un rayon. « Puis bon, vos cachets par centaine dans la cuisine quand vous m’avez dit d’aller chercher les verres… même un aveugle les auraient vus. » C’était son côté observateur voyons.

« Néanmoins je ne vous pensais pas au bout du rouleau au point de mettre fin à vos jours… » Reprend le psychiatre sur un ton un peu plus inquiet. «… je peux vous conseiller des confrères si vous avez… besoin de… parler ? » Les suicides ce n’était tellement pas sa came, il n’avait pas cette chose qu’était l’empathie que nécessitait sûrement quelqu’un de suicidaire, c’était un fait, on était pas tous doué d’un talent inné pour aider et sauver son prochain. « Je ne vais pas vous mentir, mais je ne suis vraiment pas très doué contre ce genre de pathologie. » Rebecca ne devait certainement pas s’imaginer la difficulté pour le professeur d’être ainsi courtois et plutôt amical depuis presque une dizaine de minutes, il était vraiment au bord de la crise de nerfs, mais il gérait. « Mais si c’est à cause de vos… clients ? Je croyais vous avoir appris la technique contre les personnes un poil agaçante ? » Il ne pût s’en empêcher, faisant directement allusion à feu Crowe qui reposait dans une belle urne en or plaqué. Paix à son âme. « Enfin, je veux dire que vous ne devriez pas vous laisser ainsi malmener. » Jonathan Crane, LA personne la mieux placée pour conseiller les petites victimes. Lui même retint un fou-rire tellement sa phrase ne lui allait pas. Il marqua une pause.

« Je sais. Je suis le mal placé pour vous parler de ça et je ne suis vraiment pas crédible. »
Il soupire et jette finalement son dévolu sur une énième cigarette qu’il tire de sa poche de pantalon, ainsi que son briquet avec une mine décrépit. Un peu comme quand le grand méchant des Disney réalise qu’il n’est vraiment pas doué pour les relations amicales.  
 
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laquelle a pour type cette dualité qui ressort de la matière et de la lumière,
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MessageSujet: Re: C'était une histoire d'affaire [PV Becky]   Lun 17 Oct - 17:23

Rebecca Albright

L'Epouvantail

Une Histoire d'Affaires


Ah bah bravo, elle qui avait voulu détendre l’atmosphère et éviter les discussions qui fâchent, voilà qu’elle était rentrée en plein dedans. Rebecca devait maintenant se débrouiller avec non pas un, mais deux sujets horriblement délicats que même sobre elle aurait hésité à aborder. Mais après tout n’était-ce pas cela la beauté de l’alcool ? Désinhiber les gens pour leur permettre de faire d’énormes conneries qui pourraient ruiner leur vie ? Une Becky légèrement plus censée aurait pesé le pour et le contre, tenté focaliser l’attention de son interlocuteur sur quelque chose d’autre ou elle aurait au moins fait un petit plouf plouf mental entre les deux. Celle là resta coincée sur le dernier sujet abordé, ouvrant et fermant la bouche sans savoir par où commencer.

Mais même dans cet état il n’était pas question qu’elle commence à parler surnaturel avec Crane. Elle même avait  très mal prit la révélation et était restée cynique jusqu’au bout, même après avoir vu les morceaux du cadavre de son client se recoller tous seuls. Elle doutait qu’il fasse mieux. Sans preuve, il risquait surtout de la jeter dans un coin sombre de son asile et de la bourrer de médicaments. Et puis il y avait aussi le fait qu’il se démenait pour être agréable, ayant même tenté un geste apaisant... Parce qu’il pensait qu’elle avait envie de se tuer. Oui, non, elle n’en était quand même pas à ce point. Mais pour le coup son peu de connaissance sur les relations sociales lui disait qu’il fallait qu’elle fasse un geste en retour. Elle n’allait tout de même pas lui tapoter l’épaule aussi vu la différence de taille, au mieux ça serait bizarre.

Sans réfléchir elle se mit sur la pointe des pieds, prit son menton entre ses mains et tourna un peu sa tête pour l’embrasser sur la joue. C’était rapide, moins de cinq secondes, pas trop intrusif et c’était quelque chose qu’elle avait déjà fait donc il ne devrait pas être trop choqué. D’ailleurs est-ce qu’il s’était jamais rendu compte qu’il était allé intimider la juge avec une belle marque de rouge sur la pommette ? Bien que drôle, Rebecca chassa l’image mentale et, revenant sur terre, tenta maladroitement de s’expliquer.

"C’est très... C’est gentil de votre part " Dire ce mot en parlant de Crane lui semblait être un monstrueux oxymore mais elle n’avait pas mieux à disposition pour le moment "Mais vraiment ça va. J’ai pas tenté de me suicider, j’ai juste eu un problème avec un client. Ex-client en fait."

Elle se pinça l’arête du nez en cherchant un moyen de lui expliquer toute cette sombre affaire sans qu’il ne soit tenté de la ramener au travail.

"Bon" reprit-elle difficilement." Vous avez vu je manque d’argent, d’accord ? Donc j’ai pris un cas commis d’office au tribunal et on m’a attribué Dragan Siragu."

Qui devait forcément être dans ses dossiers à lui quelque part parce qu’avant d’aller le voir à Arkham elle avait rempli un papier pour demander une évaluation psychiatrique. Après... Et bien après elle n’avait pas donné suite parce que ça ne pourrait plus lui servir à grand chose.

"Donc je suis allée le voir à Arkham, comme pour vous, sauf que Siragu était complètement malade."


Puis elle décida qu’il valait mieux éclaircir avant qu’il ne pense que c’était une insulte contre lui.

"Il découpait des gens en morceaux pour des rituels pseudo-sataniques pour une espèce de bestiole qui était son dieu ou je ne sais quoi. A partir d’un moment je ne faisais plus très attention à ce qu’il disait. Elle soupira. Enfin bref, j’ai tenté de jouer le jeu pour le calmer, mais ça allait trop loin, il a tenté de me sacrifier, je l’ai coupé en deux et j’ai mis le feu à son immeuble. Voilà."


Enfin le coup de l’incendie c’était la faute de Constantine, et c’était probablement involontaire.

De préférence elle ne lui en aurait pas parlé, mais c’était moins bizarre de lui avouer un meurtre que de le voir être sympathique. En fait parler meurtre avec lui semblait trop naturel et devrait normalement la mettre mal à l’aise mais bon. Passons. Se frottant la nuque en regardant ailleurs, gênée, elle essaya de se souvenir du deuxième sujet de conversation. Est-ce que c’était la raison pour laquelle elle l’avait sortit de prison ? Non, ça elle n’allait pas revenir dessus, elle lui avait déjà expliqué en long en large et en travers à de nombreuses reprises. S’il n’y croyait toujours pas c’était son problème à lui. En plus elle ne se souvenait plus des termes techniques à employer donc ça n’était juste pas possible. Ah oui, il voulait savoir pourquoi elle croyait en lui. Comme si c’était simple à expliquer tiens. C’était du fonctionnement du cerveau alcoolisé de Becky qu’on parlait là, autrement plus difficile à comprendre qu’une recette de nouilles. Et elle même ne le comprenait qu’une fois sur deux. Citant sans le savoir le Roi d’Alice au Pays des Merveilles, elle se dit que dans ces cas là il valait mieux commencer par le commencement et continuer jusqu’à la fin.

"Pour le reste, ce qu’il faut que vous sachiez" commença-t-elle lentement, consciente que cette information n’allait pas lui plaire "C’est que Talkem, Steelem & Runne compose des dossiers sur tout le monde, tout le monde dans les cas vous voyez ? Sur les témoins, les avocats, les employés et... Oui, il y en avait aussi un sur vous et j’ai tout lu. Pas que je voulais, je vous connaissais pas" s’empressa-t-elle d’ajouter "Mais ça fait partie de mon travail. Je lis et je résume pour mon patron. Je ne sais pas qui fait ces dossiers mais il sont très, très complets."

Remplis d’information extrêmement personnelles qu’il ne voudrait absolument pas qu’elle sache mais qu’elle avait apprit avant même de le rencontrer. Tout ce qui avait pu un jour être inscrit dans un papier administratif, de son poids à la naissance au rapport de police détaillant les circonstances de la mort de son père, elle l’avait lu et résumé pour Crowe.  Et il risquait de vouloir l’étrangler en apprenant que Rebecca en savait autant sur lui, ce dont elle ne se rendit compte que trop tard. Si elle ne l’avait pas divulgué plus tôt c’était parce que non seulement elle avait signé une clause de confidentialité mais aussi parce qu’elle aurait préféré garder sa tête sur ses épaules.

"J’ai lu ça, j’ai lu tous les rapports de police, les rapports des témoins à Arkham avant qu’on les menace et qu’on s’en débarrasse, les quelques preuves que des personnes avaient trouvé, les photos des cadavres et... Comment dire... Et bien grosso modo même si ça avait pas été mon travail j’aurais quand même voulu vous faire sortir. Pas parce que je vous pensais particulièrement altruiste ou n’importe quoi mais..." Elle se frotta le visage... "Vous étiez à Arkham, et au lieu de laisser tomber, de juste... Donner une ribambelle de pilules et de faire des dessins sur votre calepin... Vous avez continué. Peut être pas de façon très très légale, ou alors on ne se serait pas connus, et franchement je saurais pas dire si votre but c’était de guérir vos patients... Mais vous avez continué à essayer de faire quelque chose et ça je respecte. Maintenant..."

Ses mains passèrent de son visage à sa nuque et elle tourna les yeux vers la lumière vacillante du lampadaire au dessus d’eux.

"Maintenant je saurais pas dire si j’ai parié sur le bon cheval ou non. Pas que je vous traite de cheval- Oh zut, vous m’avez comprise. Je veux dire, je suis bien consciente que vous faites pas mal de choses qui sont … moralement pas géniales... voire immorales...auxquelles je suis complice... et que les thérapies à Arkham ne se font pas à coups de câlins et de bonbons tout roses mais ça marche. Au moins vous en faites beaucoup plus que les autres pour vos patients, pour l’asile et pour votre profession aussi, j’imagine. Parce que vous vous êtes pas laissé... bouffer par l’inertie. Et que je pense pas que ça arrive avant très longtemps."

Il y avait certainement beaucoup d’autres choses à dire sur le sujet, mais Rebecca était déjà sur les nerfs d’avoir du dire quelque chose de ce genre là et, franchement, elle ne trouvait plus les mots.

"Ça ne veut pas dire que … Oh écoutez Crane, si vous voulez tout un argumentaire philosophique sur le pourquoi du comment rappelez moi dans une semaine le temps que j’y pense. Je ne sais plus ou j’en suis. Et je suis ivre. Ça aide pas. "

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MessageSujet: Re: C'était une histoire d'affaire [PV Becky]   Jeu 27 Oct - 0:52

C'était une histoire d'affaires
Vous voyez la crise d’apoplexie ? Bien. L’AVC ? La crise cardiaque ? Eh bien si vous ne voyez pas, c’est totalement ce que vit le grand, le sinistre, le lugubre professeur Crane à cet instant même où une jeune avocate éméchée et suicidaire lui prit le menton pour coller ses lèvres sur sa joue. Il eut un blanc. Le pur le vrai. Puis il avait ravalé sa salive frémissant tellement c’était bizarre. Jamais ô grand jamais il s’y habituerait, en même temps, c’était seulement la deuxième fois et les contacts humains du genre, il commençait vraiment à oublier. On ne reparlera pas de ses conquêtes inutiles, de sa petite amie suicidaire et de ses talents pour être le parfait gentleman auprès d’une dame. Alors oui, se voir embrasser la joue par une fille qu’il n’arrivait toujours pas à cerner c’était bizarre, surtout une fille qu’il avait salement martyrisé il y a encore quelques heures.

Un peu plus et il bégayait et s’en était fini de sa réputation, il était bon pour la pendaison. La seule solution qu’il trouva pour remédier à sa gêne se fût de ne rien dire, rien faire, de rester stoïque et de regarder droit devant lui. Il reprit sa respiration et passa sa main dans ses cheveux. Une chose de faite, qu’elle ne s’y habitue pas car lui, il aura toujours cette même réaction et il n’aimait vraiment pas ça. C’était ce petit côté encore peu rongé par les ronces de la psychopathie et autres fantasmes morbides qui faisait que le psychiatre était encore un peu lucide. Certes, il y avait une grande part de lui qui portait un intérêt tout particulier à la mort et la torture, la peur et la souffrance qui faisait qu’il n’était vraiment plus tout clean. Mais d’un autre côté, il avait encore ce léger bout d’humain qui, il le savait pertinemment, n’attendait qu’un claquement de doigt pour disparaître. Car oui, bizarrement Jonathan était conscient que ses jours n’allaient pas vers la joie et le bonheur suprême, ou du moins qu’il ne filait pas vers une vie des plus simples et des plus saines. En quelques mois il avait plongé dans la torture de masse, avait commis un petit attentat qu’il trouvait aujourd’hui trop soft, l’obsession toujours plus grande pour admirer des patients céder à la peur, voir la mort comme un artiste qui admire sa dernière toile. Il avait également plongé dans la drogue, sans pour autant y toucher, mais ce n’était qu’une histoire de temps. Il le savait.

C’était étrange, il n’était qu’une bombe à retardement. Il en étant étrangement conscient. C’était sûrement en prévision de ses futurs péripéties funestes qu’il avait pensé que lier une relation plus saine avec Rebecca était une idée plutôt bonne, tant qu’elle pouvait couvrir ses petites affaires aussi longtemps que possible, ça lui allait. Il soupira, penser au futur était vraiment une chose qu’il n’aimait pas faire, il reporta son attention sur la jeune femme qui était partie dans des explications bien trop compliquées pour que le psychiatre ose l’interrompre. Il se massa les tempes et fronça les sourcils.

Dragan Siragu ? Ça lui disait vaguement quelque chose, s’il devait se rappeler de tous les patients qu’il voyait, tout ceux mentionné dans des papiers, il y passerait même ses rares moments de vie normale. Et ça, il y tenait encore même pour un fétichiste du travail comme lui. Cependant il se demandait de plus en plus vers où elle allait et, il ne s’attendait certainement pas à ça. La sacrifier ? Elle était donc vraiment vierge ? L’idée lui était revenue, l’alcool lui faisait un peu perdre la mémoire. Il cligna nerveusement des yeux, témoignant de sa totale incompréhension.

« Et dire que vous me trouvez bizarre. » Finit-il par placer entre deux explications, toujours en avançant en direction de l’admirable demeure de l’avocate. Puis vint le moment qui aurait pu transformer le pseudo aimable professeur Crane en Jack l’Éventreur, elle savait des choses sur lui. Oui mais quoi ? Il fronça de nouveau les sourcils, plissant les paupières pour savoir où elle voulait en venir. Car oui, souvent ceux qui en apprennent trop sur lui finisse mort, aux cochons ou à l’asile (au dernier étage biensûr, là où personne ne passe) simplement parce qu’il ne tolérait pas qu’on sache des éléments capables de le toucher. Il avait réussi jusque là à préserver cette zone sombre de lui-même, ne parlant jamais de son passé, de ce qui l’intéressait, le touchait ou pourrait simplement lui nuire. Ainsi, il lança un regard mauvais à Becky jusqu’à ce qu’elle passe à autre chose. Bah, elle avait de la chance qu’il soit encore un peu éméché, mais il s’en souviendra, il sera juste moins sympa la prochaine fois qu’ils arborderont ce sujet. En fait, il se trouva bien plus intrigué par ce qu’elle raconta ensuite, il n’avait rien lâché, nia nia nia. Si elle savait, pensait-il.

« Vous savez, c’est ce que je voulais que les gens pensent de moi quand j’ai commencé ma carrière. » Il soupira. « Quand j’étais encore persuadé qu’on pouvait tout réussir avec un peu de bonne volonté et de la patience, car oui, je n’ai pas toujours été un odieux connard. » A ses tout débuts ? On lui confiait même des enfants, c’est pour dire. « Mais que voulez-vous, on a tous commencé comme ça, on pense qu’on peut faire quelque chose pour arranger, pour soigner ce qui fait qu’on est dans la plus belle ville des Etat-Unis, puis on découvre la corruption, le marchandage, les faux patients qui ne veulent juste pas aller en prison, les confrères qui prennent des pot-de-vins pour que les malades sortent plus vite. Enfin bref, toute cette organisation vomitive qui consiste à toujours parvenir à ses fins de manière illégale. C’est moche, c’est affreux, mais tout le monde y est habitué, alors on ne fait rien. Gotham, ton univers impitoyable. » Il finit par bailler tant ce sujet le rend las, parler de la déchéance de la ville était un sujet dont il pourrait parler pendant des heures et des heures, mais à force c’était presque ennuyeux. « En faisant ce que je fais aujourd’hui à l’asile ou même à l’extérieur, je sais pertinemment que je ne finirais pas mes vieux jours dans la sérénité et le calme, au mieux je serai nourri blanchi en taule.» Car il savait qu’on finirait par tomber sur ses petites activités louches, que quelqu’un trouvera ça vraiment horrible et qu’il sera alors réellement jugé et pas juste avec des pauvres preuves sans intérêt comme Batman l’avait fait. Oh non, il ne fallait pas qu’il pense à lui, ça allait le rendre mauvais.

Une fois arrivés à l’entrée de l’humble demeure de la demoiselle, Jonathan s’accouda au mur sa cigarette entre les doigts. « Pour en revenir à votre patient là, Siragu, vous auriez pu me demander des infos ou même son dossier avant de vous aventurer chez ce genre de malade. Les adorateurs de Satan ou autres diableries on en voit pas souvent défiler à l’asile, je vous l’aurais vite retrouvé. » Et c’est vrai, il l’aurait fait. Bizarrement il n’était pas contre les coopérations surtout quand le patient en question était vraiment un dingue. « C’était un peu une mission suicide d’aller voir ce genre de gars, j’espère au moins que c’est le seul souvenir qu’il vous a laissé. Bien que… ce soit déjà pas mal. » Quand le psychiatre nota qu’il était en train de sourire, amusé par cette petite histoire glauque à souhait, il troqua rapidement ce sourire mesquin par une mine plus accablée. Ne devait-il pas cesser de se réjouir des soucis de Rebecca ? « Enfin, je veux dire que ça n’a pas dût être facile. Surtout si vous n’êtiez pas vraiment… en forme en ce moment quoi. »

S’enfoncer avec classe ? Légèrement.
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MessageSujet: Re: C'était une histoire d'affaire [PV Becky]   Mer 2 Nov - 19:39

Rebecca Albright

L'Epouvantail

Une Histoire d'Affaires


Faire marcher une personne ivre en lui parlant était une des meilleures façon de lui faire reprendre ses esprits. Ça forçait l’individu à se concentrer à la fois sur son chemin et sur la conversation, ce qui faisait travailler son métabolisme et le réveillait en douceur de la torpeur induite par l’alcool. Ainsi parler de choses aussi difficiles que les remous troubles de l’esprit malade de Rebecca avait lentement mais sûrement ramené sa matière grise à la surface. Ses pas devenaient plus assurés et son mal de tête commençait à se faire sentir. On n’a rien sans rien. Pour autant ce n’était pas la joie et le pauvre Crane allait devoir continuer à se coltiner une pseudo avocate véreuse et incapable de constituer un argumentaire correct dans un tel état.

Cela dit elle n’avait pas besoin d’être une lumière pour comprendre la complainte de Crane et ricaner à son allusion. Oui, elle savait que cette ville était pourrie jusqu’à la moelle et était tellement habituée à ce fait qu’elle pouvait en rire. Après tout c’était son gagne pain. Leur gagne pain à tous les deux en fait. Après avoir fait partie du problème pendant plus d’un an, même si ça partait d’une bonne intention, il ne restait plus rien de la jeune assistante naïve qui avait frappé à sa porte. Même sous l’influence elle comprenait tout à fait où il voulait dire et ce qu’il passait sous silence. Oui, ils finiraient en taule. Emportés dans leur élan, il était désormais impossible de faire machine arrière, de revenir à la normale. Et même si par un coup du sort incroyable l’un d’eux parvenait à y arriver il serait dévoré par les souvenirs, que ce soit par angoisse, remords ou désir de recommencer. Ils s’étaient condamnés.

"Oh ça je sais, j’ai jamais dis que vous prenais pour une blanche colombe" répondit-elle sur le ton de la conversation "Au point où on est est j’espère juste que je ne vous suivrais pas en prison. Jusque là..." Elle haussa les épaules en faisant un sourire sarcastique. "Carpe Diem."

Carpe Diem. Cueille le jour. Ça semblait charmant comme citation latine. Un genre de YOLO antique qu’on peut mettre sur des agendas de filles ou se tatouer quelque part sur le corps pour avoit l’air cultivé. Sauf que la citation entière était beaucoup moins naïve. Carpe diem quam minimum credula postero. Cueille le jour et sois la moins curieuse possible de l’avenir, sous entendu que dans les pires situations il fallait profiter des bons moments du quotidiens et ignorer ses ennuis jusqu’à ce que ça ne soit plus possible. En résumé, la tactique de l’autruche. C’était tout de suite beaucoup moins glamour, et si vous aviez eu la mauvaise idée de vous le faire tatouer ça vous faisait passer pour un débile devant un latiniste. Mais pour une fois la citation était utilisée avec cynisme entre deux personnes qui n’en connaissaient que trop bien le sens.

La suite du trajet se déroula calmement, dans un silence un peu moins lourd qu’il ne l’était auparavant. Crane était redevenu une peau de vache, souriant en entendant ses ennuis avec Siragu, et ils s’étaient écartés des sujets plus difficiles comme le cerveau de Becky ou sa dépression nerveuse. Ça aurait presque pu être confortable s’il n’y avait pas eut tellement de bagage désagréable entre eux. Quelque chose comme des tombereaux d’insultes et de menaces de morts ça gâchait un peu l’ambiance. Ceci dit l’atmosphère n’avait pas besoin de ça pour être oppressante, la seule présence du bon docteur suffisait. Il avait ce genre de charisme là, ça devait être inné.

Arrivé sur le perron de la rousse il se décida enfin à briser le silence en parlant de Siragu tandis qu’elle déverrouillait la porte, pensant qu’elle ne verrait pas son sourire. Il avait seulement à moitié raison : elle ne le vit pas, mais l’entendit à sa voix. Si en travaillant pour un standard téléphonique on vous recommandait de sourire jusqu’à ce que vos joues en tombent, c’est qu’il y avait bien une raison. Sauf que comme c’était typiquement le genre de chose à laquelle elle s’attendait venant de Crane, elle ne s’en formalisa pas. Entendant sa tentative de sauver la situation elle ouvrit la porte et appuya son épaule contre le chambranle en le regardant avec un sourire blasé.

"Crane." Commença-t-elle pour arrêter son speech décidément pas très naturel. "Je vais bien." Puis elle se ravisa, consciente que ce n’était pas très honnête. "En tout cas aussi bien que possible en considérant que vous et moi on va droit dans le mur. Quand vous plongerez, et si on peut ralentir la chute avec les papiers pour l’asile je doute qu’on pourra vraiment l’arrêter... Et bien quand vous plongerez il y a des chances que je plonge avec vu qu’on trempe dans les mêmes affaires. C’est comme ça, je le sais bien depuis le départ et je l’accepte." Elle haussa les épaules." Vous ne vous attendiez pas non plus à ce que je saute de joie à l’idée de finir mes jours comme menu fretin en prison, si ?"

Après, elle avait quand même prévu dès le départ des moyens de s’en sortir, parachutes et autres contre-arguments. Mais voilà, le problème c’était qu’elle n’était pas absolument certaine que tout marcherait et même si elle y arrivait il pouvait avoir l’envie de tirer vers l’abysse avec lui. Ou tout simplement, un procès de ce genre pourrait ternir sa réputation suffisamment pour qu’elle ne trouve pas de travail ailleurs que chez Talkem, Steelem & Runne. Quoi que c’était probablement déjà trop tard pour ce dernier point.

Rebecca se racla la gorge, soudainement embarrassée. Crane avait été... Ridiculement décent avec elle ce soir. Il avait tenté d’être poli, même s’il n’y arrivait pas toujours, lui avait payé un verre et l’avait ramené chez elle quand il avait vu qu’elle n’était pas en l’état pour se souvenir du chemin par elle même. Et sa veste était toujours sur les épaules de la rousse. Ce la rendait un peu nerveuse et la faisait se sentir légèrement coupable de le laisser passer par les pires quartiers de la ville au pire moment de la nuit après ça. Non pas qu’elle avait peur pour Crane, elle réservait sa pitié pour l’andouille qui s’attaquerait à lui, mais c’était purement par principe. Oui il lui en restait. Un minimum. Embarrassée elle posa une main sur son bras.

"Ecoutez... Si vous voulez... Vous pouvez rester pour la nuit ? Je veux dire …" Pitié qu’il ne la prenne pas pour une obsédée " … C’était sympathique de votre part- Assez bizarre aussi je vous le cache pas..." Elle finit sa phrase à toute vitesse pour rendre tout ça moins gênant "Enfin c’était sympa de votre part de me raccompagner et je me sentirais coupable de vous mettre dehors. "

Elle se frotta la nuque en regardant ailleurs.

"C’est pas que j’ai peur pour vous. Je vous connais, vous êtes pas en sucre mais bon. Il fait froid, il est tellement tard qu’il est presque tôt alors si vous voulez rester un peu avant de repartir... Enfin la proposition est là."

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Jonathan Crane


MessageSujet: Re: C'était une histoire d'affaire [PV Becky]   Mar 8 Nov - 23:11

C'était une histoire d'affaires
C’était un peu facile de dire que tout était de sa faute et que de toute façon, si elle plongeait et finissait à se ronger les ongles dans son joli costume orange de prisonnière c’était uniquement à cause du psychiatre. A un moment, il fallait assumer ses erreurs et garder un peu de dignité. Légèrement agacé, il se retint de lui rappeler qu’il n’était qu’un sombre psychopathe caché sous une blouse de psychiatre, mais il se devait de rester le plus sympathique possible avec elle, car même si l’envie de la tourmenter restait toujours présent malgré sa pseudo envie d’être gentil, il savait qu’il avait désespérément besoin d’elle. D’un point de vue juridique et professionnel et rien d’autre, cependant il était prêt à n’importe quoi pour obtenir ce qu’il voulait le plus : sa confiance. Car oui, il est facile de passer pour le plus doux des agneaux quand on sait jouer au loup docile et porter un masque. C’est ainsi que le professeur Crane avait tant bien que mal réussit à réparer un peu ses erreurs dût à son comportement de type grossier avec Rebecca en se montrant bien plus poli.

Comment ça ? Tout le monde y a cru qu’il était devenu aussi gentil que la Bête du dessin animé de Disney ? Ce n’était pas sans une idée bien précise derrière la tête, il continua son numéro de charme jusqu’au bout, s’empêchant de réagir de façon irréfléchie. Il se calmait intérieurement, affichant un visage inexpressif oscillant entre la mine blasée et intriguée, la main de Rebecca posée sur son bras le fit esquisser un sourire. Cependant, il ne s’attendait pas à une telle proposition. Craquer maintenant ? Il en avait cruellement envie de continuer à lui tenir la main comme le plus doux des confidents toute la nuit, mais d’une autre part, n’allait-elle pas trouver ça étrange de sa part ? Lui qui n’avait su que se montrer aussi agréable qu’une pneumonie ? Cela faisait beaucoup pour une soirée, pensa t-il, elle n’était pas bête. Le psychiatre se contenta de poser son regard ailleurs, attendant quelques secondes avant de répondre, semblant des plus gênés qu’il soit. Il fallait une raison pour ne pas rester, au final il voulait voir si elle allait insister ou non, si elle le faisait, il n’attendrait pas une minute pour ré attaquer et profiter de son petit moment de faiblesse pour lui faire entendre ce qu’elle voulait pour enfin l’avoir rien que pour lui. L’isoler. Car si elle était seule, qu’elle lui faisait confiance, il n’aurait plus à la craindre.

Il finit par passer sa main dans ses cheveux et recommencer à nettoyer nerveusement ses lunettes rondes avec son carré de soie, toujours accoudé contre le mur du bâtiment.

« Oh voyons, je n’ai pas envie de vous ennuyez, vous semblez déjà manquer de place. » Reprend le professeur en relevant le regard. « Puis surtout manquer de sommeil, vous semblez être un point de fatigue peu recommandé et, vous êtes dans un bien piteux état si je puis le permettre. » Ce n’était pas pour être désagréable, c’était juste l’automatisme quand on est docteur et qu’on a une personne visiblement mal en point en face de soi, puis rappelons-le, Jonathan Crane n’est PAS qu’un sombre psychopathe.  Il repositionna ses lunettes sur son nez, monta la petite marche qui le séparait de la rouquine et se mit face à elle,  posant sa main sur son épaule. « Puis, je vous avoue que je suis du genre insomniaque, à moins que vous souhaitiez continuer notre discussion chez vous je ne ferais que vous déranger. »

Le psychiatre cala son index sous le menton de Rebecca pour lui faire relever la tête. « Et, pour ne pas vous mentir, vu l’heure qu’il est, essayer de dormir n’est pas vraiment une bonne idée, autant rester éveillé, je ne vais pas perdre du temps. Je pense que je vais retourner à l’asile, travailler un peu, faire des petites choses, m’voyez. » Il esquissa un sourire inquiétant, la nuit était le meilleur moment pour s’adonner à des expériences de plus illégales, les gardes de nuit dormaient déjà, personne ne pouvait le déranger, le cadre était juste parfait. Il regarda sa montre, il était presque quatre heures du matin, il soupira.

« Sur ce »
conclu t-il en se rapprochant légèrement de la jeune femme, « Je vais vous laisser vous reposer, vous m’avez dit quand je suis arrivé que votre journée allait être chargée et après que vous m’aillez dit que vous vous occupiez de cas aussi… étrange que ce Siragu, je ne peux que comprendre qu’un peu de repos soit nécessaire. » A vrai dire, lui aussi attendait le moment où la fatigue allait prendre le dessus sur l’insomnie et qu’il finirait par s’endormir pendant une consultation, puis repartir comme en l’an quarante. Ainsi fonctionnait la vile créature qu’était ce psychiatre. « Par ailleurs, » reprend t-il d’une voix plus douce et posée « Ne vous voyez déjà pas en prison, vous n’êtes pas prête d’y être envoyée, si personne ne nous soupçonne nous sommes tranquilles et ne risquons rien, peut-être d’ailleurs que nous y iront jamais, avec un peu de chance. » En fait, la seule personne qu’il craignait réellement, c’était Batman. C’était juste un peu à cause de lui qu’il avait été envoyé en prison la première fois et, il savait pertinemment qu’il ne pourrait pas y échapper indéfiniment. Le Chevalier Noir, bien qu’il était trop occupé à régler les divers problèmes d’Arkham City, finirait par se rendre compte que le psychiatre avait été libéré et qu’il… avait bizarrement gravit les échelons de la réussite. Pour quelqu’un qu’on accuse d’atrocité, c’est un peu comme le résultat d’une blague vaseuse.

Afin de conclure cette conversation, le psychiatre lança un dernier regard à Rebecca, allait-elle finalement l’obliger à rester ? Il esquissa un sourire mesquin « Je vous souhaite une bonne soirée. » S’il y avait une chose pour laquelle il était encore assez saoul ce soir, c’était de se rappeler la façon dont ils s’étaient quittés la première fois qu’ils avaient passés une folle soirée ensemble. Il se devait d’y faire un clin d’œil. C’est alors qu’avant de descendre pour rejoindre le trottoir, le professeur attrapa le visage de sa jeune collègue et colla délicatement ses lèvres contre les siennes, un baiser qui ne dura pas une éternité, simplement parce que c’était juste un geste qui le dégouttait, mais il y prit pour une fois un certain plaisir malsain juste parce que c’était elle. Ce n’était pas une histoire d’amour ou un truc du genre qui passe bien au dessus du psychiatre, c’était juste une histoire de jeu, de manipulation. Il ne se pressa pas de s’enfuir, récupérant sa veste toujours sur les épaules de Becky.

Il le savait, il finirait bien par l’avoir.
©Didi Farl pour Never-Utopia

 




Il y a des entités, — des choses incorporelles, ayant une double vie,
laquelle a pour type cette dualité qui ressort de la matière et de la lumière,
manifestée par l’ombre et la solidité. Il y a un silence à double face, — mer et rivage, — corps et âme.
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MessageSujet: Re: C'était une histoire d'affaire [PV Becky]   Sam 19 Nov - 20:37

Rebecca Albright

L'Epouvantail

Une Histoire d'Affaires


Rebecca apprécia la dégaine du docteur avec un air critique et une certaine appréhension. Bien que lasse et ivre -mais surtout lasse maintenant- elle marchait toujours sur des œufs autour de lui. C’était dur de le comprendre même en sachant pratiquement tout sur sa vie, difficile de le supporter sans avoir ingurgité une quantité d’alcool faramineuse au préalable et virtuellement impossible de réellement lui faire confiance. C’était d’abord et avant tout un homme violent et sadique qui ne souriait honnêtement qu’en pensant aux expériences malsaines qu’il pourrait faire sur d’autres. La jeune avocate savait pertinemment que si l’occasion se présentait, elle ferait partie de ses autres. Marcher avec Crane c’était comme marcher à côté d’un gros tigre famélique, on ne sait jamais s’il est trop faible pour vous attaquer et ne le fera donc pas ou s’il n’attend que le bon moment pour se repaître de votre chair. A l’instant elle savait qu’il ne la tuerait pas. C’était bien éphémère puisque sa conviction tenait sur le fait qu’il avait désespérément besoin de son expertise juridique pour rendre ses actions légales à l’asile. Une fois cela fait il pourrait s’en débarrasser si cela lui disait. Elle restait après tout un témoin gênant.

Blasée et morne à cause de l’alcool et de la fatigue elle n’en était pas moins anxieuse et gênée. Cette situation était étrange depuis le tout début. Pire, selon son sens de la logique elle ne faisait aucun sens. Mais comme après tout le sens de la logique de Becky était très malléable (encore plus que son sens moral, c’est dire) elle avait fini par décider qu’il valait mieux prendre les choses sur le rebond, comme elles arrivaient, et se débrouiller avec. Ou alors c’était juste l’alcool. Bref, en tout cas ce n’était pas de sitôt qu’on l’y reprendrait à devoir se faire raccompagner chez elle au beau milieu de la nuit après avoir beuglé comme une vache dans les pires bars de la ville. Elle sentait poindre une migraine et ce serait certainement mille fois pire le lendemain. Bah, le Dafalgan était fait pour, ça ne semblait pas important là.

Crane avait posé une main sur son épaule depuis quelques phrases déjà et n’avait pas l’air de vouloir bouger, obscurcissant sa vision. D’ordinaire elle aurait été plus réactive mais là elle se disait que vu sa taille il devait faire un magnifique parasol en été. Fantastique. Pas besoin de le nourrir, donnez lui juste du café et il vous garde à l’ombre. Quoi que d’ici l’été elle serait peut être figurativement à l’ombre et n’aurait pas besoin de ça. Elle haussa un sourcil dubitatif en entendant le bon docteur mentir quelques réassurances dégoulinantes de miel. J’adorerais partager votre optimisme, dit-elle simplement, peu encline à commencer une dispute à cette heure avancée. C’était stupide mais elle n’avait plus envie de réfléchir avant demain. L’alcool, la fatigue et la migraine combinées produisaient un effet étrange sur son cerveau. Il était engourdi, lent et cotonneux comme de la gaze d’hôpital. Celle qui faisait des bulles quand on mettait du désinfectant dessus. Est-ce que cela s’appelait vraiment de la gaze au moins ? Il devait savoir. Elle ne lui demanderait certainement pas.

Soudainement Crane l’embrassa. Comme ça. Sans raison. Sans prévenir. Elle recula sa tête quand ce fut fini -assez vite- et cligna des yeux plusieurs fois, fronça les sourcils, les releva, pencha la tête sur le côté. Beaucoup de pensées étaient en train de passer d’une oreille à l’autre dans son crâne vaporeux. C’était... Inattendu ? Assez oui. Crane ne lui avait jamais vraiment laissé pensé qu’il serait enclin à ce genre de comportement, mais comme il était dit plus tôt cette soirée ne faisait absolument aucun sens alors elle ne s’attarda pas dessus. Non ce qui la troublait vraiment c’était la sensation que lui avait laissé le baiser en lui même. Ce n’était pas exactement... Enfin c’était... Et bien...

C’était un peu nul.

En même temps, on lui avait toujours ressassé à droite et à gauche que le premier baiser entre deux personnes était LE moment merveilleux qui vous faisait vous envoler figurativement et oublier tous les troubles de la vie. Le coup des nuages de papillons dans le ventre, du cœur qui battait plus vite, peut être même un peu de chaleur ou se sentir rougir mais là... C’était surtout très anti-climatique et ça lui donna envie de sortir cette phrase éternelle :

"Oh. C’est tout ? C’est..."

Tout de même, on était bien loin du fameux baiser magique des jeunes filles qui était censé transformer le gros crapaud en prince charmant sur contact. C’était plutôt comme se prendre un ballon de plage sur le coin de la figure à moins grande vitesse. Sauf que ce ballon là sentait l’alcool au moins autant qu’elle et en plus il piquait un peu au niveau du menton. Elle n’était pas spécialement déçue, plutôt agacée en fait. Elle voulait être remboursée. Remboursée de quoi, elle ne savait pas, mais remboursée de quelque chose, oui. Peut être que c’était parce qu’il s’y était mal prit ? Impulsivement elle rattrapa par la nuque et le tira vers elle pour l’embrasser à son tour. Elle ne força pas, posant simplement ses lèvres contre les siennes avant de le relâcher. Son expression était un mélange d’incompréhension et de scepticisme. C’était toujours un peu nul. Pas désagréable en soit, ça pourrait même être agréable dans d’autres circonstances, mais tout de même franchement décevant par rapport à l’idée qu’on s’en faisait, ce qu’elle lui dit platement.

D’un autre côté, elle se souvint qu’elle avait tout de même eut un problème de possession récemment et une virginité qui attirait des fous furieux en recherche de sacrifices humains. Elle regarda Crane longuement, critique. Ce n’était pas non plus comme si elle y accordait une très grande valeur. A seize ans elle l’avait fait, et comment. A vingt six ça avait fini par lui passer. C’était juste devenu quelque chose d’encombrant dont elle n’aimait pas tant que ça parler et qui lui avait attiré des ennuis. Avec le plus grand sérieux du monde et probablement pas assez d’enthousiasme pour ce genre de proposition elle finit par se lancer :

"Dîtes moi franchement, si vous en aviez l’occasion vous coucheriez avec moi ?"

Le fait qu’elle le lui avait demandé sur le ton de quelqu’un demandant si vous préfériez les sashimis ou les sushis gâchait un peu tout.

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MessageSujet: Re: C'était une histoire d'affaire [PV Becky]   Jeu 22 Déc - 0:32

C'était une histoire d'affaires
Si le Docteur Crane s’attendait à ce que la jeune Rebecca prenne cette simple provocation provoquée par un excès d’alcool et de fatigue ? Pas vraiment, elle afficha une mine désastreuse comme si elle venait de subir la chose la plus désagréable du monde. Il n’y pouvait rien si elle était frigide, coincée et tout et tout, c’était son problème à elle. La phrase de sa cadette lui fit esquisser un sourire qui voulait juste dire « Tu t’attendais à quoi ? T’es pas dans un film chérie. » Mais il resta muet, sans pour autant s’empêcher de soupirer. Il regarda sa montre, s’attendait à se prendre une gifle, un sac, il était prêt à esquiver. Vous croyez quoi ? Quand on est un psychiatre peu sympathique de manière générale et qui n’a pas sa langue dans sa poche, on peut rencontrer des patients ou des accompagnateurs qui le prennent mal et qui, par dépit, tente de vous envoyer une gifle pour ensuite venir couiner pour plus de médicaments.

Alors que le psychiatre dans toute son élégance de psychopathe s’apprêtait à partir et laisser sa jeune amie et son air dépitée sur le pas de la porte, cette dernière s’accrocha à son coup, le faisant basculer en avant, collant ses lèvres gercées sur celle du professeur qui serra les dents craignant d’avoir à subir l’échange baveux. Ça y est. Elle devenait complètement frappée. Le docteur serra les poings et fût fort heureux que ce supplice ne dur pas longtemps, c’est lui qui inflige, pas les autres, c’était logique enfin du moins, dans sa tête. En réalité il ne savait pas trop comment réagir, soit lui en mettre plein la tête et lui expliquer l’odeur de son haleine de vieux cheval soit entrer dans son jeu et aller jusqu’au bout des choses. Le psychiatre toisa la jeune femme.

Thèse : Elle semblait opé, au pire, elle l’avait provoquée.
Anti-thèse : Il était fatigué et tellement peu enclin à plus de… plus de choses avec cette nana.
Conclusion : Il n’était pas assez saoul pour ces conneries.

Il se contenta de soupirer, remontant ses lunettes avec son index. Il hésitait à commenter ce rapprochement glauque mais fût rapidement coupé par une nouvelle phrase mythique de Rebecca qui, malgré toutes les personnes qu’il avait rencontré, gagnait haut la main la palme en or et diamants incrustés de subtilité. A vrai dire il ne savait même plus quoi répondre tant il y avait du level, il songea même qu’il pourrait s’ennuyer s’il la gazait là tout de suite, il n’aurait même pas envie de rester regarder. Elle aurait peur de quoi ? D’elle et lui faisant l’amour comme des sauvages ? Non vraiment, il n’avait pas envie de voir ça. Il passa sa main sur son visage, témoignant sa fatigue mentale. Rebecca était parfois bien pire que ses patients, ce qui lui rappelait qu’elle allait travailler pour lui. Ci-git le restant d’âme de Jonathan Crane, professeur en psychiatrie, radié de l’enseignement pour avoir tiré dans un amphithéâtre, directeur de l’asile du coin, lui même terrible psychopathe. Vous voyez le soucis ? Lui non plus.

Alors, en guise de réponse, il se contenta de soupirer, prenant un air aussi sérieux que blasé, s’accoudant contre le mur qui était à côté de lui. Il reprit une cigarette, il avait besoin de ça pour encaisser toutes les douceurs de Rebecca. Les choix étaient cornéliens : simplement l’envoyer balader ou, entrer dans son jeu dans le domaine de la provocation pure et gratuite comme des crayons Ikea.

Le psychiatre esquissa un sourire alors que la braise de sa cigarette brillait dans ses lunettes.
« Seulement si vous m'y invitez gentiment , très chère. » Susurre t-il avec tellement plus de délicatesse et de romantisme que sa cadette qui avouons-le, lui avait balancé sa question comme un vieux obsédé par la pornographie allemande des années soixante dix. Il esquissa un léger sourire en coin, car un Jonathan Crane qui aborde un grand sourire ce n’est jamais bon signe, il s’autorisait ce style de léger rictus. « Mais, vous travaillez demain et devez vous coucher, sinon ça va encore être de ma faute… » Ajoute t-il toujours sur un ton ironique « Ne noyez donc pas votre esprit déjà bien bien bien bieeeeen… fatigué on va dire avec de telles pensées. » Il s’étouffe dans sa dernière bouffée de fumée « Pensée qui, je l’avoue me surprend de votre part, Rebecca. » Quoi que. Elle semblait du genre tordue, vicieuse vicelarde à tendance esprit mal placé. Ça ne l’étonnait pas finalement en y repensant. Mais on excusera son léger manque de lucidité à une heure pareil et avec autant de verres dans le corps.

Ne sachant quoi trop répondre suite à ça et, surtout quoi faire après les remarques de sa cadette, le psychiatre s’adossa contre la porte d’entrée de la jeune avocate. « Mais vu que vous êtes partie pour me poser des questions étranges et que je n’ai pas sommeil. » Il fronça les sourcils, ne se rappelant plus trop ce qu’il avait prévu pour sa deuxième partie de soirée. « Et j’ai complètement zappé ce que j’avais prévu de faire, je me retrouve comme un con. » Il soupira. « Je vais peut-être retourner au bar. Bonne idée. Au point où j’en suis je suis… désespéramment inefficace. » Il lance un regard amusé à Rebecca. « Je suppose que je ne vous propose pas de m’accompagner, bien que je sais comment vous vous comportez en société à présent, je ne pense pas que je pourrais vous sauver les fesses toute la nuit. » Recommencer la soirée à partir de zéro ? Il l’admettait, il avait été un peu bourru la première fois, mais maintenant qu’il commençait à cerner le personnage il se sentait … un peu plus en confiance ? Mais ça ne l’empêcherait pas de faire des coups tordus, on est un dangereux psychopathe ou on ne l’est pas.
©Didi Farl pour Never-Utopia





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