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 L'enfer c'est les autres

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John Constantine


MessageSujet: L'enfer c'est les autres   Sam 10 Sep - 23:42

L'enfer c'est les autres





Here we go, Mate !
• Le Bowery - Arkham City


Il est tard. Ou tôt, j'ai du mal à le dire. Ma putain de tocante est pétée, et les émeutes dans Arkham City soulèvent des panaches de fumées noires venus des quatre coins de la zone sécurisée, de quoi couvrir le ciel d'un jolie nuage charbon. À croire que les gens d'ici aiment vivre à l'ombre. Dans une ville ou un putain de taré profite de l'obscurité pour foutre les pétoches au criminel, j'imagine que ça a une certaine logique. Logique qui tombe à plat quand on sait que les fameux incendies générant les fumées sombres sont allumés par des criminels, ceux-là même qui psychotent à l'évocation du nom de Batman. Enfin bref. J'ai l'air de me plaindre, mais niveau vapeur toxique je suis plus à ça prés moi. Et l'obscurité m'a jamais vraiment fait peur.

Adossé contre un mur, je tente d'ignorer les petites crampes qui commencent à prendre mes mollets. J'ai cette posture depuis un petit moment en fait. Voilà quelques heures maintenant que je campe ici, à guetter la même porte. Derrière, il y a un type qui y crèche. Le genre que je peux pas approcher sans qu'il me repère illico. Je pourrais me la jouer rambo, gauler un fusil et lui faire sucer le canon scié d'un calibre acheté dans la rue pour le forcer à cracher les infos que j'ai envie de gauler, mais c'est pas très pro. Et puis pour être honnête, j'ai pas la foi à ce genre de connerie. Ni le foie d'ailleurs. Parce que mon cancer se répand forcément, comme toute les saloperies du genre. J'ai cette foutue douleur sous les côtes qui vient me saouler de temps en temps pour me rappeler que quelques gentils nodules sont en train de pousser là dedans. Ça m'fait mal au cul dans un sens. Ça veut dire que même la picole va devenir problématique.

Enfin bref, j'suis là parce que j'attends une Dame. Avocate pour être honnête. Il se trouve que l'enfoiré qui se trouve à l'intérieur de cette maison a besoin d'être défendu. Officiellement, il est accusé que de deux meurtres. Officieusement, je sais qu'il a remis le couvert ici à Arkham City. Pas des meurtres classiques, en fait. Le genre où on découpe des corps de manière carrément trashouille. On découpe les mains pour en faire des bougies. On tranche des têtes pour les placer sur les cinq branche d'un pentagramme dessiné avec un mélange de sang et de charbon. Drôle de délire qu'on pimente avec quelques marquages bohémien.
Et le problème avec les fils de pute dans son genre, c'est qu'ils me voient venir de loin. Je suis John Constantine. Ça parle à personne ici. Mais dans le monde de l'occulte, j'ai une petite réputation. Et vous pensez bien que ce psychopathe ne s'amuse pas à faire ses petits rituels sans que ça ait rapport avec le monde du surnaturel.

Bref mon plan est simple : Je veux briefer l'avocate discrètement sur le cas. Qu'elle fasse le boulot d'enquête à ma place en fait. Coup classique. Je laisse involontairement filtrer des informations, je la laisse fouiner, tomber sur des trucs, rassembler les confidences de son client – bah ouais, les tarés en ont rien à battre. Ils savent qu'ils peuvent tout dire aux avocats sans rien risquer. Une histoire de confidentialité. C'est là que ça devient utile de causer à celle qui défend ce pouilleux. Qu'elle soit du genre réglo ou du genre véreuse, quand les choses vont commencer à devenir bizarre – et dans les affaires de meurtres ritualisés ça devient vite bizarre – je suis à peu prés sûr qu'elle va devoir se confier à quelqu'un. Quelqu'un comme moi, qui a l'air de pouvoir gérer la panade dans laquelle elle se trouvera. Parce qu'on va pas se mentir... un bohémien qui se fait appeler « Boucher d'Amusement Miles » en aura rien à battre que son avocate soit un dommage collatéral de sa petite fiesta surnaturelle.

Je me détends les jambes, et je m'allume une autre clope après avoir laissé le mégot tomber au milieu du cimetière de filtres usagés que j'ai moi même créé sur les dalles en béton du trottoir. Une taffe. Deux. Et un bruit de pas attire mon attention. C'est elle. L'avocate. Y a peu de doute là dessus. J'éteins la clope contre le mur, je me décale un peu et j'arrête de respirer pour que l'ombre me couvre totalement pour la laisser passer dans la rue parallèle sans qu'elle ne me remarque. Je ne lui laisse pas le temps de me distancer, m'engageant derrière elle d'un pas hâtif. Putain j'dois ressembler à un prédateur sexuel occupé à courir après la petite Sophie.


« Maître Albright ? »

Je la double volontairement et me tourne dans sa direction. Je ne lui barre pas la route, mais mon attitude devrait suffire à lui faire comprendre que j'ai à lui causer. Avec mon putain d'imper j'espère qu'elle va pas me prendre pour un taré et me flinguer un genou avec sa béquille tiens. J'aurais bien l'air d'un con...

« Vous êtes difficile à trouver. Vous n'avez pas été contactée par les autorités ? Vos clients étant pour la plupart enfermés à l'intérieur d'Arkham City il a été décidé qu'on vous alloue une protection. »

Putain j'ai du mal à cacher mon accent, et à ne pas lui glisser un surnom comme j'en ai l'habitude. Enfournant ma main à l'intérieur de mon imper, je me contente d'attraper la carte à jouer qui s'y trouve. Un tour de passe passe et quand je la présente à l'avocate, la carte prend l'apparence d'une ID des US Marshall.

« John Constantine. Je suis celui qui doit veiller sur vous » Tu parles d'une escorte. On sera chanceux si j'lui dégueule pas un bout de poumon sur les pompes avant la fin de cette histoire. « Vous rencontrez Dragan Siragu c'est ça ? Le boucher d'Amusement Miles à c'qu'on dit... »

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MessageSujet: Re: L'enfer c'est les autres   Mar 13 Sep - 12:46

Rebecca Albright

John Constantine

L'enfer c'est les autres
Dans l’éventualité qu’elle s’en sorte et qu’on lui demande comment elle avait bien pu s’empêtrer dans des affaires pareilles, Becky répondrait qu’elle était juste complètement stupide. Enfin pas complètement stupide si elle réussissait à s’en sortir, mais quelque chose d’approchant. Ou alors elle pourrait blâmer la banque. Oui c’était bien ça. C’était toujours de la faute des banques. Et personne ne les aimaient à part ceux qui pouvaient se permettre de les braquer. Ça ferait une couverture parfaite et en plus c’était vrai, dans un sens.

Voyez vous, Rebecca Albright avait depuis peu terminé ses études de droit dans une université publique de Gotham City, et ce sans la moindre aide financière venant de ses parents. C’était louable mais pour le coup elle se retrouvait accablée de dettes et harcelée par les créanciers du matin au soir. Talkem, Steelem & Runne, la firme pour laquelle elle travaillait comme assistante juridique, payait grassement ses employés pour qu’il ne leur vienne pas à l’idée de laisser échapper des bribes de ce qu’il se passait réellement dans les recoins sombres de l’entreprise. Mais ce n’était qu’un travail à mi-temps, ce qui faisait que Rebecca aurait pu prendre un autre emploi pour repayer son crédit étudiant plus vite. On pouvait donc difficilement la blâmer elle d’avoir décidé de se porter volontaire au tribunal.  La paie n’était pas grandiose mais vu l’état de ses finances elle ne crachait pas sur quelques billets. Les cas là bas étaient assignés, parce que c’était ceux où les coupables n’avaient pas les moyens ou l’envie de se payer un véritable avocat. Ils n’y avait pas de critères particuliers pour la répartition des affaires, c’était pour ainsi dire une loterie. Une pure question de chance.

Ou, dans le cas de Becky qui allait encore devoir se coltiner un psychopathe, de malchance.

Elle avait été franchement dégoûtée à la vue du cas mais elle l’avait prit quand même à cause de la prime vu qu’elle devrait aller à Arkham City. Un gros barbare qui découpait les gens en morceaux, dessinait des motifs cabalistiques avec leurs restes et s’en vantait à grand renforts de détails. Ça n’était définitivement pas quelqu’un pour qui elle allait se fouler. Elle s’arrangerait pour qu’il prenne une ou deux peines de perpétuité, peut être même la peine de mort. Ou un traitement à Arkham Asylum. Ça pourrait peut être passer, il n’avait pas l’air très censé après tout, à se déclarer grand prêtre de je-ne-sais-quelle abomination. Oui, l’asile ça serait bien, avec le nouveau directeur ça serait pire que la peine capitale.

Maintenant, se dit elle en sortant du métro, il ne restait plus qu’à le convaincre de plaider la folie. Ça ne devrait pas être excessivement compliqué. Beaucoup de fanatiques du surnaturel voulaient s’y rendre pour enquêter  sur... Et bien elle ne savait pas, mais connaissant l’endroit ça devait être horriblement glauque. Il adorerait. Sinon elle pourrait aussi vanter la liberté de mouvement des détenus. Il y avait une salle de récréation, un grand jardin botanique et beaucoup d’autre choses dont on pouvait profiter du moment que le Bon Docteur ne vous avait pas trépané à l’arrivée. Ça ne lui semblait pas être le genre de personne à prendre la peine de faire attention aux nouvelles extérieures à la cité-prison, d’autant plus qu’elle savait à quel point c’était une tâche ardue.

Passer les portes d’Arkham City fut assez simple, même si pour elle ça s’accompagnait toujours d’un petit frisson. Un mélange de peur, d’anticipation et d’une irrépressible curiosité. Peu de Gothamites avaient eut l’occasion de pénétrer entre les murs de cette forteresse unique en son genre. L’avocate en était à sa quatrième fois. La première visite s’était mal passée, la deuxième avait été pire, la troisième étrangement correcte alors elle se demandait ce qui allait lui tomber dessus cette après midi là. La fouille dura un peu plus longtemps cette fois ci, les TYGERs ayant regardé l’ordonnance pour sa canne et son corset d’un air profondément suspicieux, mais elle était resté de marbre. Il était vrai quelle n’était pas venue avec son corset la dernière fois, mais si elle allait devoir affronter quelqu’un qui se spécialisait dans le massacre de jeunes femmes à l’arme blanche, elle préférait venir avec une simili armure de résine et de métal sur elle et une épée plus effilée qu’un rasoir. Son taser avait été saisi par contre. Bah, elle aurait essayé.

La traversée se passa relativement sans encombre grâce à la merveilleuse carte qu’elle avait trouvé comme de par hasard dans un bureau du poste de surveillance, détaillant les patrouilles de TYGERs et les horaires de celles ci. Il lui avait donc suffit de fixer le rendez vous à une heure où la petite escouade venait juste de passer dans la rue où se terrait Siragu. Logiquement, les criminels resteraient cachés cinq à dix minutes avant de ressortir de leurs cachettes par peur de se prendre des coups de bottes.

Sauf que, remarqua-t-elle avec un frisson lorsqu’elle vit quelqu’un la prendre en chasse, on ne peut pas compter sur des malades pour être logiques.

Avant même qu’elle n’ait eut le temps de presser le pas, freinée par son handicap, en quelques grandes enjambées elle se retrouva face à un grand homme blond débraillé qui empestait la cigarette à plein nez. Mais Rebecca était prête. Elle prit sa canne par le pommeau et-

"Maître Albright ?"


Sa main s’immobilisa. Oh non pitié. Pas encore un client.

Mais comme il lui exposa rapidement en tendant un badge officiel tout brillant tout beau il ne voulait ni sa vie, ni son honneur, ni même de ses compétences. C’était tout bêtement un Marshall qui avait été assigné à sa protection et venait faire son travail.

Jetant à peine un coup d’oeil au badge, elle savait d’instinct qu’il était authentique. De toute façon pourquoi se donner la peine de contrefaire quelque chose comme ça dans une prison ? Ça vous attirerait des problèmes plus qu’autre chose. Mais une petite voix à l’arrière de sa tête lui fit remarquer que quelque chose ne tournait pas rond. Non, pas rond du tout. Mais quoi elle n’arrivait pas à le savoir. Son regard fixa l’imper sale, ça au moins ça ne lui donnait pas envie de lui faire confiance. Ils n’avaient pas des règles d’hygiène dans la police ? Quoi que s’ils en avaient elle voyait souvent pire au tribunal. Son absence d’uniforme ? Il devait être en civil pour se fondre dans la masse et étrangement cette phrase lui semblait très bizarre. Son mal de tête s’amplifia et elle porta une main à son front. Elle pensait que la police extérieure n’était pas autorisée entre les murs ? Une dérogation peut être ? Mais pourquoi ? Ça n‘était pas dans leur intérêt que Rebecca sorte en vie, d’autant plus que sa thèse de fin d’étude avait été incendiaire. Et puis pourquoi maintenant et pas avant ? Elle n’avait fait aucune remarque pourtant, vu que tout s’était bien passé avec-

Le déclic se fit. Il avait dit ‘Vos clients.’ Le problème ?  Et bien officiellement, elle n’avait qu’un seul client.

Son mal de tête disparu comme il était venu quand elle se rendit compte que même si ses papiers pouvaient être des vrais, ils ne pouvaient pas être à lui. Il n’était pas garde du corps ni policier et en plus il avait mal fait ses recherches. Elle n’avait aucune idée de qui il était, quel était son but ou ce qu’il faisait là... Mais il y avait Siragu. Siragu le taré. Siragu dont le Modus Operandi la mettait en danger, étant elle même une jeune femme. Siragu qui avait tendance à s’attaquer aux plus forts en premier. Et ce ‘Constantine’ qui faisait dix centimètres de plus qu’elle et deux fois sa largeur – ce qui n’était pas très compliqué mais tout de même.

Après ce qui semblait être un instant de mûre réflexion, elle pencha légèrement la tête sur le côté et lui fit un sourire poli, mais gêné, un peu peureux même.

"Et bien... Non, je n’ai pas été contactée par les autorités..."

Elle regarda à nouveau son badge en se mordant les lèvres, comme si elle hésitait quand à la marche à suivre. Finalement elle releva les yeux.

"Mais qu’à cela ne tienne "soupira-t-elle" si vous tenez vraiment à rencontrer le – ah – Boucher D’Amusement Mile comme vous dîtes" Elle leva sa canne dans la direction de la vielle bâtisse comme un bâton de Monsieur Loyal " je vous en prie, prenez les devants."

Sur ce point là elle resterait intransigeante, pas question qu’il passe hors de son champ de vision. Elle prenait peut être autant de pilules qu’une internée mais elle n’était pas encore folle, merci.

"Mais tout de même je me demande... Qu’est-ce qui, chez M. Siragu, peut tant intéresser la police ? Un homme accusé d’avoir coupé des gens en morceaux c’est assez commun... Enfin pour Gotham, je veux dire. "

Elle avait bien fait attention à mettre suffisamment d’hésitation dans sa voix, espérant que sa mascarade de gentille jeune femme innocente tiendrait le coup. Il savait certainement plus de choses sur elle qu’elle n’en savait sur lui et d’expérience dans ce genre de situation il valait toujours mieux être sous estimée.

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John Constantine


MessageSujet: Re: L'enfer c'est les autres   Mar 13 Sep - 23:53

L'enfer c'est les autres




[i]Je reste à la fixer un petit moment. Le show débute en fait. C'est toujours sympa quand ça commence. J'me sens vaguement l'âme d'un Sun Tzu quand je tente d'approcher quelqu'un avec des mensonges pas possible. Les masques, le faux semblant, l'affrontement psychologique. Je n'ai aucun moyen de savoir si elle me croit. Elle n'a aucun moyen de savoir si je dis vrai. C'est assez grisant hein. Pour les connards qui aiment flirter avec le danger pour l'adrénaline, ma situation est un cas d'école. D'autant que si la boiteuse finit par me prendre pour un taré et qu'elle se décide à me fumer, je m'en vais rôtir directement dans le grand BBQ du manitou cornu. Ça donne à la vie un goût beaucoup plus intense. C'est peut-être pour ça que j'aime autant mes clopes, à bien y réfléchir.

En parlant de ça, quand elle jette un nouveau petit coup d'oeil au badge qui n'en est pas un, je me dis que ça ferait tâche, si elle comprenait que la seule chose qui peut tuer quelqu'un et que j'ai dans mes poches, c'est ces fameux clous de cercueil. Un Marshall sans flingue, c'est comme un Tango sans rose. Et sans latina bien roulé. Ça m'fait penser que je devrais appeler Zed, un de ces quatre.
Sur cette pensée, je fais tournoyer le badge factice, qui redevient une carte à jouer sitôt à l'abri du regard de la jeune femme. Je ne la lâche toujours pas du regard, mais sans sembler méfiant. Pourquoi faire ? Je suis dans la peau d'un flic infiltrer ici pour veiller sur une juriste. Un flic dans Arkham City... c'est comme... Un Constantine en Enfer, en fait.

En général, j'aime l'ironie, mais c't'élan là me noue un peu le bide.

Bref, tout ça pour dire que je me dois de garder ce rôle. Je suis une sorte de dur à cuir de l'incruste en territoire hostile. L'imper sale, la chemise débrayée, la cravate merdique. J'ai le look pour crécher ici, à Arkham City nan ? C'qui fait de moi un Marshall difficilement détéctable.
À son geste, mon regard s'attarde sur la porte du bâtiment qu'elle désigne. Ouais bien sûr, j'vais me pointer avec elle. Elle y croit hein ? Mais j'ai une carte à jouer. Une nouvelle connerie qui devrait la convaincre un peu plus de la véracité de mes propos. Le genre de trucs pour me faire passer pour un ces flics trop idéalistes pour dépasser les limites. Et les quelques tirades qu'elle me lance me permettent de lui vendre ma salade.

« La police s'en fiche un peu, je pense. Il est déjà enfermé après tout. Mais j'ai entendu parler de lui. Il est... célèbre v'voyez. »

J'me retiens de lui glisser un Trésor et un clin d'oeil. Au lieu de ça, je m'évertue à me redresser, et à faire mine de réajuster mon trench. Une sorte de faux tic de flics.

« Et je viens pas de Gotham. D'où je suis... on construit pas ce genre de mur. Et on a pas de types déguisés qui font la une des journaux... C'est tout l'intérêt de ma présence ici, de toute manière. Personne ne me connaît. Y a pas de risque qu'un type enfermé ici me reconnaisse et m'identifie comme étant des Forces de l'Ordre. »

Et les Marshalls sont habilités à oeuvrer sur tout le territoire et ils gravitent dans tout ce qui touche au milieu carcéral. J'ai envie de dire qu'une saloperie comme Arkham City, c'est le meilleur endroit pour un type comme moi. Enfin... comme celui que je suis censé être hein.

« Alors ouais forcément quand on est pas du coin... un type qui fait ce genre de truc, c'est pas commun. Surtout qu'à c'que j'ai lu, le rituel est particulier... »

J'ai l'espoir qu'elle soit une de ces jeunes juristes pleine d'envie, soiffarde de justice, envieux de mener l'enquête. Ouais c'est pas cool de l'utiliser elle comme pelle à merde pour retourner tout ce foutoir à ma place. Avec un coup de chance, elle évitera les emmerdements quand ces derniers vont commencer à nous pleuvoir dessus ? J'espère pour elle. Sinon et ben... c'est que le Manitou de Lumière avait un plan pour sa couenne. Paix à sa patte folle.

« Enfin bref... tout ça pour dire que j'aimerai bien le rencontrer. Mais vous savez aussi bien que moi que je n'ai pas le droit. Ce qui se dit entre le client et l'avocat... c'est confidentiel. »

Ouais un flic qui respecte les lois et tout le tralala. L'idéalisme c'est une bonne planque pour mes mensonges. De toute façon, soyons honnête, si je commence à lui dire que ce type est un bohémien lanceur de sorts et qu'il utilise la violence des émeutes d'Arkham City pour couvrir des meurtres rituels pour invoquer dieu sait quelle entité... y a peu de chance qu'elle me laisse la suivre. Et je suis à peu prés persuadé que sa canne, elle finira par me la foutre sur le coin de la gueule. Et j'y tiens un peu à ma gueule. Ou alors c'est une question de fierté ? C'est vrai qu'échapper à Lucifer pendant un bon bout de temps et finir par se faire étendre par une handicapée, ça niquerait un peu mon CV de rêve, hein ?

Je fouille à nouveau ma poche. Nouvelle clope. Bien coincé entre mes lèvres, un coup de zippo pour embraser le bout. Une grosse bouffée histoire de nourrir mes métastases et c'est d'un pas plus ou moins décidé que je me dirige vers la porte de l'habitation. J'ouvre et je jette un coup d'oeil dans le couloir. Vide. Pas âme qui vive, sinon l'autre con enfermé dans son appartement merdique à atteindre la visite de sa juriste. Avec un coup de chance, le mettre devant une nana, ça va le faire causer ?
Bref, je relance un nouveau regard vers Rebecca.

« La voie est libre. Il est au bout du couloir. La porte est fine, j'attendrais dans le coin. Si il se passe quelque chose, appelez, et je déboule. »

Je tiens la porte. Genre... gentleman. Ça m'arrive hein.

« Et si je vois quelque chose de louche qui se trame dehors... je toque. »

Allez... à elle de jouer maintenant.

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MessageSujet: Re: L'enfer c'est les autres   Sam 17 Sep - 15:15

Rebecca Albright

John Constantine

L'enfer c'est les autres
Rebecca darda un regard neutre sur son vis à vis tandis que les dernières connections se faisaient dans sa tête.

C’était un taré.

Elle aurait du s’en douter.

Mis à part son badge et sa carte d’identification qui avaient l’air tout à fait authentiques, probablement volées à un véritable officier qui avait eut le malheur de lui ressembler, toute sa couverture était complètement bidon à tel point qu’elle en sonnait creux. Outre les faits pré-établis que Rebecca n’avait officiellement qu’un seul client et que les forces de l’ordre n’avait pas le droit de mettre les pieds à Arkham City, ce Monsieur Constantine s’enfonçait un peu plus dans la panade à chaque phrase.

Déjà, Siragu n’était pas célèbre, loin de là. S’il l’avait été les cabinets de la pègre se le serait arraché pour se faire de la pub, au lieu de laisser le tribunal lui attribuer un petit avocaillon débutant dans le métier qui ferait le minimum. Si sa mémoire était correcte, son nom n’avait même pas été cité dans le petit entrefilet relatant ses crimes en moins de dix mots (et encore la moitié étaient abrégés) en bas de la page Faits Divers du Gotham Globe. Donc s’il le connaissait, c’était qu’il avait forcément fait des recherches. Ensuite il avait essayé de lui sortir un bobard comme quoi il était tout frais de la campagne où quelque chose d’approchant -Franchement de nos jours quel trou du cul du monde n’avait pas de débiles en collants ?- et elle avait discrètement levé les yeux au ciel. Pitié, elle n’était pas assez naïve pour croire qu’un type qui n’en avait visiblement plus rien à faire de son hygiène de vie ou de la solidité de son alibi puisse être une andouille idéaliste respectant les lois à la lettre. Non, celui là avec son imperméable sale puant la cigarette à trois mètres avait plutôt l’air d’un détective privé cynique tout droit sortit d’un vieux roman de gare. Le genre qu’on utilise pour caler un coin de table bancal. Sans compter que tant qu’elle demandait la protection de la police pour une entrevue avec un client dangereux, elle y avait droit et lui même aurait du rester dans la pièce, sous serment bien sûr. De toute façon ça n’était pas comme si elle allait essayer de le faire sortir de prison. Vu comme il clamait haut et fort que tout ce qu’il avait fait, il le dédiait à je ne sais quelle bizarrerie Cthuluh-esque, il allait finir à Arkham avant de pouvoir hurler le nom de la bestiole en question. D’ailleurs, et c’était là le dernier point qui faisait que la petite histoire de Constantine ne tenait pas, personne d’autre que Siragu lui même n’avait parlé de rituel. Personne. Tout le monde, elle même y compris, n’y voyait que les divagations d’un malade avec des illusions de grandeurs.

Son garde du corps de fortune se retourna vers elle pour la faire rentrer et elle re-affecta son air apeuré. La seule chose qui sonnait vrai dans ce tissu de mensonges, c’était qu’il ne venait pas d’ici. Il n’arrivait pas à cacher son accent, ç’aurait été idiot de prétendre le contraire. Donc elle avait pour compagnon un type qui s’intéressait de près au cas de Siragu et à ses démences, au point de s’infiltrer dans une prison de haute sécurité et concocter une soupe de conneries abracadabrante pour que son avocate lui donne une raison de rentrer chez lui... Mais il ne voulait absolument pas le voir.

Somme toute c’était soit un pseudo détective du paranormal mal préparé qui avait lu trop de livres, soit un arnaqueur qui faisait semblant pour pouvoir gonfler ses soi disant honoraires à ne rien faire d’autre que de feindre un air vaguement mystérieux en inventant des divinités impies et des rituels glauques. La jeune avocate préférait nettement la seconde option. Elle avait plus d’expérience avec les menteurs professionnels qu’avec les fous. Beaucoup plus prévisibles.

Elle fit un demi sourire qui ressemblait plus à une grimace en entendant son ‘je toque.’ C’est sûr que ça risquait d’être efficace ça tient. Dans une ville où les livreurs de pizza étaient plus rapides que la police, là pour le coup il était très bien dans son rôle de flic.

"Je doute que ce soit très utile" répondit-elle avec une pointe d’aigreur en pénétrant à l’intérieur du bâtiment. "Mais, ah, j’apprécie le sentiment ?"

Tu parles, elle voulait l’envoyer en premier au cas où Siragu aurait les crocs et maintenant il se trouvait qu’elle allait bien devoir y aller seule. Il ne servait à rien oui ! Rapidement, s’aidant machinalement de sa canne pour les escaliers bien qu’elle n’en ait plus tant besoin que ça. Si elle en croyait les informations qu’on lui avait fait passer, son client vivait au premier étage, appartement 13, c’est à dire celui d’où provenaient les cris confus clamant je ne sais quelle bêtise à grands renforts de trémolos dans la voix. Arrivée devant la porte, elle haussa un sourcil devant la décoration : Des inscriptions mal écrites avec différents alphabets -ou alors était-ce juste qu’il écrivait mal ?- où elle reconnaissait deux-trois mots latins comme ‘Caveat’ et ‘Fili’, le tout en lettres de sang bien sûr, ça faisait tout de même plus sérieux que de la sauce tomate. Du coin de l’oeil elle vit Constantine sortir de son champ de vision quand elle frappa à la porte. Bien piètre protection.

Becky n’eut pas à attendre longtemps. Aussitôt qu’elle eut relevé son point, les clameurs s’arrêtèrent et elle entendit le son d’une course effrénée jusqu’à ce que la porte soit ouvert en grand sur le grand, l’unique, Dragan Siragu, avec ses grands yeux globuleux qui roulaient presque dans leurs orbites, son odeur de graisse de bacon, son crane chauve et la longue barbe accrochée à son menton qui tremblaient de façon presque comique à chaque fois qu’il ouvrait la bouche.

"REBECCA ALBRIGHT"

La rousse sursauta légèrement, ne s’étant pas attendue à se faire hurler dessus tout de suite. D’ici quelques minutes peut être, mais tout de suite...

"Vous êtes seule ?"

"Bonjour à vous aussi, je-"

"Vous êtes venue seule ?"

"Un policier m’attends en bas. Si vous êtes occupé je peux repass-"


Sans prévenir il l’agrippa par le poignet et la traîna à l’intérieur en claquant la porte derrière lui tellement fort qu’elle se rouvrit aussitôt. Un instant elle cru qu’elle allait devoir lui trancher la main pour la retirer de sa peau mais il l’avait juste attirée dans ce qui semblait être un salon. En tout cas il y avait un divan avec un squelette dessus et des centaines de bougies sur les meubles. Pendant une poignée de secondes il ne bougea plus, les yeux dans le vagues, transi, comme s’il venait juste de voir un fantôme. N’y tenant plus Rebecca tira doucement son poignet de ses doigts glacés.

"Monsieur Siragu ?"

Il se retourna vivement vers elle, comme s’il remarquait tout juste sa présence.

"Nous devons parler de votre audition de sentence"
articula-t-elle lentement "je suis votre avocate, c’est pour ça que je suis-"

"THE."

Oui, bon, s’il comptait lui crier dans les oreilles à chaque fois qu’elle essayait de finir ses phrases ça allait vite devenir fatiguant.

Rebecca se laissa tomber dans le divan sans se préoccuper de son occupant insolite et attendit patiemment que Siragu revienne, ce qui risquait d’être long vu qu’il avait recommencé à hurler.
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MessageSujet: Re: L'enfer c'est les autres   Mar 20 Sep - 22:19

L'enfer c'est les autres




Calé contre le mur, j'écoute les bribes de conversation qu'ils échangent avant qu'elle ne soit invitée à rentrer. Invitée... sorte d'euphémisme. C'est comme s'il venait de la happer à l'intérieur de son domicile. Il doit recevoir beaucoup de nana chez lui, ce mec. Et celles qui ont la malchance d'entrer finissent façon puzzle faut dire. Bref. Je crapote mon clou de cercueil dans mon coin, et je laisse le bout de mes phalanges glisser sur mon paquet au fin fond de ma poche, prêt à en allumer une autre dès que ma clope actuelle en arrivera au filtre.
Patient, je tente d'essayer de deviner ce qui se dit là dedans. Quand on est mage, on a ce don là, parfois. Un truc de médium un peu. On comprend, on devine. Mais pas là. Là c'est... Waterloo morne plaine. Pas d'impression. Pas d'images. Pas d'idée. Quelque chose me bloque, et ça me gonfle.
L'énervement me fait amorcer un petit soupir blasé. Soupir qui se tranforme en petits toussements. Et ça va crescendo. Quand ma quinte de toux s'achève, je suis à genou. Mon regard flou fixe d'abord la tâche sanguinolente qui macule l'intérieur de ma main, et puis il dévie doucement vers la plainte murale, couverte d'un résidu sableux. Il est noir, et jaune par endroit


« Fils de pute... »

C'est du charbon et du soufre. Ça peut paraître débile. Au pire, un être humain normal commencerait à supposer qu'un artificier fait des trucs louches dans le coin. Mais un type comme moi saura que les formes de magie les plus noires ont tendance à faire suinter ce genre de truc. Surtout quand on conjure des démons. Sale race.
Je me relève tant bien que mal, et je me traine dans le petit couloir jusqu'à la porte de chez ce salopard. Parce qu'avec ce genre de résidu... je sais que les projets qu'il a pour l'avocate ne sont pas spécialement sympathiques.

Allez Johnny, c'est le moment de faire une entrée remarquée.

Constantine Style...

Je me frotte les mains, je prends une grande bouffée d'air, et je prends finalement un petit pas d'élan avant de venir enfoncer mon pied dans la poignet de la porte. J'ai du bol, l'endroit est miteux. Le bois cède dans un craquement terrible. Siragu a l'air totalement étonné dans un premier temps. Il me faut un simple coup d'oeil vers les plantes qu'il comptait mettre dans son "thé"  pour comprendre ce qu'il s'apprêtait à faire. De quoi rendre son futur sacrifice beaucoup moins réticent à l'idée d'être transformé en chef d'oeuvre ésothérico-gore.


« Con... Constantine ! »

Son petit air ahuri se change bien vite en une moue parfaitement rageuse. J'ai l'habitude de ce genre de réaction. Quand j'vous dis que j'suis célèbre dans le milieu, on va pas se mentir, on part sur un bad buzz.
Bref, je lui vends mon sourire plein de provocation et de dédain, et ce salopard ne met pas bien longtemps à attraper un couteau de cuisine qu'il brandit au dessus de sa tête en braillant dans sa langue.
Sa colère ricoche, et retombe aussi sur Albright.


« Tu l'as amené ici » qu'il braille. « Tu paieras. TU PAIERAS ! VOUS PAIEREZ TOUS LES DEUX ! Si je n'y arrive pas, les autres prendront le relais ! Vous ne pouvez rien RIEN RIEN ! »

J'ai envie de lui caser une blague sur mon capital financier inexistant, mais il m'en laisse pas le temps. Son couteau, il finit par s'en servir. D'un geste sec, il fait glisser le fil de la lame sur sa propre paume, navrant si profondément sa chaire que je vois ses doigts trembler. Il s'est déchirer les tendons. Il colle sa main sur le mur le plus proche, et commence à baragouiner des trucs dans une langue qui m'échappe. La sonorité ressemble à un mélange de langue sémite, et de roumain justement.
J'aurais pas été spécialement inquiet si les lumières n'avaient pas commencé à vaciller. C't'enculé est en train... de balancer un sort ?

Ni une, ni deux, j'attrape la bouilloire qui siffle, et d'un coup d'un seul, je viens la lui éclater sur le coin du museau. Le bruit est incroyable. Mais alors que je m'attendais à ce qu'il soit totalement sonné au sol, le voilà qui se roule dans tous les sens en beuglant. Forcément... l'eau bouillante s'est renversé sur lui et ne l'a pas loupé. Dans le genre intervention qui craint, ça s'pose là.
Il roule, il beugle, il beugle, et je sais pas tellement quoi faire. J'suis tenté de le finir à coup de talon. Mais je sais que c'est jamais une grande idée. Il finit par se calmer, en se tenant en boule un petit instant. Je lance un regard vers l'avocate.  


« La police c'est plus c'que c'était hein ? »

Ouais c'est une vanne. D'ailleurs y en a un qui rigole. Notre boucher préféré est à présent assis. La moitié de la gueule cramé, son regard semble différent. Et à bien y réfléchir, le timbre de sa voix est... surprenant. Plus rauque. Le ton est plus calme aussi. Quant à la voix... elle n'a strictement rien à voir avec celle du gueulard à moitié illettré que l'avocate venait de croiser.

« Elle est déjà à nous » annonce-t-il. Lui oui... ou celui qui parle à sa place. Parce qu'il est clair que ce n'est plus sa voix. Quelqu'un d'autre parle à sa place. Et quand ce genre de truc arrive, on peut sans problème cocher la case saloperie maléfique.
Et ça s'arrête pas là. Machin se relève à la manière d'une poupée désarticulé, ses bras pendant de manière assez improbable. Dans la pièce, l'atmosphère perd à cet instant précis, une dizaine de degrés. Il règne un froid d'hiver.


« Elle nous fera venir ici. L'hécatombe qui arrive nous abreuvera de sang. Des charniers nous nous nourrirons pour marcher sur votre monde et en sucer la vie ! »

J'arque un sourcil. Je m'apprête à demander le nom de ce connard. Mais encore une fois niveau mise en scène, il me met à l'amande. D'un coup d'un seul, le voilà qui se tord en biais jusqu'à faire craquer ses os. J'entends d'où je suis, ses tendons céder, ses os plier et claquer finalement avant qu'il ne s'écroule sans vie dans une posture grotesque. C'était... plutôt malsain. La chaleur revient. Mon envie de fumer aussi. Je lance un nouveau coup d'oeil vers Albright tout en casant une clope entre mes lippes. Coup de briquet. Grande inspiration.

« Il t'a touché ? »

Oh que oui il l'a touché. Quand il lui tenait le poignet. Il l'a marqué, sans qu'elle ne s'en rende compte. Sur son avant bras, quelques glyphes se trouvaient sur sa peau, d'un couleur rouge, sans boursouflure, aussi net qu'un tatouage.

« Désolé Trésor, mais ta soirée s'annonce pas super... »

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MessageSujet: Re: L'enfer c'est les autres   Mer 21 Sep - 15:17

Rebecca Albright

John Constantine

L'enfer c'est les autres

Dire que la situation était hors de contrôle était un euphémisme.

A un moment tout allait bien. Enfin aussi bien que possible quand on était coincé dans un des pires endroits au monde avec un psychopathe dont les mains tremblaient tellement en portant son service à thé que Rebecca se demandait avec dégoût s’il n’avait pas Creutzfeldt-Jakob. Après tout ce qu’elle avait lu sur lui, qu’il s’adonne au cannibalisme ne l’aurait pas étonnée. Ah et elle remarqué avait une discrète poussée d’allergie là où il l’avait touchée aussi. C’était dire que l’individu lui était antipathique. Somme tout oui, la situation n’était pas très agréable, mais on avait vu bien pire.

C’est pour ça que lorsque en moins de deux minutes celle ci passa de ‘prendre le thé avec un client’ à ‘voir mon garde du corps debout sur les débris de la porte alors que mon client se tortille sur le sol en hurlant comme une cochon qu’on égorge’ la jeune avocate fut pour le moins décontenancée. Mais elle se retint de lancer un véhément ‘c’est quoi ce bordel ?’ se contentant de demander qu’on lui explique ce qui était en train de se passer en se levant prestement. C’est vrai quoi, ses affaires étaient déjà assez compliquées sans que tout parte complètement en cacahuètes au bout de trente secondes !

Alors oui elle avait beaucoup de questions, par exemple comment Siragu connaissait-il Constantine ? Qu’est-ce que cette pauvre porte avait bien pu lui faire ? Elle était moche mais quand même. Pourquoi il pensait qu’il devait encore faire semblant d’être un policier après avoir attaqué son client à coup de petit électroménager ? Et surtout pourquoi c’était elle qui devait se faire crier dessus et pas lui d’abord ? Ce manque de justice, mon Dieu.

Les bras croisés, donnant à Constantine le regard le plus dubitatif qu’il soit, Rebecca haussa à peine un sourcil quand Siragu joua les ventriloques et fit son petit speech façon Exorciste. Non effectivement elle n’avait pas vraiment eu peur quand un demi-macchabée sanguinolent avec une main pratiquement coupée en deux l’avait déclaré comme sa propriété. Ce n’était pas du tout par candeur, mais plutôt par habitude des tarés et de leurs excentricités. Quand la lumière trembla alors qu’il se relevait de la façon la plus... la moins naturelle qu’on pouvait imaginer, elle fit un pas en arrière, un frisson parcourant son dos. Mais elle ne réalisa pas tout de suite. Quand Constantine lui lança son annonce sombrement la pression monta d’un cran mais le cerveau profondément Cartésien de Rebecca Albright qui avait jugé que la catéchèse n’était qu’un ramassis d’âneries d’un autre âge qui n’était utile que pour retenir le latin refusa de croire en ces bêtes superstitions de bonnes femmes.

A l’époque où tout ça avait été inventé on s’éclairait à la graisse de vache et on prenait les tueurs en série pour des bêtes poilues parce que la télé réalité n’avait pas encore été inventée alors il fallait bien s’occuper. En ce temps là un charlatan comme Siragu, avec ses tours de comptoir et sa démarche bizarre, aurait terrifié la donzelle vers qui il se serait soudainement jeté.

Mais cette époque était révolue.

D’un coup vif Rebecca sortit l’épée de sa canne et trancha nettement son opposant en deux. Ses bras volèrent, son sang gicla sur les murs, le tronc définitivement séparé de ses jambes, tombées en chien de fusil sur le sol.

"Bienvenu au 21ème siècle" dit-elle sèchement en regardant le demi-macchabée à ses pieds avec satisfaction.

Il resta immobile.

Elle soupira. C’est qu’il avaient réussi à lui faire peur avec leurs bêtises ces deux là. Ce n’était pas un mince exploit. Essuyant sa lame contre le divan, chevalier Becky allait dire cela à son pseudo garde du corps sur le ton de la conversation quand ses paroles moururent sur ses lèvres.

Il avait bougé.

Ses pieds reculèrent.

Non c’était impossible. Elle avait mal vu. Ses yeux étaient fatigués à cause des effets de lumières.

Mais si ! Il avait bougé ! Son intestin tremblait ! Juste là !

Ça n’avait pas de sens voyons. Un cadavre quand on le découpe en morceau il ne prend pas ses petites pattes à son cou pour se recoller tout seul. Il reste sagement mort. Sur le sol. Sans bouger
Sa dernière pensée cohérente en voyant les intestins de Siragu se tordre sur eux même pour se traîner vers ses jambes fut que celui là ne devait pas avoir eu le mémo.

Les genoux se replièrent pour tenter de se relever mais retombèrent sur le sol avec un bruit mat. Là bas un bras roulait avec difficulté sur le colon qui glissait comme un nid de vipères. Les doigts pianotaient avec impatience en attendant le reste.

Son dos vînt se plaquer contre le mur sans que Rebecca ne se rende compte de ce qu’elle faisait, raisonnement complètement réduit à néant. Il bougeait. Il était mort et il bougeait. Ca n’avait pas de sens et c’était impossible et le monde marchait sur la tête et oh mon dieu elle allait mourir et tiens sa mamie elle n’avait pas des prières pour tout ce qui passait et il n’y avait pas une prière là dessus pour quand ça sentait le souffre ? Parce que ça sentait très fort le souffre là. Non il n’y en avait pas. Si. Si si. Pour les cas désespérés. Mimine l’avait fait pour sa vie amoureuse à l’époque mais -Oh non le bras s’était recollé maintenant ! C’était quoi c’était quoi c’était qu- ST JUDE ! C’était St Jude, patron des cas désespérés qui devrait vraiment lui donner un coup de main là de suite, rapidement, merci, très sympathique...

"Mais qu’est-ce qui se passe ?"
Gémit-elle faiblement.

La plainte n’était pas vraiment tournée vers Constantine. Si elle avait eu l’esprit moins embrumé elle aurait de toute façon souligné avec acidité qu’ils n’avaient pas vraiment le temps là tout de suite, qu’on s’en fichait bien du pourquoi ou du comment du moment qu’il existait une solution pour sauver sa tignasse rousse. Dans l’état où elle était, la seule chose qui lui semblait avoir un tant soit peu d’utilité fut de basculer sa tête en arrière et de crier. Rebecca hurla à pleins poumons comme un animal blessé si fort que sa voix se brisa au bout d’une dizaines de secondes, la laissant haletante mais plus à même d’affronter ce qui allait très certainement lui arriver en pleine figure.

Les psychologues appelaient ça la thérapie du Cri Primal.

Effet radical garanti.

Sans se détourner du corps dont les jambes s’étaient redressées tandis que le tronc finissait de se rattacher, elle haussa le ton pour que ce qui devait être son seul allié puisse comprendre son grincement.

"Bon !" Dit-elle en soufflant profondément, tentant de reprendre pied en pleine tempête." Je suis vierge et je connais la neuvaine à St Jude, ça aide ?"

Tout son univers, ses convictions, sa santé mentale même se fractionnaient sous la lumière vacillante face à cette-cette chose qui ne devrait pas, qui ne pouvait pas exister. En ce moment précis où il n’y avait plus rien d’autre que l’horreur de voir un mythe sortir d’Outre Tombe, son sang grouillant sur la moquette sale pour repeupler ses entrailles, son seul espoir était qu’il reste un peu de logique en ce bas monde. Que si ce côté là pouvait venir la tirer dans l’abysse, l’autre pourrait répondre à l’appel pour la ramener dans la lumière.

Avec un dernier soupir elle se redressa et serra ses mains tellement fort qu’on pouvait voir ses jointures blanchir. Rebecca était peut être incapable de se souvenir d’une prière pour sauver sa peau, mais rien ne l’empêchait de l’inventer.

"Sancte Jude, spes desperatorum, ora pro me ..."

Sa prière s’interrompit dans un petit glapissement de surprise quand l’ampoule du plafonnier explosa en une pluie de débris acérés, plongeant la pièce un peu plus dans le noir.

St Jude, espoir des désespérés, priez pour moi.

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MessageSujet: Re: L'enfer c'est les autres   Mer 21 Sep - 23:04

L'enfer c'est les autres




Je m'apprête à m'en cramer une. Après tout ça, je jugeai le moment propice mais ce qui se passe par la suite parvient à me surprendre au point de me laisser totalement coi. Faut dire que le coup de la canne épée, il vient d'ailleurs. Et de voir une avocate trancher un type – possédé ou non – en deux comme un fruit mûr, ça a de quoi être étonnant. Je reste à fixer la scène un petit instant, avant de secouer la tête. Mon regard glisse vers ma tenue, et c'est avec un air blasé que j'observe la tâche rouge foncé sur ma cravate carmin. Sérieusement... c'est la seule que j'ai amené avec moi.
Je soupir, je m'apprête à pester, ou à commenter, mais tout ne fait que commencer. Voilà que notre ami puzzle sanguinolent revient à la vie, pour se recoller.

Les bruits sont immondes. La scène assez surréaliste. Néanmoins, on revient dans mon domaine. J'ai déjà vu ça quelques fois. Comme souvent dans ces cas là, il n'y a pas trente six solutions pour régler le problème. Le feu est idéal pour achever les possédés qui ne veulent pas rester mort. Le coté divin des flammes, je suppose. Je me détourne donc de la scène, comme si elle était totalement ordinaire, laissant Albright hurler. Et quel coffre elle a, la rouquin ! Un joli souffle suffisamment long pour me permettre d'attendre la cuisine, et de trouver sous le meuble de l'évier un produit ménager ou le joli sigle « Inflammable » orange me saute aux rétines. Je me permet une brève halte auprès de la gazinière, toujours allumé, et après avoir claqué une clope éteinte entre mes lèvres, je me penche dessus pour en embraser la tête.

Quand elle se tait, l'avocate joint ses mains, et se lance dans une prière qui m'étonne un peu. Elle est assez spécifique dans un sens. Est-ce que je viens de tomber sur une putain de bigote ? Une bigote qui vient de trancher un mec en deux avec une canne épée. On sort tout droit d'un film sur l'époque victorienne. La seule différence finalement, c'est que le corset qu'elle porte est orthopédique.
Ni une, ni deux, j'ouvre le bouchon de la brique et j'en renverse le contenu directement sur notre puzzle gore. Un coup de zippo et... sbwaf.


C'est comme ça qu'on peut faire aboyer un chat...

Le feu a l'effet escompté, et après quelques tours de bras, notre ami finit par s'écrouler au sol, crépitant et fumant. Ce coup ci... je suis convaincu qu'il est mort pour de bon. Et qu'il se relèvera pas. Le hic ? C'est que les rideaux merdiques et le canapé commencent à prendre feu eux aussi. Le temps est limité donc.
Je m'empresse d'aller fouiller l'appartement. Il me faut des pistes. Il me faut des noms. Il me faut des infos à utiliser. Et le moins qu'on puisse dire, c'est que je trouve de tout. Excepté ce qu'il me faut. Je tousse, le feu qui ronge de plus en plus les lieux fait naître une fumée de plus en plus épaisse. Ça va faire plaisir à mes tumeurs ça.

Mes yeux me brûlent autant que ma gorge, mais je finis par trouver quelque chose de vaguement utile sous le plumard. Un grimoire dans un cuir étrange que je soupçonne d'être fait en peau humaine tannée, et un calepin sur lequel notre ami magicien noir aura visiblement pris le temps de prendre des notes.
En larme à cause des fumés, je quitte finalement les yeux, en titubant, faisant signe à l'avocate de me suivre. Mieux vaut ne pas traîner ici. Arkham City et les émeutes justifieront les flammes. Mais mieux vaut qu'on ne soit pas dans le coin plus longtemps.
Tandis que je me bagarre un peu en tapant à l'aide du calepin sur les flammes qui commençaient à roussir mon imper – il a appartenu à Lulu, faut veiller à en prendre soin – le souvenir de la prière et de la canne finissent par me faire rire un peu. Je lance un bref coup d'oeil vers Rebecca.


« Molo avec la canne à l'avenir, Van Hellsing. »

Pas sûr qu'elle ait envie de rigoler après tout ça. C'est pas tous les jour qu'on voit ce genre d'embrouille faut dire. D'autant que c'est loin d'être terminé. Je baisse les yeux vers le grimoire, et vers les notes qui ont été prise. J'ai une bonne, et une mauvaise nouvelle. La bonne, c'est que Siragu n'aurait pas vraiment pu nous aider davantage. La mauvaise c'est qu'il y a quelqu'un d'autre à trouver. Comment je le sais ? L'écriture sur le bloc note. Elle est typiquement féminine. Il s'agit d'une liste méthodique de tout ce qui devait être fait. Le nom des victimes, et des schémas pour disposer les corps et les membres ainsi que pour faire les tracés. Le nom de Rebecca Albright figure d'ailleurs sur la liste. Elle colle au mieux au profil des victimes recherchées pour les besoins du rituel.
Et il y a une autre page, avec une écriture dégueulasse. J'en mettrais ma main à couper... c'est Siragu. C'est écrit en roumain, mais un nom ressort :
Penny.

« Dis moi Dartagnan... vous avez bien un dossier complet sur Siragu quelque part ? Et un coin au calme pour qu'on puisse bosser. Pas trop loin d'un coin où je pourrais acheter des clopes si possible... »

Manquerait plus qu'elle bosse dans un de ces nouveaux bâtiments réservés aux non fumeurs.


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MessageSujet: Re: L'enfer c'est les autres   Jeu 22 Sep - 22:49

Rebecca Albright

John Constantine

L'enfer c'est les autres

Et bien.

Elle qui s’était préparée à une bataille finale façon dernier dragon avant les crédits du film, la voilà qui se retrouvait à hausser un sourcil alors que Constantine se contentait de brûler les restes grouillants de son client façon barbecue de fin de soirée. Dans un sens elle était déçue. Ca devait être son sens de l’aventure qui parlait. Ou son adrénaline. Ou l’abus de médicaments de ces dernières semaines. Enfin bon. Au moins elle était en sécurité pour le moment. Et elle savait désormais comment se débarrasser efficacement d’un zombie si la situation devait jamais se représenter.

Mais ça restait désespérément anti-climatique.

Elle resta une seconde les bras croisée, dans une posture qui rappelait un peu celle d’une petite fille en train de bouder, avant qu’elle ne se rende compte de ce que faisait Constantine. Quand il s’empara de ce qui semblait être le carnet personnel de feu  Siragu elle comprit qu’il rassemblait des preuves. Aha. Tout s’expliquait. Contrairement à ce que semblait indiquer son nom, Dragan n’était pas le Dragon Final mais le Miniboss du premier niveau. Se reprenant promptement elle ne fonça pas vers les documents comme son … collègue de fortune pour faute d’un meilleur terme, mais plutôt elle empoigna un sac poubelle, un petit portable du genre jetable qu’elle trouva sur le divan, coincé sous les fesses -enfin les os- du squelette et quelques fragments de papiers qu’elle dénicha dans les cendres de son poêle à bois. Malheureusement elle n’eut pas le temps de faire autre chose, parce que dans la précipitation -ou peut être était-ce voulu?- l’autre avait mit le feu à la baraque et ils durent filer à l’anglaise avant de finir grillés.

Un fois en bas de l’immeuble, visages et vêtements tâchés de suie mais vivants, les deux compères s’interrogèrent sur la marche à suivre. L’idée de Constantine semblait plutôt claire et précise : trouver un endroit calme ou ils pourraient travailler sur le problème. Et où il pourrait s’acheter de quoi nourrir un peu plus la mauvaise toux qu’il traînait depuis leur rencontre et certainement bien avant ça. Sauf que l’idée de Becky était tout autre.

"Suivez moi."

S’il se trouvait que ce type était digne de confiance, ou tout du moins suffisamment nécessaire, elle le ramènerait chez elle et se donnerait à trois cent pour cent. Dans le cas contraire il n’était pas question qu’elle se coltine un traître potentiel. Sa vie n’était pas terrible mais elle l’aimait bien, surtout quand l’alternative était de finir comme... Elle préférait ne pas y penser.

Rebecca attendit néanmoins qu’ils soient sortis d’Arkham City la décadente pour lâcher toutes ses affaires et dégainer à nouveau son épée. Vive comme l’éclair grâce à l’adrénaline, elle pointa sa lame droit dans l’aile du nez du grand blond, à à peine un centimètre de son iris. Un filet de sang coula jusqu’à son menton.

Elle avait toujours été douée pour captiver son auditoire.

"Il est grand temps qu’on mette les choses au clair vous et moi. " Commença-t-elle gravement, le regardant droit dans les yeux. " Je n’ai pas l’habitude d’obéir au doigt et à l’œil du premier clochard venu, même s’il est armé d’un pseudo badge. Alors oui, j’ai tout un dossier sur Siragu et d’autres ressources qui pourraient vous être utiles."

Notamment deux-trois criminels qui lui devaient des faveurs et les connaissances de Talkem, Steelem & Runne si elle était encline à payer rubis sur l’ongle.

"Mais voilà je viens aussi de voir le cadavre morcelé de mon client se la jouer Nuit des Morts Vivants -et je n’ai pas l’habitude de tuer mes clients ça croyez moi ! – puis se recoller comme un puzzle magnétique !"
De plus en plus énervée maintenant qu’elle était dans sa lancée, son timbre partit en crescendo. "J’ai un symbole ésotérique rouge pétard qui est apparu sur mon poignet et aux dernières nouvelles quand on baragouine des bêtises en latin les lampes ça n’explose pas ! "

Entendant sa voix atteindre des sommets en matière de décibels, Rebecca prit une profonde inspiration pour se calmer. Ça ne servait pas à grand chose de lui hurler dessus comme ça, à moins qu’il n’ai envie de finir avec un cache-oeil de pirate en travers le visage il allait se tenir tranquille. Par contre, remarqua-t-elle, avec les tremblements de sa main il avait désormais une belle Mensur à l’allemande qui partait vers sa pommette. Tant pis, il paraissait que les femmes en étaient folles. Elle ramena la pointe de sa lame vers son œil et se força à garder son épée immobile. Une fois que tout fut sous contrôle, elle reprit sur un ton posé, presque plaisant :

"Ce qu’on dit dans le métier Monsieur Constantine, c’est qu’un avocat c’est comme un médecin. Si vous voulez qu’il vous aide il faut lui dire la vérité. Alors dîtes moi contre quoi on se bat maintenant, parce que même si je ne sais rien sur rien je préférerais me débrouiller seule que d’être guidée tout droit vers l’abattoir. Vous voyez ce que je veux dire ?"

Il avait intérêt parce qu’au moindre frémissement de travers il allait finir sa carrière de chieur et entamer une brillante carrière de kebab. Se remémorant les divers surnoms dont il l’avait affublée elle se permit d’ajouter un addendum de dernière minute.

"Et je vous conseille de vous retenir niveau sarcasme. A moins peut être que vous ayez envie de finir aussi borgne que je suis boiteuse ?"

Son garde du corps tourné victime d’agression en bout de ruelle sombre allait devoir être poli.

Mon dieu.

Quelle infamie.
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MessageSujet: Re: L'enfer c'est les autres   Ven 23 Sep - 0:24

L'enfer c'est les autres




Elle est bizarrement calme pour quelqu'un qui vient de voir un homme revenir à la vie, parler avec une voix qui n'est pas la sienne, se recoller après avoir été tranché en deux, et brûlé vif. J'aurais peut être du me méfier un peu plutôt que de la suivre bêtement, traînant à quelques pas derrière elle jusqu'à la sortie de cette prison ville. Un petit tour à l'aide de ma carte magique pour passer les quelques postes de garde des Tyger et je me permets de prendre une graaaaande inspiration d'air sitôt à l'extérieur des murs. Comme si la liberté avait meilleur odeur.
Les mains dans les poches, je suis le rythme, je m'apprête à cramer ma... troisième cigarette depuis notre sortie de chez Siragu quand je me retrouve nez à nez avec une lame effilée, pointue et un peu trop appuyée contre ma peau.

Je sens déjà le sang glisser sur mon visage. Et je devine que les gouttes vont saloper mes fringues. Sans déconner, ça tient du vice de vouloir dégueulasser les affaires des gens. Je serais pas surpris de savoir qu'elle a des actions dans les laveries du coin, tiens.
Louchant sur la longueur de la lame, je m'attarde sur le visage de la rouquine qui s'énerve visiblement à mesure qu'elle crache ses mots et qui m'entaille toujours plus profondément en déviant un peu. Et dire qu'on m'avait dit que les gens d'ici étaient bien plus fréquentable que les glands de mon pays natal. Tu parles d'un publicité mensongère.

Quand elle remarque que son arme a dévié, elle marque une pause. Je pense que je vais pouvoir m'éclipser et causer mais... non. Saloperie. Elle enchaîne à nouveau. Son dernier conseil fait toutefois briller mon regard d'une lueur mesquine. J'étais enclin à régler ça sans coup tordu ni magie. Mais vu que madame veut me forcer à vendre la mèche ET à mettre de côté mon charme – comprenez par là mes sarcasmes et mes traits d'humour noir – la donne change.

Je fixe mon regard dans le sien, faisant brièvement le vide dans mon esprit. Mes mains s'agitent un peu, la dernière phalange de mes pouces venant dans un rythme batard venir tapoter le reste de mes phalanges. Un petit sort de rien du tout qui lui apprendra la vie.
Quand j'achève mon petit manège, la pauvrette peut découvrir que l'ensemble de son corps ne lui répond plus. Elle ne peut plus bouger d'un pouce, à l'exception de ses yeux qui peuvent suivre. Elle peut réfléchir, penser, regarder, comprendre et... découvrir avec stupeur que son corps est à présent une prison de laquelle elle ne peut pas s'échapper.

Je peux me défiler, et venir me mettre à côté d'elle, épaule à épaule.


« Toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire, Maître Albright. À un médecin j'éviterai par exemple de parler de possession pour éviter de finir interné. Tout comme j'éviterai d'expliquer à une cour de justice qu'un meurtrier qui dispose les membres de ses victimes sur des symboles ésotériques tracé le plus souvent avec du sang n'est probablement pas aussi coupable qu'il n'y paraît. »

Je croise les bras, et je fouille ma poche à la recherche de... devinez quoi. Mon paquet de clopes bien sûr. Je peste, j'enrage. Il est vide. Ça va pas aider à la paralysie de la rouquine ça. D'un petit coup de main, je viens virer le filet de sang qui glisse jusqu'à mon menton, avant de venir donner une petite pichenette sur le plat de la lame pour la faire tinter. Bel ouvrage, vraiment. Mon index suit alors l'arme, jusqu'à sa garde, et puisqu'elle n'est pas en mesure de m'en empêcher, je me permets de remonter un peu sa manche pour venir observer son poignet, et la marque qu'elle avait mentionné un peu plus tôt. Une grimace légère marque mon visage.

« Votre âme ne vous appartient plus. »

C'est le constat qui suit ma découverte. Cette marque lit l'avocate à la Bête qui doit être invoquée. En mourant, l'âme ira nourrir le démon qui s'en servira pour prendre forme ici. Je suppose que les autres victimes ont, bien malgré elles, payé le même prix.

« Siragu est un pantin. Un pantin qui a tué cinq personne et qui a été capable de faire un joli retour d'entre les morts. Imaginez ce que la personne qui est au dessus de lui doit être capable de faire. Qui plus est, le rituel a visiblement pour but de faire venir ici quelque chose de très très dangereux.»

Lentement, je me décale pour venir reprendre ma posture première, du mauvais côté de la lame.

« Mon job, c'est en général d'empêcher que des choses du genre arrivent. »

Avec tout ça, je suis pas sûr qu'on aura le temps de faire un saut du côté d'un vendeur de tabac. Elle fait chier...

« Alors... on peut continuer à jouer ce petit jeu des menaces. Achever ce petit tête à tête en un combat d'infirme entre une boiteuse et un borgne. Ou bien... on peut travailler sur le dossier, gauler les potes de Siragu, faire traduire ces notes, identifier la personne qui chaperonne, comprendre de quelle entité on parle. Ta marque disparaît, les potes de notre ami roumain finissent dans de beaux draps, et la saloperie qui cherche à quitter son plan infernal voit ses desseins annyhilé par notre formidable doué. »

Je serre un peu les dents, et je me contente alors de lever le maléfice, lui rendant toute sa mobilité. Et le contrôle de la situation du fait de son arme, et de ma présence face à sa lame.

« Alors... elle va réussir à supporter mes sarcasmes la damnée ? »

Ou bien elle peut toujours me fumer ici. Avec un coup de chance je me sentira moins seul dans les limbes infernales quand elle viendra m'y rejoindre. Parce qu'avec la marque sur son poignet, c'est là qu'elle va finir après tout.  


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MessageSujet: Re: L'enfer c'est les autres   Sam 24 Sep - 16:46

Rebecca Albright

John Constantine

L'enfer c'est les autres


Alors de deux choses l’une : soit elle le giflait maintenant, soit elle le giflait plus tard, mais dans tous les cas il allait s’en prendre une.

Parce que non, Rebecca Albright n’appréciait pas qu’on l’immobilise façon statue de cire juste pour lui montrer à quel point elle était faible. Elle le savait ça, merci, entre la patte folle, le corset et le fait qu’elle ne comprenait rien sur rien ç’aurait été compliqué de se convaincre qu’elle avait le contrôle de la situation. Mais en profiter pour lui arracher jusqu’au contrôle de son propre corps, ça ça ne passait pas. Tout le temps où Constantine lui tournait autour en se moquant de sa victime, son bras lui démangeait de pouvoir le transformer en puzzle sanguinolent. Qui sait, peut être que lui aussi se recollerait.

Sauf que voilà, même si la damnation éternelle lui passait largement au dessus de la tête – en plus elle pensait avoir déjà vendu son âme à un médecin d’Arkham- Rebecca n’avait pas envie de faire torturer. Elle avait déjà un peu d’expérience dans le domaine, merci absence d’antidouleur, alors ce n’était pas quelque chose qui lui faisait très envie. Or, si elle voulait éviter cela, il fallait qu’elle le garde dans le coin. Même s’il ne lui avait pas répondu. Même s’il ne servait à rien. Même si c’était un connard et que ses artères feraient une très jolie fontaine si elle lui coupait la tête.

Prise d’un doute à cette dernière pensée, la première chose qu’elle fit quand il lui rendit l’usage de ses membres fut de regarder l’heure. Ah, tu m’étonnes qu’elle commence à penser gore et assassina, elle aurait du prendre ses calmants une demi-heure plus tôt. Relevant le nez vers Constantine l’avocate retira sa lame, la laissant ‘accidentellement’ griffer son visage en travers de sa joue tant qu’elle y était.

"Ah vous voyez quand vous voulez !"
Dit elle avec un grand sourire hypocrite en verrouillant sa canne. "Bon, vous ne m’avez toujours pas dit comment je peux me protéger et donc éviter votre apocalypse là, mais c’est pas grave, c’est l’intention qui compte !"

Sans attendre de réponse elle se retourna et prit la direction de son immeuble. Ils n’étaient plus qu’à une dizaine de minutes de son appartement maintenant. L’avantage d’habiter dans les Narrows, c’est qu’au moins elle n’avait pas beaucoup de chemin à faire quand elle rentrait d’Arkham City.

Il est à noter qu’elle avait employé le ton haut perché d’une maîtresse d’école félicitant un petit garçon atteint d’un retard mental pour avoir réussi à faire pipi a bon endroit.

°°°°

Lasse, Rebecca laissa tomber ses clé et sa canne sur la table basse avant de retirer son corset orthopédique sans se soucier de la présence de l’intrus. Comme de bien entendu, l’ascenseur était en panne et elle avait du monter les trois étages qui la séparaient de son canapé à pied. Quand à Trevor, petite bestiole grise et pire chien de garde de l’univers, il lui avait fait la fête en sautillant pendant cinq secondes avant de se jeter gaiement vers le nouveau venu, parce qu’ici il y en avait au moins un qui avait le sens de l’hospitalité.

Une fois la coque de résine retirée et jetée sur le divan, Rebecca partit vers la cuisine pour récupérer ses pilules et une partie du dossier abandonnée sur son micro onde à côté de la confiture. Retournant dans la pièce à vivre elle jeta les feuilles sur la table sans cérémonie.

"Ca, c’est son casier judiciaire et la liste des différentes personnes qui sont venues le voir pendant qu’il était en détention provisoire au commissariat. Il y a aussi son dernier coup de fil autorisé et la retranscription de celui ci. " Elle pencha la tête en arrière pour avaler ses médicaments avant de continuer. " Je reviens, je vais chercher le reste."

Après un petit détour par sa chambre elle revint avec un classeur souple rempli de feuilles volantes qu’elle ajouta à la pile.

"Et ça c’est le détail de ses crimes, des preuves, de l’enquête de la cellule homicide et le compte rendu du légiste."


Qu’elle n’était pas censée avoir mais avait obtenu grâce à ses contacts au cabinet.

Connaissant déjà tout ce qu’il y avait écrit dans les éléments de dossiers qu’elle lui avait donné, Rebecca empoigna plutôt le sac poubelle et s’accroupit sur le sol là où elle avait laissé son vieil ordinateur avant de partir. Tout d’abord elle alluma l’ordinateur, le brancha au portable de Siragu grâce à un adaptateur et lança un programme absolument pas légal pour obtenir son historique d’appels et tout ce qui pourrait compter. Son ordinateur portable à elle étant horriblement lent, ça allait prendre du temps alors autant commencer par là. Puis, tandis que la machine soufflait, elle vida le sac sur le sol.

A première vue rien de bien anormal. Des reliefs de repas. Des mouchoirs usagés. Les bribes de papiers roussis par le feu qu’elle avait récupéré. Mais il y avait une chose qui ne collait pas. Deux en fait. Rebecca se saisi des sacs en papiers et les défroissant, elle vit que son instinct s’était révélé être correct. Ca, ça venait d’un fast food et aux dernières nouvelles il n’y en avait aucun d’ouvert à Arkham City. Elle ne trouva pas ce qu’elle cherchait dans le premier, mais trouva bien un ticket dans le second.

"Quelqu’un est venu le voir. "Dit-elle finalement à voix haute. "Quelqu’un d’autre que nous, je veux dire."

Elle secoua le ticket de caisse où avaient été automatiquement écrit l’adresse de l’établissement et la date de l’achat.

"Il y a trois jours quelqu’un habitant ici bas dans les Narrows à prit la peine de s’infiltrer à Arkham  City pour lui apporter à manger. Une idée ?"


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MessageSujet: Re: L'enfer c'est les autres   Dim 25 Sep - 18:56

L'enfer c'est les autres



Quand elle retire la lame de devant ma tronche, je ne peux retenir un grognement de douleur. Elle m'a tailladé un peu plus la gueule, la grognasse. Et ça fait un mal de chien en plus de dégouliner bien comme il faut. Les rouquines. Toutes des connasses.
Mais elle a l'air d'avoir envie de mener cette petite histoire à son terme, alors je tiens ma langue, et je me contente de la suivre en levant la tête pour éviter de foutre de mon sang partout. Sait-on jamais, avec la chance que j'ai, un gigantesque fils de pute serait bien capable de venir en récolter pour Dieu sait quelle connerie douteuse. Bref, c'est dans un silence relatif qu'on traverse quelques rues. J'en profite pour laisser mon esprit aller d'insultes en insultes. Destinée à l'avocate oui oui. Je suis presque tenté de la laisser avec sa malédiction au cul. De prendre les infos que j'ai envie de gratter, et de disparaître comme un enfoiré à la moindre occasion.

Ce qui pousse à ne pas le faire ? Clairement pas ma gentillesse non. Filer un coup de main à la version handisport de Van Hellsing, ça devrait me donner un bon point. Le genre de truc pour éviter d'aller nager dans la piscine de lave de Lucifer. Sauver une boiteuse, ça devrait m'en donner deux, d'ailleurs des points. Ou un demi... ça dépend comment ils comptent, les emplumés.

Mains dans les poches, j'entre comme si j'étais chez moi dans le domicile de la rousse. L'accueil du chien est plutôt chaleureux. Et c'est rare. J'ai tendance à effrayer les cabots en règle général. Les chats par contre... ils m'aiment bien. Mais ça, c'est l'affinité magique. Saloperie de félin. Tout le monde en a, et personne ne sait qu'ils ont un côté infernal. Littéralement. Enfin bref. Je fouille ma poche je recherche mes clopes et... et merde. Avec tout ce bordel, on a pas été faire le plein de tabac. Et je suis soupe au lait dans ces cas-là.

Enfin soit. Il faut bosser. Ça aura le mérite de me faire oublier tout ça. De mon côté, je me contente de déposer ce que j'ai pris de mon côté. Le bloc note est notre piste la plus terre à terre dans ce que j'ai pu gratter. Par contre, les larcins d'Albright amènent une piste un peu plus notable. Sans parler de son ordi qui nous filerait sûrement d'autres informations. Pas mal... pour une boiteuse.


« Peut-être que la personne qui est passé par ce fast food est la même qui a rédigé les notes sur le bloc note. Si c'est le cas, on cherche une femme, probablement distinguée. »

D'un geste de la main, j'fais glisser les notes dans sa direction. Ces dernières expliquaient méthodiquement comment agir avec les victimes. De la capture à la manière de les tuer et de disperser les reste ainsi que les ingrédients pour le tracé des motifs au sol. Et bien entendu, le nom de la juriste figurait sur la note. La dernière victime. Plan simple : Siragu devait l'attendre, la droguer à l'aide d'un thé maison. Le tout était consigné dans des phrases strictes, mais à la calligraphie presque parfaite, bien arrondie. Une femme, probablement autoritaire.

Je tourne la page, pour lui mettre sous le nez les notes de Siragu. L'écriture est abjecte et... en Roumain. Je tapote du bout du doigt le surnom de "Penny"  qui figure dans la note. Même si je ne comprends pas le sens de c'qui est écrit je pense fortement que la fameuse Penny est celle qui a rédigé les notes. Et vu le nombre de fois où le nom revient dans le texte de notre boucher d'Amusement Miles, soit il devait particulièrement l'aimer. Soit la détester.


« Enfin il y a... ceci »

Je tends le grimoire dans sa direction avec un petite grimace.

« Ce truc a l'air particulièrement vieux. Et un cuir de ce genre...c'est pas commun. Un grouillot comme Siragu aurait pas pu mettre la main sur un truc pareil. Même s'il baignait dans le mysticisme et l'occulte. C'est trop particulier. »

Et puis, il y a autre chose. Acheter de la nourriture depuis l'extérieur et la ramener dans l'enceinte sécurisée... ce n'est pas à la portée de n'importe qui. La personne qui avait fait ça devait avoir des contacts, ou être plutôt haut placé. Pourquoi pas une femme de loi justement ? Quelqu'un qui avait moyen de savoir que Rebecca serait concernée par cette affaire ? Quelqu'un qui pourrait passer les postes de garde des Tyger pour aller donner ses ordres et de quoi manger à ce taré de Siragu ?

« Est-ce que Siragu était suivi par d'autres personnes ? Contrôleur judiciaire ? Un autre avocat ? Quelqu'un qui pouvait savoir qui irait lui rendre visite pour sa défense ? »

Je tapote du bout des doigts sur la reliure du grimoire.

« Il faut qu'on en sache plus sur ce bouquin. Et pour ça, j'ai besoin d'un téléphone. » lançais-je finalement avant de la pointer du doigt. « Ah et... soit gentille Ma Jolie... ne cherche à lire à haute voix ce qui se trouve dans ce bouquin. »


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MessageSujet: Re: L'enfer c'est les autres   Lun 26 Sep - 23:36

Rebecca Albright

John Constantine

L'enfer c'est les autres


Rebecca Albright leva un sourcil, peu convaincue par le début de son explication et se moquant éperdument de son bouquin, mais ne fit aucune remarque pour le moment. A la place elle pointa le téléphone du doigt et se retourna vers son ordinateur pour regarder ce qu’il avait chargé jusque là. Siragu n’avait pas d’images, ni de musiques, ni de vidéos sur son téléphone. Peut être que le portable lui avait été donné uniquement pour le travail ? Ca se pourrait. Il avait fait très attention en tout cas, remarqua-t-elle avec agacement, il n’y avait même pas un seul petit sms, rien d’aussi facilement lisible. Cependant trois numéros revenaient très souvent. Parfois plusieurs fois par jour en fait. Et quelque chose lui disait que ce n’était pas sa mère.

Maintenant que ça c’était fait, il était temps de passer à la théorie foireuse de l’autre. Déjà elle avait un peu de mal à voir une femme distinguée et ayant un tant soit peu de cervelle s’associer directement avec une raclure de bidet comme Dragan Siragu. Ou même aller dans un fast food, elle ressortirait comme un mouton noir dans une bergerie. Mais surtout aller voir Siragu elle même, Rebecca non plus ne l’avait pas fait. Ca ne coûterait rien de comparer l’écriture du bloc note à celle des visiteurs de Siragu, pareil pour celle des papiers brûlés, mais elle doutait tomber sur quoi que ce soit. Si cette inconnue avait des moyens et des connections suffisants pour faire marcher cette conspiration, elle en aurait assez pour se payer des larbins.

Quand à sa connaissance du fonctionnement du tribunal et du système judiciaire... Disons que Becky se cantonnerait à dire que Constantine avait quelques lacunes. Elle secoua sa tête avec un petit rire sans joie.

"Si seulement c’était aussi simple. " Elle finit son rire sur un soupir. " Je ne sais pas comment ça se passe chez vous " Et elle avait d’autres chats à fouetter " mais ici le tribunal publie à l’avance l’horaire des séances à venir dès qu’elles sont planifiées, qui sont les défendents, le nom du juge, des procureurs... Tout est là. La seule chose dont on ne parle pas c’est du jury parce que les membres sont tirés au hasard."

Elle haussa les épaules avec un brin de défaitisme.

"N’importe qui aurait pu savoir qui défendrait Siragu du moment qu’ils connaissaient son nom. Après pour ce qui est de ma visite ça pourrait être plus compliqué... Mais pas du tout en fait. On à une date limite pour la visite de nos clients, c’est dans la loi donc il suffit de faire une petite recherche internet ou d’ouvrir un livre de droit pour le savoir. Et devinez quoi ?" Elle lui fit un sourire en biais depuis le sol. " La date limite, c’était aujourd’hui. " Elle fit une pause de quelques secondes, ayant mit le doigt sur quelque chose de troublant, et fronça les sourcils. " Maintenant que j’y pense, peut être qu’on devrait bouger. Parce que s’ils me surveillaient et qu’ils surveillaient Siragu il y a de bonnes chances qu’ils vont vérifier que Siragu m’a bien assassinée et comme toute la rue doit être en feu à l’heure qu’il est..."

Elle resta immobile une seconde de plus. Il avait quand même raison sur un point. Si la personne tirant les fils pouvait entrer -ou faire entrer ses larbins- à Arkham City comme dans un moulin, trouver l’adresse d’une pauvre petite avocate n’allait pas être un gros challenge. Son ordinateur portable fut refermé avec un claquement sec. Deux secondes plus tard Rebecca était debout et tout sauf le grimoire avait été fourré à la va vite dans son sac en bandoulière. Les vêtements de rechange ou le nécessaire de toilette étaient le moindre de ses soucis.

"Oui, non, on dégage."

Par contre, elle pensa à prendre ses antipsychotiques, ses calmants et sa caféine.

L’enquête risquait d’être un peu compromise si elle tuait son collègue dans un mouvement d’humeur.

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MessageSujet: Re: L'enfer c'est les autres   Sam 1 Oct - 21:34

L'enfer c'est les autres



Je reste à l'observer un petit moment, plissant doucement les yeux. Je pensais avoir une esquisse d'idée. C'est pas le cas. Merde. Double merde d'ailleurs. Même si je suis convaincu que la personne qui a amené la pitance à ce connard de Siragu a un certain standing. Du pouvoir. Du blé. Une place de choix. Probablement les trois à la fois. Cette Penny. C'est elle la clé de tout ça. Je miserai bien mon âme sur la véracité de ma prévision mais mettre en gage quelque chose qui ne m'appartient pas c'est pas correct.
Enfin bref. J'écoute le petit laïus de la juriste, en me frottant brievement le menton et en me creusant les méninges. Putain c'que c'est dur de réfléchir sans cigarette...

« La date limite de la visite chez ce pourceau n'a pas tellement d'importance. Il suffisait donc d'avoir la fourchette pour les visites probables afin de tendre une embuscade. La personne qui voulait se faire un civet de boiteuse. » Je m'arrête là, relevant un œil vers la rousse en me corrigeant . « Un civet d'avocate brillante pouvait planifier son truc sans nécéssairement faire partie du système juridique. Ça aurait été simple, une magistrate un peu louche. »

Trop simple. Et c'est jamais simple justement, ce genre d'affaire. Même si de toute évidence, pour l'instant, on nage juste dans les suppositions. Les preuves tangibles sont sous nos yeux, mais elles ne sont pas spécialement utilisables dans l'immédiat. L'une est écrite en roumain. Et je parle pas un seul broc de la langue des romanos. Enfin... j'sais dire hérisson mais j'doute fort que ça va nous aider. L'autre est un bouquin qui transpire la magie noire, probablement blindé de textes capables de damner n'importe quel imprudent. C'est la merde.
Il me reste le coup de téléphone à un ami. Je suis son indication pour aller vers le combiné. De mémoire, je compose le numéro. Elle m'en voudra d'ici quelques temps en découvrant sa facture et un appel jusqu'à la Louisiane.
Papa Midnight. Ça me fait mal au cul d'appeler ce salopard. Mais le jeu en vaut la chandelle. Il ne met pas longtemps à décrocher. Il sait que c'est moi, avant même que j'ai à me présenter. L'avantage avec les vaudous qui parlent au cadavre d'une frangine médium, c'est qu'on perd pas de temps en présentation. Attrapant un stylo, et fouillant comme si j'étais chez moi pour trouver un bout de papier, je m'apprête donc à écrire.

« Si tu sais que c'est moi, je suppose que ça te surprend pas si je te dis que j'ai besoin de trouver quelqu'un pour acheter deux trois bricoles... hunhun. Ouais... je te devrais un service en échange... n'abuse pas, Camarade... Ouais... Qui ? Heu... une avocate... Si elle est sûre ? Elle a récité la prière à Saint Jude devant une Goule... ouais du grand délire... Non... dis moi où et arrête d'en faire trop. Ouais c'est ça, à Gotham... »

Je raccroche juste à temps pour entendre la nouvelle décision de Rebecca. Se barrer d'ici. Elle est sérieuse. Je comptais lui taxer au moins un café. Et pourquoi pas un truc à manger. C'est de sa damnation qu'on parle après tout. Les ricains bordel... tous des connards.
Bon là, dans le fond, elle n'avait pas tort. Même si je doutais un peu de voir débarquer quelqu'un dans les minutes à venir. L'avantage, c'est que je n'avais pas retiré mon manteau. J'étais donc déjà fin prêt à repartir pour nos aventures merdiques dans Gotham City.

« J'ai une boutique à trouver. »

Je lui tends simplement le morceau de papier sur lequel se trouvait l'adresse d'un petit établissement pas très loin d'ici. La supérette d'un illuminé versé dans l'occulte africain. Un charlatant aux yeux de tous les gens du coin. Ce genre de type qui distribue des tracts plein de fautes d'orthographes et qui vend des prestations douteuses et fumeuses. Du vent pour cacher son véritable commerce. Le professeur Bafé M'Dokho. C'est lui qu'il fallait qu'on trouve.

« Et j'espère que y a un marchand de tabac sur le chemin. Je suis soupe au lait quand j'ai pas de clope. »

Le vieux M'Dokho nous trouverait du matériel pour quelques... rituels. Des trucs de protection pour pouvoir ouvrir et lire le bouquin sans risquer de défoncer la moitié de Gotham. Et puis, il aurait sûrement quelques racines utiles. La marque sur le poignet de Albright n'était pas anodine. Il s'agissait d'un lien entre elle, et le démon qui devait être invoqué. En la faisait voyager spirituellement parlant... on pourrait probablement remonter jusqu'à cet enculé. Malin hein ?
Après tout, si l'enquête basique piétine, le surnaturel lui, peut nous ouvrir des portes.


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MessageSujet: Re: L'enfer c'est les autres   Mer 5 Oct - 14:51

Rebecca Albright

John Constantine

L'enfer c'est les autres


Rebecca croisa les bras.

C’était toujours cela très frustrant de ne pouvoir entendre qu’une moitié d’une conversation. Elle même trouvait cela rageant. On entendait juste assez pour que la curiosité soit piquée, mais pas assez pour comprendre quoi que ce soit. C’était pire dans le cas présent parce qu’elle avait désespérément besoin de réponses qu’il devait avoir mais refusait de lui donner. Oh elle avait essayé de lui forcer la main bien sur, mais elle ne réitérerait certainement pas la tentative. Son choix de carrière c’était avocate, pas statue de cire. La cerise sur le gâteau ? Depuis le début de leur petite coopération, si on pouvait appeler ça comme ça, elle lui avait donné tous les éléments qu’elle avait sans en cacher aucun alors qu’il ne faisait que ça. Et s’il y avait bien une chose que la jeune femme détestait, c’était ne pas opérer sur la base du statu quo. Surtout quand elle n’était pas payée.

Et maintenant voilà qu’il se permettait de lui donner des ordres ! Et puis pourquoi elle l’aiderait de toute façon ? S’il voulait faire ses courses c’était son problème. Aux dernières nouvelles les menaces de mort c’était un peu plus important qu’un paquet de cigarettes. Rebecca ne se donna même pas la peine de cacher sa mauvaise humeur, lui arrachant l’adresse des mains pour la regarder de plus près. Ce n’était pas une boutique qu’elle connaissait, non ça aurait été trop simple, quand le destin avait décidé de la faire chier autant y aller jusqu’au bout. Par contre elle savait où se trouvait la rue. Et tiens, il avait de la chance, si ses souvenirs étaient exacts il y avait une supérette pas loin de là qui restait ouverte toute la nuit. Il pourrait s’y acheter du tabac, cet insupportable connard nihiliste.

"Je ne sais pas pourquoi," commença-t-elle avec sarcasme "mais j’ai l’impression que vous ne devez pas être un joli cœur même avec." Elle continua avant qu’il ne puisse rétorquer quoi que ce soit. "Enfin, si vous y tenez tant que ça on va vous les trouver vos saletés."

Sans attendre sa réponse elle sortit de son appartement, ne se donnant même pas la peine de fermer à clé. Ce n’était pas comme si elle avait quoi que ce soit à voler de toute façon, elle n’avait même pas de lave-linge. Au pire comme ça les éventuels assassins ne se donnerait pas la peine de défoncer sa porte, ça lui ferait faire des économies. En fait, elle ne s’était même pas donné la peine de feindre son boitement habituel. Sa jambe se remettait très bien et en peu de temps elle fut hors de l’immeuble et dans les rues crasseuses des Narrows. Sans se départir de sa tête des mauvais jours elle avança à grand pas dans la rue en ignorant royalement le pseudo détective. Pour être honnête elle avait bien le droit de faire la gueule, ça faisait longtemps qu’elle n’avait pas passé une journée aussi merdique. Pas depuis qu’elle avait failli se faire tuer à Arkham City. Ou peut être depuis qu’elle avait tué Crowe. A chaque fois, remarqua-t-elle aigrement, c’était un peu la faute à pas de chance, mais surtout la faute d’un homme.

Et on se demandait pourquoi elle était toujours vierge.

Ce qui était peut être une des raisons pour laquelle on l’avait choisi elle pour servir de sacrifice. Ce n’était pas un fait extrêmement connu, mais elle savaient bien comment marchaient les rumeurs au tribunal et pouvait admettre qu’elle était extrêmement prude. Il faudrait qu’elle en parle à Constantine de ça. Quoi que non, s’il en savait quoi que ce soit le connaissant il ne lui dirait rien. Personne ne lui avait dit que c’était contre productif dans une enquête ? Il y avait aussi le fait qu’elle soit rousse, peut être, qu’elle ai eu une éducation catholique, que avocate ça venait du latin pour démon, qu’elle n’avait aucune vie sociale et donc personne pour déclarer sa disparition dans les temps. Ceci dit c’était un peu tard pour ce poser ce genre de questions, elle avait déjà un joli symbole rouge sur le poignet. Rebecca tourna à l’angle, regardant partout autour d’elle en serrant le pommeau de sa canne. Elle ne pouvait s’empêcher de se sentir extrêmement paranoïaque, ce qui devait faire doucement rigoler son collègue de fortune mais tant pis pour lui. Celui là était du type chieur un jour chieur toujours,  alors ça n’était pas une grosse perte. Elle tourna encore dans une ruelle, zigzagant machinalement entre les bennes à ordure, ignorant la prostituée qui hélait Constantine d’un air aussi blasé que le sien. En sortant elle releva le nez et vit avec satisfaction qu’ils étaient au bon endroit. Elle se retourna alors vers l’autre :

"Bon. Je ne sais pas où est votre boutique, mais d’après votre adresse c’est dans cette rue. Oh et il y a une supérette plus loin par là, pour vos cigarettes. "

Elle poussa un petit soupir agacé. Ça n’était vraiment pas l’envie qui la motivait, ni même la menace de damnation éternelle parce que sa place en enfer devait lui avoir été réservée à l’obtention de son diplôme. Les conspirations, les sectes, la torture et les malades mentaux qui assassinaient tout ce qui passait, ça en revanche elle y croyait dur comme fer.

"On commence par quoi ?"

Suffisamment pour supporter Constantine sans trop râler en tout cas.

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MessageSujet: Re: L'enfer c'est les autres   Dim 9 Oct - 14:48

L'enfer c'est les autres



Pas un joli cœur, même avec ses cigarettes ? Ah si elle savait... je me contente de rouler des yeux à ses paroles, et de passer devant elle sans un mot de plus. Un gentleman ne se vante pas ces choses-là, y paraît. Mes mains retrouvent mes poches, et c'est en silence que je la suis vers ce que j'espère être la bonne direction. Manquerait plus qu'elle fasse elle aussi de la rétention d'info et qu'elle s'décide à m'entuber en m'amenant dieu sait où. Brrr avec la chance que j'ai, son plan B est le squattage de domicile d'une vieille amie un peu tarée. Elle a la tronche à copiner avec une vieille fille qui vit avec des chats à bien y réfléchir. Et c'est dingue comme j'peux pas blairer ces bestioles. Probablement le fait qu'ils aient un lien avec l'enfer et que ma damnation assurée les attire comme des putains d'aimants.

Bref, nous voilà dans le quartier voulu et... ô miracle, un endroit où acheter des clopes se trouve là. J'suis pas habitué à dire ça, mais Dieu, t'es pas tant un salaud que ça, parfois. Si tu pouvais trouver un moyen de me sauver le cul de la rôtisserie du Bouc, ça m'aiderait. Merci ma couille. Amen... amène tes clopes même.

« Merci Trésor. Z'êtes un amour » Bah quoi, j'suis poli ?

Sourire moqueur et me voilà à pousser les portes de la supérette pour faire mes petites emplettes cancérigènes. Et deux trois autres trucs qui pourraient devenir utile genre... du sel fin.
À peine dehors, j'en grille déjà une. Ça m'avait manqué, et je prends les devants tout en jonglant d'une main avec mon sac de sel. Il nous faut une petite dizaine de minutes pour trouver le bon numéro. Et le moins qu'on puisse dire, c'est que la façade devant laquelle on se trouve n'est pas faite pour donner confiance.
C'est miteux, c'est moche. La devanture est blanche, et on peut y lire toutes les conneries habituelles sur le maraboutage, avec des fautes d'orthographe, des tournures bancales et des exemples de service carrément flippant. Dépannage informatique à distance... Dans une situation différente j'aurais pris le temps de me marrer un peu.

« C'est là. »

Mais il ne faut pas se fier aux apparences. Surtout en matière de magie. Sans un mot de plus, je passe donc la porte et je grince des dents à l'entente de la sonnerie electronique. Sans déconner, le son du pont de la Rivière Kwaï, je crois qu'on fait pas plus beauf. M'enfin... continuons. La pièce principale ressemble à n'importe quel local d'un Boubou charlatan. Des étagères pleines de babioles stupides. Des encens avec des parfums à la con à côté de statuettes Made in China repoussant les démons. C'est tellement cliché...
Mais c'est surtout fait pour rebuter le chaland. L'endroit est un lieu spécialisé en réalité. Il faut juste creuser un peu. Je m'attarde un peu sur les murs. Au milieu d'écritures factices et inventées se trouve une simple phrase en vieux Babylonien.

« Y a pas de doute... on est au bon endroit. »

Je n'attends pas de voir qui que ce soit débarquer derrière le petit comptoir. Je me contente de passer derrière ce dernier et de pousser la porte de service qui ouvre sur un escalier menant vers la cave visiblement. Sitôt ouvert, nous pouvons déjà entendre au loin des chants typiques. Il y a du monde en bas. Beaucoup de monde. Je descends en premier jusqu'à atteindre un corridor qui aurait pu être épais s'il n'y avait pas eut des cages des deux côtés. Beaucoup de volaille.
Une autre porte se tient devant nous. Je la pousse d'un coup d'épaule, nous permettant ainsi d'entrer dans une pièce de très grandes tailles et... ô miracle ici se trouvaient des articles magiques réels. Les sons des chants traditionnels étaient ici plus audibles encore et en fixant les quelques autres portes, je devinais assez vite d'où ça venait exactement.

« Oh tant que j'y pense ! »

Je me retourne vers Rebecca, venant mouiller mon pouce d'un coup de langue pour l'écraser sur le centre de son front. D'un coup de dents, je viens ouvrir mon sac de sel, pour en prendre une belle poignée.

« Fermez les yeux » annonçais-je en attendant à peine pour lui lancer une poignée salée en pleine face. Je récite à toute allure quelques bribes de prière, avant d'attraper à deux reprises une pincée que je jette par dessus mes épaules, et par dessus les siennes. « Prenez une poignée, et jetez là par dessus votre épaule gauche. »
Rituel de purification de base. Pas spécialement fonctionnel sachant de quoi souffre la juriste. Mais ça évitera que notre ami Marabout ne sache ce qu'on s'apprête à faire.
« Et cachez votre poignet. S'il le voit, ça va compliquer les choses. »

Sitôt dit, voilà que la porte derrière laquelle les chants étaient audibles s'ouvre à la volée, laissant sortir un homme assez agée drapé dans une toge typiques, couvert de sang, et brandissant une machette tout aussi salie. L'homme grisonnant nous observe un petit instant, avant de lancer quelques mots, d'une voix forte.

« John Constantine... tu n'es pas le bienvenue ici. Il faut être fou pour rester avec toi ! »

Blablabla tous tes amis meurent blablabla tu es un désastre ambulant. Ils disent tout ça.

« Ou folle. Qui es-tu toi ? » reprend le vieux sorcier en essuyant sa main carmin sur sa toge pour la tendre vers Becky afin de se présenter. Je serre un peu les dents et je croise les doigts. Pas de conneries... pas de blagues. Il faut qu'on puisse faire affaire avec ce tordu.

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MessageSujet: Re: L'enfer c'est les autres   Sam 15 Oct - 18:49

Rebecca Albright

John Constantine

L'enfer c'est les autres


A la réflexion, peut être qu’elle n’allait pas le gifler. Peut être qu’elle allait juste l’émasculer purement et simplement à grands coups de pieds dans l’entrejambe. A la barbare elle allait faire ça.

Cette pensée lui vint à l’esprit à peu près au moment ou il lui jeta une bonne poignée de sel à la figure, prévenant à peine une milli seconde avant comme ça elle se prendrait le tout dans les yeux et laissez moi vous dire que ça n’a rien d’agréable. Pestant ouvertement contre lui en frottant ses yeux larmoyants, Rebecca essayait donc de calmer ses ardeurs en pensant à ce qu’elle lui ferait (pas) dès qu’elle en aurait l’occasion, telle la jeune femme pure et innocente qu’elle était. Elle finit tout de même par prendre le sel qu’il lui tendait et faire ce qu’il disait en lui laçant un regard noir. Si on lui avait dit un jour que pour se protéger de zombies il fallait écouter les superstitions de grand-mères... Mais elle ravala son sarcasme. Ça ne servirait à rien, ça les ralentirait dans leur enquête et il fallait bien qu’il y en ai un des deux de poli ici.

Et cacher son poignet ! Il en avait de bonnes lui, elle était venue en manches courtes. Avec un profond soupir elle sortit son épée de sa canne non pas pour castrer Constantine, même si l’allitération sonnait bien, mais pour se faire une légère entaille depuis l’intérieur de son coude jusqu’à sa paume. C’était désagréable, mais elle n’avait pas vraiment d’autre solution. Elle pressa sa blessure jusqu’à ce que le symbole rouge soit invisible, couvert de sang. Après, avoir une main droite rouge était généralement un mauvais signe selon sa grand mère, mais il n’avait pas précisé comment elle était censée cacher quelque chose d’aussi tape à l’œil sans bandage, manche ou maquillage. Ni même pourquoi elle devait le faire, mais vu que de toute façon il ne lui répondrait pas elle n’allait pas demander et elle n’avait personne d’autre vers qui se tourner.

Parce que pour ce qu’elle pouvait voir de l’autre charlatant chez qui il l’avait traînée, elle était loin d’être impressionnée. Il y avait là toute la panoplie du dingue ayant vu trop de mauvais films d’horreur : la boutique pleine de poudres aphrodisiaques qui ressemblaient suspicieusement à de la farine, les chants en langage pseudo-effrayant inventé, le massacre de poulets, les toges noires à capuches et pour finir un grand gourou qui se laissait aller à des phrases soit disant prophétiques sur ses invités.

Oui, même après tout ce qu’elle avait vu elle restait hautement sceptique.

Gardant une expression impassible devant ce spectacle Rebecca s’avança pour lui serrer la main, puisqu’il y tenait tant que ça, ajoutant son propre sang au sang de poulet.

"Je suis juste une avocate au barreau et oui comme vous pouvez le voir " dit-elle en levant les yeux au ciel quand il agrippa son poignet pour regarder l’entaille" j’ai quelques petits soucis, mais ne me demandez pas ce que c’est, personne ne m’a expliqué."

Ce qui était plus ou moins vrai. Elle savait que ça avait avoir avec une conspiration, l’invocation d’une bestiole porteuse d’apocalypse, des zombies et un grand nombre de personne voulant la transformer en kebab. Pour le reste, Constantine n’avait pas été très bavard.

"Quand à ma présence ici, je n’en ai aucune idée ! Je suis juste Constantine parce que c’est assez dur de trouver un autre exorciste. Ou marabouteur, ou que sais-je, je ne sais même pas ce qu’est son job au juste. Mais ne vous inquiétez pas, je n’ai aucune envie de passer plus de temps que strictement nécessaire avec lui et je garde mon bras prêt pour la gifle."

Il n’avait pas l’air de beaucoup apprécier son compagnon, tant mieux elle non plus. La tirade de Rebecca le fit ricaner à ses dépends, mais au moins il ne les avait pas encore rôtis et il n’avait pas eu l’air particulièrement choqué en voyant son poignet. Elle recula vers le pseudo exorciste/détective blond en croisant les bras tandis que l’autre recommençait à baragouiner des trucs occultes auxquels elle ne comprenait rien.

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MessageSujet: Re: L'enfer c'est les autres   Lun 31 Oct - 12:40

L'enfer c'est les autres


Je me contente de pencher la tête sur le côté, et d'observer notre ami gourou discutailler avec l'avocate. C'est toujours la même rengaine en fin de compte. Alors ça ne me fait plus spécialement flipper de voir un type déballer mon CV des horreurs. Blabla des gens qui meurent. Blabla attention. C'est tellement récurent que j'en viens à me demander si y a pas une sorte de page MySpace version occulte, quelque part sur le deepweb. Ou un truc avec des étoiles, comme le SAV cdiscount. Visiblement, je suis assez mal noté dans le milieu...
Bref, cigarette. Clac coup de zippo. Grosse bouffée, et j'en profite pour déambuler discretos pour attraper un petit sachet visiblement plein de rondelles de fruits séchés, ainsi qu'un autre sac contenant une poudre gris-marron qui pourrait faire penser à de la vieille cannelle moulue restée à sécher pendant trois siècles et quelques.

Quand je reviens vers le shaman, il observe ce que j'ai dans les mains avec un air beaucoup moins sympathique. Et ça aurait pu être pire si l'avocate n'avait pas caché la marque sur son avant bras. J'aurais d'ailleurs deux mots à lui dire concernant la méthode. Sérieusement, elle a un délire assez poussé avec le sang, cette fille là. Une traumatisé des ragnagnas dans le genre de Carrie ? C'est à se demander hein...
M'enfin je verrais ça plus tard. Pour l'heure, y a quelque chose à faire.

« Papa Midnight m'a dit que tu m'aiderais à faire ce que j'ai à faire... que ça te libererait de la dette que tu as pour lui... »

Oh le beau mytho...
Mais je connais suffisamment ce salopard de Vaudou pour savoir que tous les gens qu'il connait lui en doivent une. Pire qu'un démon collectionneur de pacte. Alors forcément, je prends pas trop de risques. Et les gens sont souvent bien trop contents de savoir qu'ils sont libres pour chercher à savoir si c'est vrai ou non. Ce type n'est pas différent des autres. Il nous aidera, même s'il n'a pas spécialement envie de le faire. Il se contente finalement d'attraper le front de Becky d'une main, en maugréant quelques babillages africains. Un rîte de protection... comme c'est mignon.

« Fuis le dès que tu le peux » qu'il lui conseille finalement avant d'aller nous ouvrir une porte vers une petite pièce décoré à la sauce spirit. Des bougies sont déjà entassées un peu partout, et allumées. Je rentre le premier, en retirant mon imper et ma cravate. Je roule méthodiquement mes manches, dévoilant au passage ces tatouages de ritualistes pour causer avec le Très Haut. Enfin... j'suis pas sûr que ça marche vraiment. Bref, je me contente de m'asseoir au milieu de la pièce faisant signe à la juriste d'en faire autant.

« Je vais vous chercher ce qu'il faut » déclare notre hôte qui se dirige vers l'escalier que nous venons de descendre. Ça me laisse du temps pour briefer la rouquine.
« Ce truc sur le poignet, c'est le signe qu'une âme à été marquée. Une petite fantaisie du Boucher d'Amusement Miles. Votre âme appartient au maître de cet enfoiré. Et je parle pas de la personne physique qui lui a expliqué comment procéder. Je parle de celui que nos amis tarés cherchent à faire venir ici. »
Elle a vu un type mort revenir à la vie et se re-solidariser après avoir été tranché. Partant de là, y a peu de chance qu'elle ne croit pas mes conneries hein.

« Le seul moyen de vous en débarrasser... c'est de savoir qui est derrière tout ça. Obtenir le nom du démon, en fait. Vu qu'il ne vous a pas possédé, il faut qu'on se contente d'utiliser le lien qu'est cette fameuse marque pour remonter jusqu'à lui, et lui taper la causette. »

J'ouvre le sachet de poudre, et j'en lance quelques petites pincettes dans les flammes des bougies qui nous entourent. Flammes qui doublent de volume et qui semblent toute pencher vers nous. Certaines vers Albright. D'autres vers moi. La poudre a entre autre la propriété de faire converger les flammes vers ceux qui sont damnés. Ce sera un bon indicateur concernant la malédiction qui ennuie notre amie boîteuse...
Le craquement des escaliers m'indique finalement le retour de notre hôte qui traverse la pièce principale afin de nous ramener un petit plateau sur lequel il a disposé tout ce que nous allons devoir utiliser.

Deux petits buvards nous attendent, à côté d'une pipette pleine d'un liquide. LSD fait maison, rien que ça ! À côté, deux belles traces de poudre blanche. Cocaïne et un euphorisant médical pour aller avec. Et puis... je me contente de sortir de l'autre sachet deux tranches de ce qui ressemble à de la banane séchée. Ah si elle savait...
Je prends la pipette, et vient simplement déposer une goutte de liquide sur chaque buvard avant de me pencher tout simplement pour venir prendre mon trait de coke. Relevant la tête en me pinçant le nez, je souffle pour m'en remettre avant d'expliquer.

« Prenez la ligne, le buvard de came et mangez ce truc et fermez les yeux... »

Ce que je fais moi aussi. Le buvard sur la langue. Et vient le tour de ce morceau de fruit que j'avale rapidement. Fermant les yeux, je me contente de marmonner rapidement quelques incantations qui semblent exciter les flammes des bougies. La grande majorité d'entre elles s'éteignent alors, laissant place à une fumée blanche et épaisse qui empli les lieux. Le rîte à fonctionné.

« Pensez à cette rue dans laquelle on s'est rencontré la première fois. Le moment où je vous ai parlé. Ne pensez qu'à ça et rouvrez les yeux...  »

Un souvenir commun pour synchroniser nos esprits, et me permettre de taper l'incruste dans le sien. Quand elle ouvrira les yeux, c'est là qu'elle se trouvera. Dans sa version des souvenirs de notre rencontre. Partant de là, nous explorerons plus loin jusqu'à remonter le lien. Chaque chose en son temps...

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MessageSujet: Re: L'enfer c'est les autres   Mer 2 Nov - 18:10

Rebecca Albright

John Constantine

L'enfer c'est les autres


Quoi qu’il soit en train de baragouiner, ça n’avait pas l’air d’être très sympathique pour Constantine. Décidément ce type, bien que tr-s étrange, était en train de monter en flèche dans l’estime de la rousse. L’ennemi de mon ennemi est mon ami, ce genre de choses, vous voyez ? Bref Rebecca avait passé le test, quoi qu’il soit, et maintenant... Et maintenant quoi ? La pauvre était toujours aussi perdue tandis que la saleté impopulaire lui servant de guide faisait ses courses, grappillant ici et là deux trois petites choses parmi les affaires de leur hôte. Ça c’est du vol ça monsieur, et le vol, c’est mal. Ceci dit elle avec ses meurtres elle n’avait pas grand chose à dire, à part que la politesse ne l’étouffait pas vraiment celui là. Mais c’était quelque chose dont elle avait déjà pu se rendre compte. Alors entre ces deux marabouteurs la pauvre Becky se retrouvait à hocher docilement la tête de temps en temps pour qu’on ne pense pas qu’elle avait débranché et n’écoutait plus un traître mot de ce qui se disait.

C’est pourquoi elle fut un peu surprise quand on lui posa une grosse main pleine de plumes et de sang de poulet sur le front. C’était à nouveau leur hôte, qui était décidément bien tactile et semblait avoir décidé que ce serait bien de faire monter la tension dramatique en marmonnant un genre de sort dans sa barbe. Entre le vieux type en toge, le liquide et le monologue que personne n’écoutait, la situation rappelait vaguement à Becky la fois où elle avait assisté à un baptême. Heureusement, il n’y avait aucun bébé pour pleurer quand on le tenait à bout de bras pour le montrer à la foule façon Roi Lion.

Une fois cela fait, il prit ses mains et la regarda droit dans les yeux avec une intensité qu’elle trouva beaucoup plus crédible que tout ce qu’il lui avait montré jusque là.

"Fuis le dès que tu le peux."

Ben en même temps vu comme il était agréable le Constantine elle allait pas non plus rester pour tailler le bout de gras. Malgré son sarcasme elle hocha la tête, légèrement intimidée et il la relâcha pour les guider vers une pièce adjacente. Une fois qu’il fut partit, les deux compagnons d’infortune se retrouvèrent seuls tous les deux dans la pièce sombre qui lui faisait penser à la chambre de la fillette possédée dans l’Exorciste. Dans un sens, ça la rassurait ce genre de choses idiotes et cliché. Ça rendait tout cela tellement faux, tellement irréel. Le discours explicatif de Constantine la rassura beaucoup moins, d’une part parce que ça, c’était concret, d’autre part parce que si tout ce qu’ils avaient comme plan d’action pour éviter une apocalypse se résumait à ‘foncer dans le tas’ ils étaient pas dans la merde.

"Je vois, je vois." Dit-elle, moitié paniquée et moitié sarcastique "Donc l’idée c’est ça ? Aller faire un petit coucou à une sale bête mangeuse d’âmes pour savoir qui c’est ? Et ensuite on fait quoi on prend le thé ? On pourrait pas ralentir un peu et essayer de trouver autre chose ?"

Sans lui répondre il commença à sortir toute sa petite panoplie de magicien de foire, sachets bizarres, bougies y tutti quanti.

"Quelque chose où on aurait des chances de survie ?" Tenta-t-elle vainement

Leur hôte leur apporta un plateau pleins de produits que l’avocate ne reconnu pas immédiatement, néophyte dans ce domaine. Une fois qu’il fut repartit elle essaya encore une fois de capter son attention.

"Non ? Peut-être ?"

Nada.

Sale mufle.

Puis il renifla le rail de coke et elle comprit enfin ce que c’était. Elle recula, les yeux exorbités. Il voulait qu’elle se drogue ?! Non mais ça va pas ? Becky avait jamais prit de truc pareils ! Elle ne savait même pas comment renifler ! Et qu’est-ce qu’il se passait si elle faisait une overdose ? Son métabolisme à lui pouvait petit être tenir la route, mais c’était un homme plus lourd, plus grand et qui prenait certainement moins d’antidépresseurs que la jeune femme maigrelette à ses côtés. D’autant plus qu’elle se savait assez instable en ce moment et par conséquent elle n’avait pas très envie de se retrouver face à son propre cerveau. Fait qu’elle passa sous silence, parce que bizarrement, la bonhomie naturelle de l’exorciste ne lui donnait pas vraiment envie de se confier. Sauf que voilà, elle n’avait pas vraiment le choix. C’était frustrant, clairement insupportable et certainement la raison pour laquelle elle maudissait le blond et ses cigarettes. Peu d’informations et aucun choix. Elle avait plus de liberté au travail, c’est dire. Avec un soupir agacé qui cachait mal son angoisse elle avala le buvard et se pencha, bouchant une de ses narines pour inspirer la poudre.

Sauf que voilà, avaler de la poudre par le nez ce n’est pas très agréable, alors elle toussa, se mit à saigner, la moitié finit dans sa bouche et elle du l’avaler avec des glaires et du sang. Pas exactement la façon classique de consommer de la cocaïne mais que voulez vous, Becky respirait la classe par tous les pores.

Mais l’avantage d’être aussi propre c’est que les produits eurent un effet quasi immédiat sur elle. La pauvre eut à peine le temps de de se sentir tomber à la renverse que ce qui l’entourait s’effaçait. Elle n’avait même pas consciemment entendu les consignes de Constantine, mais inconsciemment elle avait obéi, trop droguée pour réfléchir ou penser à quelque chose de sarcastique. Sa tête tournait. La fumée autour d’eux devint de plus en plus sombre, changeante, jusqu’à ce qu’elle se reforme en un univers vaporeux comme un mirage. La rue n’était pas claire, la plupart des maisons et autres détails étaient flous. La seule chose qui semblait importer c’était l’immeuble décrépit en face d’eux. Plus net que le reste, ses fenêtres laissaient échapper un genre de fumée rouge, le même que laissait échapper le tatouage de Rebecca.

La suite semblant assez évidente, elle traversa la rue sans vraiment se rendre compte de ce qu’elle faisait et posa sa main sur la poignée de porte. En fait elle ne se souvenait même pas avoir fait ça, mais la porte était ouverte en tout cas. Les souvenirs de Rebecca n'était pas très clairs pour ce qui était des couloirs, le trajet fantômatique fut beaucoup plus court dans le rêve qu'il ne l'avait été dans le monde réel. Elle se rappelait un endroit où le mur était à nu, montrant toutes les briques. Un rat qui s'était enfui en la voyant dans les escaliers. En moins de dix secondes elle fut devant la porte de l'appartement de Siragu, les écritures brillant de mille feu. C'est seulement à ce moment là qu'elle hésita, sachant ce qui allait se passer. Mais le seul fait de se remémorer l'évènement fut suffisant.

La porte s'ouvrit sur Siragu.

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MessageSujet: Re: L'enfer c'est les autres   Mer 30 Nov - 19:26

L'enfer c'est les autres


Les voyages dans les tréfonds de l'esprit, c'est toujours quelque chose. Et ça permet souvent d'en apprendre beaucoup sur les gens. Quand je rouvre les yeux, je découvre la ruelle, enfin... la ruelle telle que Becky la voyait, plus exactement. Ce qu'elle n'a pas directement, ou ce que son cerveau n'a pas cru bon d'imprimer devient une sorte d'improvisation de son esprit. Les journaux au sol, par exemple, n'ont aucune écrire visible. Il y a des lignes, semblables à l'écrire d'un toubib. Quelques gros titres sont visibles toutefois. Ceux qu'elle a pu lire, tout simplement. Et la ruelle dans laquelle je me trouvais en l'attendant n'a strictement rien à voir avec ce qu'elle était réellement. Encore une fois parce qu'elle n'a pas vu les détails. L'endroit n'est qu'un cliché de ruelle, venu tout droit de son imaginaire pour combler les vides de cette fausse réalité afin de la rendre acceptable.

Ma clope au bec – j'en profite, elles sont illimitées ici, tant que Becky ne décide pas du contraire – je la suis donc jusqu'à l'intérieur du bâtiment. Elle est rapide, la bougresse. Direction l'antre de Siragu. J'aurais tendance à dire que ce n'est pas une bonne idée de la laisser mener cette situation jusqu'à son terme, mais je n'ai pas le temps de l'en empêcher qu'elle a déjà toqué, lançant ce « script » qui fait réapparaître notre ami commun. Soit... il faut donc en passer par là. Je reste dans mon coin, en essayant de savoir quand il faut que je fasse mon entrée. Et quand je juge le moment opportun... et bien j'enchaîne. La rencontre, l'embrouille, la canne épée qui tranche le type en deux, la refonte du corps, le feu. Je l'attrape par le poignet et l'amène à nouveau dehors, sans que nous partions à la recherche des indices. Ce serait débile. Et dangereux, d'ailleurs. Quand un rêve et la réalité deviennent trop similaires, on peut se perdre.

« Bon... là on est sûr que tout est bien synchronisé. Maintenant... ça va se gâter un peu. »

Un peu que j'lui dis. Alors que je sais très bien que c'est le passage où les choses deviennent vraiment emmerdantes. Doublement en fait. Dans le monde des esprits, nous sommes des proies facilement accessibles. Pour elle, ça ne veut rien dire. En fait, il est peu probable qu'elle soit hantée, sinon par le démon que nous cherchons à rencontrer, bien entendu. Mais moi... j'ai assez de malédiction et de pacte dans lesquels j'ai troqué mon âme que ça va très vite se gâter quand tous les enculés de l'Outre Monde vont commencer à comprendre qu'ils peuvent débarquer ici. L'idée m'inquiète un peu. Et mon inquiétude suffit à drastiquement faire changer l'ambiance ici. D'un coup d'un seul, il fait plus frais, et le ciel déjà peu visible s'obscurcit davantage. Le pouvoir de l'esprit hein...

« Il va falloir que tu te concentres à nouveau. Je vais... heu... réciter des vers de bénédiction. Tu vas très probablement ressentir une gêne assez sévère dans tout le corps. »

Pour ne pas dire une douleur terrible, et l'impression d'avoir de la lave à la place du sang. Forcément quand on est dans le petit panier amazon d'un démon... les rîtes sacrés ont tendance à être un peu douloureux. Mais ça suffira, je l'espère, à provoquer celui qui la veut. Avec un coup de chance, une porte vers son antre infernale nous sera ouverte. Quoiqu'avant ça, il y a quelque chose que je dois lui signaler ;

« Pendant le rîte... ton esprit va naturellement se tourner vers les pires souvenir que tu as pu avoir dans ta vie. Et... puisque nous ne sommes pas dans le monde réel, ces souvenirs vont se matérialiser ici... d'une manière plus ou moins compréhensible. Mais ces souvenirs seront... hostiles. »

J'ai encore le souvenir de ma première visite dans un autre plan. L'esprit d'un gamin ayant offert son âme à un démon par simple vengeance après avoir été battu par son père. Père qui s'était justement matérialisé dans le souvenir, sous une forme plutôt... repoussante. Difformes, terrifiants, mortels sur plusieurs aspects.

« Allez Trésor, c'est le moment de se lancer hein... »

Je ne lui laisse pas tellement le temps. Planté devant le bâtiment en flammes, j'attrape son front d'une mains, et aussi rapidement que possible, je psalmodie. Du vieux Babylonien. Les enculés démoniaques ont toujours un rapport avec les mythes sémites alors... ça permet de les faire chier, même si l'incantation n'est pas directement dirigée contre eux...

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MessageSujet: Re: L'enfer c'est les autres   Mar 17 Jan - 21:57

Rebecca Albright

John Constantine

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Plantée comme un piquet au milieu d’une ruelle fantomatique aux détails changeants avec ses humeurs, Becky fit un pas en arrière en entendant Constantine dire qu’il comptait la bénir. Cette situation ne lui disait absolument rien qui vaille. Ca l’étonnait même qu’elle ne soit pas encore devenue hystérique, mais en même temps la réalité de ce qu’ils étaient en train de faire ne l’avait frappée que lorsqu’ils étaient sortis. Auparavant cela avait été étrange de la même façon qu’on se souvenait d’un rêve dans la journée. Rien n’avait vraiment de sens, tout était fragmenté, mais ce n’était pas spécialement bizarre. Se détourner du fil des événements l’avait brutalement arraché à cet état second et enfin elle se rendait compte. Ils étaient là physiquement, ou au moins assez physiquement pour se faire mal en se pinçant. Et ce ‘là’ était un souvenir. Ils étaient dans un souvenir. Ils étaient dans un souvenir sans moyen de protection pour essayer d’attraper un démon. Et elle servait d’appât.

Peut-être qu’il était temps d’hyperventiler maintenant.

Le torrents de pensées contraires, certaines angoissées, perdues ou paniquées d’autres suffisamment furieuses pour vouloir lui sauter à la gorge, se mettaient néanmoins d’accord sur une chose : Il aurait pas pu le lui dire avant ? Il aurait été difficile de dire si le glapissement qui s’échappa des lèvres de Rebecca Albright était outré ou terrifié quand son guide cru enfin bon de lui annoncer ce qui lui servait de plan. Se concentrer ? Il en avait de bonnes lui ! Se concentrer sur quoi ? Becky était avocate véreuse de profession, pas magicienne de foire, il fallait lui expliquer ces choses là ! Ignorant sa main levée pour l’arrêter dans son speech, il continua et elle comprit donc que ce qu’il voulait c’était qu’elle se concentre pour ne pas penser à ses pires souvenirs. Becky posa ses poings sur ses hanches en fronçant les sourcils.

"Vous avez jamais vu Ghostbusters vous, n’est-ce pas ?"

Puisqu’il lui avait dit de ne pas penser à ses pires souvenirs, c’était évidemment ce qui était en train de lui revenir en mémoire maintenant. Ce n’était pas parce qu’elle voulait le gonfler, au contraire elle n’avait aucune envie de faire face à de nouvelles monstruosités, mais elle n’avait jamais fait de méditation. Et puis après tout, c’est un peu dur de vider son esprit en deux secondes et demies quand on panique, surtout si on ne sait pas comment faire. Becky plissa ses paupières en se frottant le visage, tentant de se concentrer sur le Bibendum Chamallow. La dernière personne qu’elle aurait voulu voir apparaître aurait été Crane, déjà parce qu’elle avait une certaine quantité de mauvais souvenir mettant en relation ses doigts rachitiques et sa gorge, d’autre part parce que ce n’était déjà pas un enfant de cœur dans la vraie vie, alors elle ne voulait même pas savoir ce que ça donnerait s’il devait avoir l’air aussi monstrueux à l’intérieur qu’à l’extérieur. Le voyant lever les mains elle reprit encore la parole, tentant vainement de gagner du temps.

"Attendez une minute oh ! J’ai besoin de-"

Balbutiant, cherchant désespérément à obtenir des informations de lui, elle était passée complètement à côté de son passage sur la ‘gêne assez sévère’. Ceci dit cela n’aurait probablement pas servi à grand chose. Bien sûr elle aurait comprit qu’il voulait plutôt dire par là elle allait finir par se tordre de douleur sur le sol, mais voilà le problème c’est que Rebecca estimait qu’après des années de thérapie elle pouvait encaisser beaucoup plus que la moyenne. Objectivement, c’était vrai. Mais il y avait une sacrée marge entre ce qu’on ressentait en se cassant les côtes et la douleur pure qui la fit se plier en deux en hurlant. Incapable de penser pendant quelques secondes elle ne remarqua même pas quand elle tomba à genoux sur le bitume, désormais recroquevillée le front contre le sol, hurlant encore et encore. Un peu monotone, mais que voulez vous. Becky ne se targuait pas d’être spécialement originale. Malgré tout les mots de Constantine lui étaient restés en tête, peut être pas en bien d’ailleurs parce qu’au milieu de toute cette douleur la jeune avocate ne pensa pas à ses parents, à des hordes de médecins, de gamins moqueurs ou à des agressions de ruelles, mais elle était toujours partagée entre ses deux choix.

Finalement le ciel tonna, l’orage se levant en emportant peu à peu la douleur qu’avait ressentie Becky. Un instant elle releva les yeux avec espoir en pensant qu’elle avait réussi à ne causer aucun cataclysme.

Puis le sol trembla. Une fois. Deux fois. Trois fois.

Elle se releva difficilement, encore tremblante de cet épisode, tout en regardant le bout de la rue, laquelle était devenue beaucoup plus large d’un coup. Rebecca jeta un coup d’œil à Constantine et lui aussi semblait entendre les pas gigantesques qui se dirigeaient vers eux. Est-ce qu’elle avait invoqué... ? Non. Non elle ne pouvait pas être aussi bizarre que ça...

La chose tourna l’angle et ils purent ainsi découvrir que c’était encore pire que ce qu’elle pensait.

Le psyché malade de Becky, traumatisé par trop de films et de psychopathes, avait sortit de ses tréfonds les plus glauques un mélange contre nature, une créature grisâtre, gluante, laissant une traînée de chamallow sur son chemin, ses yeux brillant comme deux phares bleus glacés derrière des surfaces vitrées, allongée vers le haut comme un berlingot en préparations, ses bras maladroits se terminant par ses griffes molles, qui de loin semblaient avoir la consistance d’un gant en mousse.

Elle avait mélangé le Docteur Crane et Bibendum Chamallow.

Au bout de quelques secondes de silence elle ferma sa bouche, remit ses sourcils en place et se tourna vers Constantine.

"… Vous avez encore du feu ?"

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